Sanglier : une flèche est-elle vraiment efficace ?

La chasse à l’arc intrigue encore de nombreux chasseurs, surtout lorsqu’il s’agit de prélever un animal aussi robuste que le sanglier. Beaucoup imaginent qu’une flèche ne peut rivaliser avec la puissance d’une balle de carabine. Pourtant, les principes d’efficacité d’une flèche sont très différents. Vincent Lalande, expert en archerie, nous éclaire sur la réalité balistique de la chasse à l’arc.

Vincent, Une flèche peut-elle vraiment être efficace sur un sanglier ?

Oui, mais l’efficacité ne repose pas sur la puissance, contrairement à ce que beaucoup pensent. Pour un chasseur habitué à la carabine, il est difficile d’imaginer qu’une flèche puisse prélever un grand gibier comme le sanglier. Pourtant, la différence essentielle se situe dans la balistique terminale. Selon Vincent Lalande, une flèche et une balle n’agissent pas du tout de la même manière sur l’animal. Une balle fonctionne principalement par dispersion d’énergie. Elle se déforme à l’impact et provoque un refoulement violent des tissus et des fluides, notamment du sang, générant une onde de choc censée neutraliser rapidement le système nerveux du gibier. Mais même avec un calibre puissant, cette énergie ne se dissipe pas toujours parfaitement. Dans ce cas, l’efficacité de la balle repose finalement elle aussi sur l’hémorragie provoquée par la blessure.

Quelle est la différence entre l’effet d’une balle et celui d’une flèche ?

La flèche agit selon un principe totalement différent. Elle ne fonctionne pas par énergie mais par coupe. L’efficacité repose sur la capacité de la lame à sectionner les tissus et les vaisseaux sanguins pour provoquer une hémorragie rapide. La puissance de l’arc, le type de flèche ou même le modèle de lame ont finalement moins d’importance que l’état de coupe de la lame. Celle-ci doit être parfaitement affûtée et capable de couper comme un rasoir. Si la lame s’émousse sur la peau épaisse du sanglier ou sur un os avant d’atteindre les organes vitaux, l’efficacité du tir peut être fortement réduite.

Le placement du tir est-il plus important qu’avec une carabine ?

Oui, et même davantage. Les arcs les plus rapides du marché propulsent une flèche à environ 100 mètres par seconde, ce qui reste très lent comparé à la vitesse d’une balle de carabine. Cette vitesse ne provoque aucune onde de choc. C’est pourquoi la logique de tir est différente. Comme l’explique Vincent Lalande, il faut imaginer qu’on utilise une dague ou un épieu plutôt qu’un projectile à haute vitesse. L’objectif n’est pas simplement de toucher l’animal, mais de faire passer la lame dans les organes vitaux, notamment les poumons ou le cœur. Un tir mal placé, par exemple dans le cuissot ou dans la colonne, aura très peu d’effet. À l’inverse, une flèche correctement placée dans les poumons peut entraîner un résultat rapide.

L’effet d’une flèche sur le sanglier est-il rapide ?

Lorsque la flèche traverse correctement les deux poumons, l’effet peut être très rapide. En quelques instants, le cerveau n’est plus correctement oxygéné et l’animal peut s’effondrer. Si ce n’est pas le cas, cela signifie généralement que la flèche n’a pas atteint la zone vitale visée. Pour Vincent Lalande, la règle est simple : l’efficacité d’une flèche dépend directement du placement et de la qualité de coupe de la lame.

Vincent Lalande
Optimisation des arcs et coaching
Téléphone: 02 46 96 84 78
E-mail: [email protected]

Partager cet article


Rédacteur en chef, SoChasse

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Depuis la proposition de loi du sénateur Patrick Chaize visant à « améliorer la sécurité à la chasse », le...

Découvrez d'autres articles

Retour en haut