À l’approche du deuxième tour des élections municipales, la Fondation 30 Millions d’Amis et l’ASPAS livrent une charge frontale contre la chasse. Un texte militant, construit sur des affirmations fortes mais rarement étayées, qui appelle une réponse et la voici.
La chasse serait en campagne active auprès des maires
La Fondation affirme que les chasseurs mèneraient une opération de séduction auprès des élus locaux. Dans les faits, aucune campagne structurée, aucun tract massif, aucune mobilisation visible n’a été observée. À l’heure des réseaux sociaux et de l’information en continu, une telle démarche aurait été immédiatement relayée. Rien ne circule. Cet argument repose donc sur du vide et pose la question de la fiabilité du reste du discours.
La chasse serait déconnectée des attentes sociétales
Alors comment expliquer que, depuis le Covid, les demandes de permis de chasser n’aient jamais été aussi élevées ? Ce regain traduit une évolution profonde de la société : retour à la nature, envie de se ressourcer, valorisation des circuits courts. Parallèlement, les contenus provenant des influenceurs sur le monde rural, l’agriculture et les traditions explosent. Loin d’être déconnectée, la chasse s’inscrit dans ce mouvement de fond.
La chasse serait fondée sur des contrevérités
Sur le terrain, ce sont pourtant les chasseurs qui agissent concrètement. Plantation de haies, création de mares, gestion des zones humides, comptages d’animaux, suivis d’espèces… Leur action est quotidienne et mesurable. Pendant ce temps, ceux qui dénoncent ces “contrevérités” sont rarement présents dans les bois, les plaines ou les marais. Le contraste entre discours et réalité est saisissant.
La chasse serait destructrice pour l’environnement
Si tel était le cas, comment expliquer l’état des populations de grand gibier ? Chevreuils, cerfs, chamois ou mouflons n’ont jamais été aussi présents (sauf depuis l’arrivée du loup pour ce dernier). Dans certains territoires, la question est même devenue celle de la surpopulation. Dans les Vosges, des chasseurs ont récemment manifesté aux côtés de défenseurs de la nature pour s’opposer à des tirs jugés excessifs. Une réalité qui tranche avec les caricatures.
La chasse ne régulerait pas les populations
Que se passerait-il si la chasse s’arrêtait une seule saison ? Les agriculteurs et les forestiers connaissent déjà la réponse : dégâts massifs sur les cultures, blocage de la régénération forestière, explosion des populations. L’idée d’une auto-régulation naturelle parfaite n’a jamais été démontrée, ni en France ni ailleurs. La gestion est une nécessité, pas une option.
La chasse serait une activité violente et incontrôlée
Sur près d’un million de pratiquants, combien de débordements ? Les rares incidents sont immédiatement médiatisés, preuve de leur caractère exceptionnel. La réalité quotidienne est tout autre : des hommes et des femmes qui entretiennent leur territoire, se retrouvent, participent à la vie locale. La chasse est aussi un lien social fort, notamment dans les zones rurales.
La chasse serait dangereuse
Les chiffres montrent l’inverse. En trente ans, les accidents mortels ont été divisés par plus de dix. Trois morts lors de la dernière saison, un niveau historiquement bas. Dans le même temps, les collisions avec la faune sauvage provoquent chaque année des dizaines de morts et des dizaines de milliers d’accidents. Supprimer toute régulation ne ferait qu’aggraver cette situation.
La chasse serait écologiquement inutile
Qui entretient aujourd’hui une grande partie des zones humides françaises ? Qui aménage les territoires pour accueillir une biodiversité riche, y compris des espèces non chassables ? Dans de nombreux cas, ce sont les chasseurs. Leur action profite à l’ensemble du vivant. Parler d’inutilité revient à ignorer ces réalités de terrain.
La nature serait confisquée par les chasseurs
Les chiffres permettent de relativiser fortement cette affirmation. Un territoire est chassé en moyenne une douzaine de jours par an. Douze jours sur 365. Le reste du temps, ces espaces sont accessibles à tous. Les promeneurs peuvent circuler librement la quasi-totalité de l’année. Peut-on réellement parler de confiscation ?
Les maires devraient s’opposer aux chasseurs
Dans les communes rurales, la réalité est bien différente. Les chasseurs participent à la vie locale, interviennent en cas de tempête, gèrent des situations liées à la faune, contribuent à l’organisation des événements. Les maires travaillent avec eux au quotidien. Leur vision repose sur des faits, pas sur des oppositions idéologiques.
La chasse serait un loisir marginal et immoral
Réduire la chasse à un “loisir morbide” relève davantage du slogan que de l’analyse. Les chasseurs sont, pour la plupart, des connaisseurs du monde animal. Ils vivent à son contact, possèdent souvent des animaux domestiques, et participent activement à la gestion de la faune sauvage. La réalité est bien plus complexe que les caricatures proposées.












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