Dans son discours prononcé au congrès de Deauville, Willy Schraen a consacré une place centrale au dossier des oiseaux migrateurs. Pour le président de la Fédération nationale des chasseurs, l’année 2025 a marqué un tournant majeur dans la manière dont la chasse française aborde la gestion de certaines espèces. Prenant en compte la validation juridique des nouvelles règles, la montée en puissance des outils de suivi et la réouverture de la chasse de la tourterelle des bois, il estime que la chasse adaptative a franchi un cap décisif.
Une crise des migrateurs vécue comme une menace existentielle
Willy Schraen n’a pas minimisé la gravité de la crise traversée au printemps et à l’été 2025. Dans son discours, il a expliqué avoir eu le sentiment, à un moment, que la chasse des oiseaux d’eau pouvait tout simplement disparaître. Cette séquence reste, selon lui, l’une des plus difficiles qu’il ait eu à surmonter depuis son arrivée à la tête de la FNC. Son récit traduit l’intensité du moment. Il décrit un réveil brutal, avec la perspective de voir la chasse des oiseaux d’eau reléguée au rang de souvenir. Dans ce contexte, il affirme avoir choisi de réagir avec lucidité, sang-froid et fermeté, en s’appuyant sur le réseau de la chasse française, ses relais politiques, ses associations spécialisées et plusieurs soutiens de l’ombre. Le message est clair : rien n’était acquis, et il fallait éviter de céder à des compromis jugés humiliants ou inefficaces.
Une ligne de fermeté revendiquée par la FNC
Le président de la FNC a voulu montrer que la fédération n’a rien sacrifié sur ses fondamentaux. Il a insisté sur l’idée qu’en politique comme dans la vie, accepter de trop lourdes concessions pour sauver l’essentiel revient souvent à perdre bien davantage. Cette posture a guidé, selon lui, la stratégie de la FNC dans le dossier des migrateurs. En tenant cette ligne, Willy Schraen veut faire passer l’idée que la chasse française a su entrer dans une modernité réglementaire et scientifique sans se renier. Pour lui, la modernisation n’a de sens que si elle sert la continuité de la chasse et sa reconnaissance, pas si elle organise son recul progressif sous couvert d’adaptation.
Une décision du Conseil d’État vécue comme une victoire historique
Le moment-clé du dossier, dans sa lecture, est survenu en octobre 2025. À cette date, le Conseil d’État a validé les nouvelles modalités de gestion de neuf espèces d’oiseaux migrateurs, rejetant les recours déposés par des associations anti-chasse. Pour Willy Schraen, cette décision dépasse le simple terrain juridique. Elle constitue une reconnaissance du rôle de la chasse comme acteur responsable de la gestion du vivant. En mettant en avant cette décision, le président de la FNC cherche à faire reconnaître la solidité du travail accompli. Il ne s’agit pas seulement de dire que les chasseurs ont gagné un contentieux. Il s’agit de montrer que la logique de gestion adaptative, de suivi scientifique et de responsabilité peut être admise au plus haut niveau du droit administratif. Ce point est essentiel dans sa démonstration, car il permet de sortir la chasse des seules oppositions passionnelles pour la replacer dans un cadre technique, mesurable et défendable.












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