Le constat ne date pas d’hier, mais il se confirme année après année : la perdrix grise décline en France. Espèce emblématique des plaines agricoles, elle fait aujourd’hui partie de ces oiseaux dont la présence devient de plus en plus rare sur certains territoires. La Seine-Maritime en offre une illustration particulièrement parlante.
Une chute confirmée sur le terrain
Sur le terrain, les observations des chasseurs convergent. Dominique, chasseur et agriculteur près du Havre, évoquait récemment au micro de nos confrères d’Actu Normandie une baisse marquée depuis plusieurs années, avec un point de bascule autour de 2022 : « À partir de 2022, ça a été l’hécatombe ». Un ressenti largement confirmé par les données scientifiques. En effet, les taux d’observation de la perdrix grise sont passés de 12 % en 2015 à seulement 6 % en 2024. En dix ans, la présence de l’oiseau a tout simplement été divisée par deux. Autre indicateur inquiétant : la densité de couples. Entre 2018 et 2024, elle est passée de 0,57 à 0,38 couple au kilomètre carré, soit une baisse de 33 %.
Un déclin qui dépasse la Normandie
Si la Seine-Maritime constitue un cas d’école, la tendance est en réalité nationale. La perdrix grise souffre d’une évolution profonde des milieux agricoles, avec des conséquences directes sur sa reproduction et sa survie. Et elle n’est pas la seule concernée : de nombreuses espèces d’oiseaux de plaine suivent la même trajectoire, ce qui bien sûr nourrit les plus vives inquiétudes pour le monde de la chasse.
Agriculture intensive et ressources alimentaires en cause
Parmi les facteurs avancés, plusieurs reviennent systématiquement. L’utilisation de certains produits phytosanitaires, notamment les anti-limaces, est pointée du doigt pour son impact sur les insectes, ressource essentielle pour les jeunes perdrix. Le remembrement et la disparition des haies ont également contribué à la dégradation des habitats. Moins de couverts, moins de zones de refuge, et donc une vulnérabilité accrue face aux prédateurs et aux conditions climatiques.
Le rôle concret des chasseurs sur le terrain
Dans ce contexte, difficile d’ignorer le rôle joué par les chasseurs. Partout en France, via les fédérations départementales, des actions concrètes sont menées depuis des années : plantations de haies, création de bandes enherbées, aménagement de couverts favorables à la petite faune. Chaque année, ce sont des centaines de kilomètres de haies qui sont replantés, souvent en partenariat avec le monde agricole. Un travail de fond, discret mais essentiel, qui vise justement à recréer des milieux propices à la faune de plaine, dont la perdrix grise est l’un des meilleurs indicateurs.
Une espèce révélatrice d’un déséquilibre plus large
Au-delà du cas de la perdrix, c’est toute la biodiversité des plaines agricoles qui est concernée. La baisse des effectifs observée en Seine-Maritime n’est donc pas une anomalie locale, mais bien le symptôme d’un déséquilibre plus global. Et si les chasseurs sont souvent les premiers à constater ce déclin sur le terrain, ils sont aussi parmi les rares à agir concrètement pour tenter d’en limiter les effets. Reste une question de fond : ces efforts seront-ils suffisants pour inverser la tendance ?











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