Tarn, une commune s’appuie sur les chasseurs pour évaluer sa faune sauvage
Pour la construction d’un chemin, traversant ses bois riches de biodiversité, au profit des pèlerins sur la route de Saint
Lire la suiteEt si, pour une fois, on regardait la chasse à travers le prisme de la science plutôt que celui des clichés ? C’est exactement l’objectif de la nouvelle web-série lancée par la Fédération Nationale des Chasseurs, qui entend montrer au grand public ce qui se joue réellement sur le terrain en matière de connaissance et de suivi de la faune sauvage. À travers neuf épisodes, cette série propose de plonger dans les outils et méthodes utilisés aujourd’hui pour comprendre les espèces, leurs déplacements et l’état global de la biodiversité. Radars, balises GPS, analyses génétiques ou encore réseaux de surveillance sanitaire, autant de dispositifs qui participent concrètement à la gestion des populations animales. Pour ce premier épisode, la FNC s’intéresse à un outil encore largement méconnu : le radar ornithologique.
Le principe est simple sur le papier, mais redoutablement efficace sur le terrain. Installés sur des points stratégiques du territoire, ces radars permettent de suivre les déplacements des oiseaux en continu, 24 heures sur 24, toute l’année, quelles que soient les conditions météo. Contrairement à l’observation classique, limitée par la visibilité et les capacités de l’œil humain, le radar permet de détecter des oiseaux à des altitudes bien supérieures, parfois entre 2000 et 3000 mètres. Un changement d’échelle total qui a permis de mettre en évidence des flux migratoires jusqu’alors largement sous-estimés. Aujourd’hui, la FNC dispose de 15 radars répartis sur l’ensemble du territoire, positionnés notamment sur les deux grands axes migratoires que sont l’axe Manche-Atlantique et l’axe Rhin-Rhône, auxquels s’ajoutent des flux secondaires à l’intérieur des terres. L’objectif est clair : mailler le territoire pour estimer précisément ce qui entre et ce qui sort de l’Hexagone.
Le fonctionnement repose sur l’émission d’ondes radar qui, une fois réfléchies par un objet en vol, permettent de le détecter et de l’analyser. Mais là où la technologie va beaucoup plus loin, c’est dans sa capacité à interpréter ces données. Grâce à un algorithme intégrant près de 150 critères, le système est capable de classifier les objets détectés et de distinguer les différentes catégories d’espèces. Fréquence de battement d’aile, forme, altitude de vol, signature radar propre à chaque espèce… autant d’éléments qui permettent d’affiner l’identification. Le radar ne se limite d’ailleurs pas aux oiseaux. Il détecte également les insectes et les chauves-souris, offrant ainsi une vision globale de la faune volante.
Toutes les informations collectées sont centralisées par la FNC dans une base de données nationale, alimentée en temps réel par les différents radars installés sur le territoire. Ce travail de fond permet d’observer des tendances, d’anticiper les évolutions et de mieux comprendre les dynamiques migratoires. En 2025, ce dispositif a permis de comptabiliser près de 19 millions d’oiseaux à l’échelle nationale. Un volume de données considérable, rendu possible notamment grâce au financement de l’éco-contribution et au soutien de l’Office français de la biodiversité. À terme, ces informations sont mises à disposition du public et de la communauté scientifique, participant à une meilleure connaissance globale de la biodiversité.
Avec cette web-série, la FNC cherche clairement à montrer une réalité souvent ignorée : celle d’une chasse qui s’appuie de plus en plus sur des outils scientifiques pour comprendre, suivre et gérer les espèces. Ces technologies permettent d’apporter des données concrètes, mesurables et vérifiables. Et dans un contexte où les questions de biodiversité occupent une place centrale, ce type d’initiative vient rappeler que les chasseurs sont aussi des acteurs de terrain engagés dans la connaissance du vivant.
Partager cet article
Depuis la proposition de loi du sénateur Patrick Chaize visant à « améliorer la sécurité à la chasse », le...