De l’importance de partager la chasse avec nos enfants: Le message du vigneron Armand Heitz
Le Vigneron Armand Heitz dans le podcast « Sans modération » Dans cette vidéo, publiée sur la page Instagram loulou.dbc, le jeune
Lire la suiteLe face-à-face entre une chasseresse et Marine Tondelier sur le plateau de LCI a relancé un vieux refrain politique : interdire la chasse le week-end pour des raisons de sécurité. Une proposition martelée depuis des années, mais rarement confrontée aux faits. À la suite de ce débat, Maître Aymard de La Ferté, avocat spécialisé, apporte un éclairage juridique et factuel qui met en lumière l’une des incohérences majeures de ce discours.
Contrairement à une idée largement répandue, interdire la chasse le dimanche ne repose sur aucun élément sérieux. Dans les forêts publiques, la chasse est déjà très majoritairement interdite le week-end. L’Office national des forêts organise ses adjudications de façon claire : les journées de chasse à tir sont essentiellement attribuées en semaine, et très souvent exclues les dimanches et jours fériés. Autrement dit, le promeneur qui se rend en forêt domaniale le dimanche ne risque pas de croiser une battue à tir.
Dès lors, la logique d’une interdiction généralisée de la chasse le week-end viserait en réalité un autre espace : les territoires privés. Or, ces terrains ne sont pas des espaces publics. S’y introduire sans autorisation constitue une infraction passible de contravention. Présenter cette mesure comme un outil de protection des promeneurs revient donc à occulter un principe fondamental du droit : le respect de la propriété privée.
Sur le terrain de la sécurité, les chiffres viennent également contredire le discours alarmiste. Avec près d’un million de permis de chasse délivrés chaque année et des centaines de millions de coups tirés, les statistiques officielles montrent une réalité bien différente de celle souvent mise en avant. On recense aujourd’hui environ une dizaine d’accidents mortels par saison, dont près de 90 % concernent des chasseurs eux-mêmes. Plus significatif encore : le nombre d’accidents de chasse a chuté d’environ 40 % en vingt ans.
La sécurité à la chasse reste évidemment un sujet sérieux, et personne ne prétend qu’elle ne peut plus progresser. Mais, comme le rappelle Maître Aymard de La Ferté, les leviers efficaces sont connus : formation, responsabilisation, règles strictes et contrôles. Pas l’interdiction symbolique d’un jour de chasse, pensée pour rassurer l’opinion plus que pour protéger réellement.
À l’issue du débat télévisé, une chose apparaît clairement : vouloir interdire la chasse le week-end relève davantage du slogan politique que d’une réponse fondée sur le droit, les chiffres et la réalité du terrain. Un terrain que les chasseurs connaissent, pratiquent et sécurisent, loin des simplifications entendues sur les plateaux.
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