Après avoir dénoncé les pressions extérieures et défendu plusieurs dossiers conflictuels, Willy Schraen a terminé son discours sur un registre plus offensif et plus ouvert. Pour le président de la Fédération nationale des chasseurs, l’avenir de la chasse française ne se résume pas à la défense de l’existant. Il passe aussi par la conquête de nouveaux publics, la stabilisation des effectifs, la transmission et une meilleure mise en valeur de ce que la chasse peut apporter à des Français en quête de sens, de lien et de nature.
Une étude IFOP pour éclairer les choix à venir
Willy Schraen a annoncé qu’une étude IFOP, présentée dans la foulée du congrès, devait servir de base à la stratégie future de la FNC. L’objectif affiché est clair : définir des choix concrets capables, au minimum, de stabiliser les effectifs de chasseurs. Des groupes de travail et de réflexion doivent être lancés avec les fédérations départementales pour transformer les enseignements de cette enquête en plan d’action. Le recours à une étude d’opinion n’est pas anodin. Il traduit une volonté de professionnaliser encore davantage le pilotage de la communication et du recrutement. La FNC veut mieux comprendre ce qui attire, ce qui freine, et les leviers qui pourraient faire entrer de nouveaux pratiquants dans la grande famille de la chasse.
Les chasseurs eux-mêmes comme meilleurs ambassadeurs
L’un des enseignements mis en avant par Willy Schraen concerne la manière dont on entre dans la chasse. Selon l’étude évoquée dans le discours, une majorité de personnes qui rejoignent cet univers le font parce qu’une connaissance leur en a parlé. Autrement dit, le premier vecteur de recrutement reste humain, direct et relationnel. Le président de la FNC en tire une conséquence simple : les meilleurs ambassadeurs de la chasse, ce sont les chasseurs eux-mêmes. Il a donc appelé chacun à parler de sa passion à ses amis, voisins, collègues ou proches. Ce message renoue avec une réalité ancienne du monde cynégétique : on ne devient presque jamais chasseur seul. On y entre parce qu’une main se tend, parce qu’un proche invite, explique, accompagne et rassure.
Un potentiel de recrutement jugé considérable
Autre chiffre mis en avant : 7 % des sondés pourraient devenir chasseresses ou chasseurs. Willy Schraen a insisté sur ce volume potentiel, qu’il estime représenter près de 5 millions de personnes. Dans sa lecture, ce résultat montre que la chasse conserve un pouvoir d’attraction important, bien supérieur à ce que ses adversaires voudraient faire croire. Ce chiffre a une valeur symbolique forte. Il permet à la FNC de sortir d’une logique défensive. Plutôt que de ne parler que d’érosion des effectifs ou de pression sociale, elle peut dire qu’un réservoir existe. Reste à aller le chercher, à l’accueillir et à transformer l’intérêt diffus en engagement réel.
Une campagne de communication nationale déjà lancée
Pour accompagner cette ambition, la FNC a lancé depuis le 15 mars une grande campagne de communication, avec trois spots TV. Willy Schraen a rappelé le slogan choisi : « Qui va à la chasse trouve sa place ». Cette formule veut résumer l’idée que la chasse offre à la fois une pratique, une communauté et un sentiment d’appartenance. Dans son discours, cette campagne s’adresse à celles et ceux qui hésitent encore à franchir le pas. Elle cherche à montrer une chasse accueillante, structurée et ouverte, loin des caricatures. Le slogan est aussi une manière de répondre à un besoin social plus large : dans une époque marquée par l’isolement, la perte de repères et la recherche d’authenticité, la chasse serait une réponse possible.
Une communauté fondée sur la transmission
La dernière partie du discours s’est d’ailleurs attachée à définir ce qui fait, selon Willy Schraen, la singularité profonde de la chasse. Il a parlé d’appartenance à un territoire, à une saison, à une communauté de femmes et d’hommes aux horizons divers, mais réunis par les mêmes valeurs : respect, responsabilité et transmission. Dans son récit, on ne devient jamais chasseur tout seul. On le devient parce qu’un père, une mère, un ami ou un voisin vous fait découvrir la nature autrement. Parce que quelqu’un vous apprend à regarder, à écouter, à comprendre. Cette vision de la transmission est centrale. Elle présente la chasse non comme un simple acte individuel, mais comme un héritage vivant, qui se passe d’une génération à l’autre.
Accueillir de nouveaux profils sans renier son identité
Willy Schraen a insisté sur un point : une communauté ne vit que si elle sait s’ouvrir. Sa responsabilité, dit-il, est de faire en sorte que celles et ceux qui cherchent du sens, du lien et de la nature puissent découvrir ce que vivent les chasseurs. Ce passage est important car il montre que la FNC veut élargir son audience sans renoncer à sa définition de la chasse. Il ne s’agit pas, dans son esprit, de diluer l’identité cynégétique. Il s’agit d’ouvrir grand les portes de la passion à de nouveaux profils, tout en les accompagnant et en les valorisant. Le président de la FNC appelle donc les chasseurs à intégrer les nouveaux venus, à les former et à les faire entrer dans une culture collective plutôt qu’à les laisser à distance.
Gibiers de France et reconquête du petit gibier
Dans cette logique de projection vers l’avenir, Willy Schraen a cité plusieurs chantiers appelés à renforcer l’attractivité de la chasse. Il a d’abord évoqué la marque « Gibiers de France », lancée en octobre, pour promouvoir une venaison 100 % française et sauvage. L’idée est simple : consommer de la venaison, c’est déjà faire un pas vers les chasseurs, leur univers et leur rapport à la nature. Il a aussi annoncé la poursuite de la défense des chasses traditionnelles, qu’il considère comme précieuses pour les identités locales, ainsi que la relance d’un grand programme de reconquête du petit gibier. Un séminaire national s’est déjà tenu à Paris et des groupes de travail par espèces doivent bientôt être lancés. Ces sujets complètent la stratégie de recrutement en donnant des perspectives concrètes de terrain, de gestion et de valorisation.
Une réponse à la quête contemporaine de réel
La fin du discours s’est voulue presque philosophique. Willy Schraen a affirmé que beaucoup de Français aspirent aujourd’hui à renouer avec le réel, à comprendre d’où vient ce qu’ils mangent, à retisser des liens authentiques et à redonner du sens à leur vie. Il présente la chasse comme une réponse possible à cette aspiration. Dans cette lecture, la chasse n’est pas simplement une pratique ancienne qu’il faudrait préserver. Elle redevient une proposition contemporaine. Elle permettrait de retrouver un rapport vrai à la nature, de partager des moments collectifs, de s’inscrire dans un territoire et de s’éloigner des existences hors-sol. À Deauville, cette séquence plus ouverte a permis à Willy Schraen de refermer son discours sur une idée-force : la chasse française n’est pas seulement une passion à défendre. C’est aussi un monde à faire découvrir, à transmettre et à élargir.












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