À l’occasion des trois ans des événements de Sainte-Soline, un rassemblement d’opposants aux bassines est prévu à Poitiers le 25 mars. En réponse, la Coordination rurale annonce une contre-manifestation au même endroit, à la même heure. Un face à face entre paysans et écolos extrémistes qui pourrait bien dégénéré.
Un face-à-face annoncé
Le collectif « Bassines Non Merci » de la Vienne appelle à se rassembler mercredi 25 mars 2026 à partir de 19 heures, place de la mairie à Poitiers. Une mobilisation inscrite dans un appel national « à se souvenir, à soutenir et à agir », trois ans après les événements de Sainte-Soline. Mais la réponse ne s’est pas fait attendre. Ce samedi 21 mars, François Turpeau, président de la Coordination rurale de la Vienne, a annoncé dans une vidéo l’organisation d’une contre-manifestation. Objectif affiché : ne pas laisser le terrain aux opposants aux projets de retenues d’eau.
« Nous devons nous mobiliser »
Dans sa prise de parole, le responsable syndical ne mâche pas ses mots. Il estime que ces mouvements s’inscrivent dans une logique d’opposition à l’agriculture et aux outils de production. « Nous ne pouvons pas les laisser continuer à faire leurs actions », prévient-il, appelant clairement les agriculteurs à se mobiliser. Une position qui reflète un climat de tension persistant autour de la question des bassines, devenue un symbole des fractures entre monde agricole et mouvements écologistes.
Le souvenir encore vif de Sainte-Soline
Difficile, en effet, d’évoquer ce rendez-vous sans revenir sur les événements de Sainte-Soline, en mars 2023. Ce jour-là, une manifestation contre les retenues d’eau avait dégénéré en affrontements d’une violence exceptionnelle entre certains manifestants et les forces de l’ordre. Jets de projectiles, cocktails incendiaires, véhicules incendiés : le niveau de violence avait marqué durablement les esprits. Le bilan avait été lourd, avec des dizaines de gendarmes blessés, dont certains gravement. À l’époque, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait lui-même dénoncé la présence de militants radicalisés, évoquant des formes d’« écoterrorisme » pour qualifier ces actions. Un précédent qui pèse aujourd’hui sur toutes les mobilisations liées aux bassines, et qui nourrit les inquiétudes à l’approche du rassemblement de mercredi.
Un précédent à Poitiers
La place de la mairie de Poitiers n’en est pas à son premier face-à-face. En octobre dernier déjà, opposants aux bassines et représentants du monde agricole, dont la Coordination rurale, la FNSEA, les Jeunes Agriculteurs et des irrigants, s’y étaient retrouvés. Si les esprits s’étaient échauffés, la soirée s’était finalement déroulée sans incidents majeurs. Reste à savoir si le scénario sera identique ce mercredi.
Une tension durable autour des bassines
Au-delà de ce rendez-vous, cette nouvelle mobilisation illustre une réalité désormais bien installée : la question de l’eau cristallise les oppositions. Entre agriculteurs qui défendent leurs outils de travail et collectifs écologistes qui contestent ces aménagements, le dialogue reste difficile. Et chaque mobilisation devient, un peu plus, un test de la capacité des deux camps à dialoguer… ou à s’opposer frontalement, y compris par la violence.











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