Chasse à courre : quand une simple sortie jeunesse déclenche une polémique hors sol

Lièvre

Il aura suffi d’une sortie encadrée, validée par les parents et organisée dans un cadre local, pour déclencher une nouvelle tempête militante. À Gabarret, dans les Landes, des adolescents ont participé à une découverte de la chasse à courre. Une initiative assumée par la communauté de communes… et immédiatement prise pour cible, une fois encore, par une association animaliste.

Une activité locale, encadrée… et assumée

Le 18 mars dernier, un groupe de jeunes âgés de 11 à 17 ans a été accompagné lors d’une chasse au lièvre. Rien de clandestin, rien de dissimulé. L’activité était encadrée, connue des parents, et surtout adaptée au territoire. Le président de la communauté de communes, Philippe Latry, ne s’en cache pas : « La chasse fait partie du patrimoine d’un territoire rural comme le nôtre. Pour se faire un avis, il faut connaître ». Et d’ajouter une évidence que certains semblent avoir oubliée : ici, pas de skatepark ni d’école de surf. On propose des activités en lien avec la réalité du terrain. Autrement dit, on transmet une culture locale. Ni plus, ni moins.

L’indignation automatique des militants

En face, l’association Futur dénonce une pratique « extrêmement cruelle » et juge inacceptable d’y exposer des mineurs. Le discours est désormais bien rodé : violence, archaïsme, ligne rouge franchie… Le tout sans nuance, sans contexte, et surtout sans connaissance du terrain. On retrouve toujours les mêmes raccourcis, les mêmes images caricaturales, les mêmes éléments de langage. La chasse à courre y est décrite comme une mise à mort systématique, brutale, presque gratuite. La réalité est pourtant bien différente.

La vénerie, une chasse exigeante… et profondément sélective

Car s’il y a bien une pratique qui ne correspond pas à ces caricatures, c’est la chasse à courre. D’abord parce qu’elle est légale, strictement encadrée et pratiquée depuis des siècles dans un cadre réglementaire précis. Ensuite parce qu’elle est l’une des plus sélectives qui soit. Contrairement à ce que laissent entendre certains discours militants, seule une minorité des animaux poursuivis est effectivement prélevée. Dans de nombreux cas, le gibier parvient à échapper à la meute.

On estime d’ailleurs qu’environ un tiers des animaux chassés sont pris, les autres disparaissant dans le territoire. Difficile, dans ces conditions, de parler de destruction systématique. Enfin, il faut rappeler une évidence que tout homme de terrain connaît : les chiens de chasse sont faits pour cela. Leur excitation au départ, leur engagement dans la voie, leur instinct de poursuite… tout cela relève de leur nature.

De plus, lors de la chasse au courants du lièvre, les veneurs suivent la meute à pied, témoignant ainsi de qualité athlétiques indiscutables. Quoi de mieux pour des jeunes en pleine santé que de se dépenser dans la nature en découvrant une activité intrinsèquement liée à la vie des territoires ruraux de leur région ?

Faire découvrir pour comprendre

C’est précisément ce qu’a voulu faire la communauté de communes de Gabarret : montrer, expliquer, transmettre. Pas imposer. Pas endoctriner. Montrer. Car on ne peut pas prétendre juger une pratique sans jamais l’avoir approchée. Et c’est bien là que le fossé se creuse entre le terrain et certains discours militants. À Gabarret, les jeunes n’ont d’ailleurs pas assisté à la prise d’un animal ce jour-là. Mais ils ont vu une réalité : celle d’une pratique encadrée, structurée, et ancrée dans un territoire.

Une polémique révélatrice d’un fossé grandissant

Au fond, cette affaire dépasse largement le cadre d’une simple sortie jeunesse. Elle illustre une fracture de plus en plus visible entre deux visions du monde :

  • d’un côté, une ruralité vivante, qui transmet ses pratiques et ses savoir-faire
  • de l’autre, une contestation idéologique qui rejette en bloc toute forme de chasse

Entre les deux, le dialogue devient difficile. Mais une chose reste certaine : la chasse, y compris à courre, fait partie intégrante du patrimoine français. Et vouloir en interdire la découverte, c’est aussi refuser de comprendre une partie du pays.

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