En Haute-Vienne, une expérimentation discrète menée depuis août 2024 est en train de changer la donne sur un sujet bien connu des automobilistes : les collisions avec le grand gibier. Face aux résultats obtenus, le dispositif est désormais étendu sur un axe majeur entre Limoges et Saint-Junien.
Une innovation simple… et redoutablement efficace
Le principe est aussi simple qu’ingénieux : des piquets équipés de réflecteurs installés en bord de route renvoient la lumière des phares vers les abords, créant un effet dissuasif pour les animaux. À l’approche d’un véhicule, sangliers, chevreuils et cervidés sont ainsi effarouchés et renoncent à traverser.
Testé depuis août 2024 sur plusieurs portions de la RD 941 à Saint-Just-le-Martel, le dispositif a rapidement montré son efficacité. Le nombre de collisions recensées s’est effondré, passant d’une douzaine par an à seulement une en 18 mois. Sur le terrain, les observations des chasseurs confirment la tendance, avec une chute globale très nette des accidents.
Une réussite qui doit beaucoup au terrain
Derrière cette expérimentation, on retrouve un travail commun entre le Département et la Fédération départementale des chasseurs de la Haute-Vienne. Car identifier les bons secteurs ne s’improvise pas. Ce sont bien les chasseurs, grâce à leur connaissance fine du territoire et des habitudes de la faune, qui permettent de cibler les zones les plus à risque. Résultat : un dispositif installé là où il est vraiment utile, pour une efficacité maximale.
Un coût dérisoire pour un enjeu majeur
Autre point fort de cette solution : son coût. L’installation initiale n’a représenté qu’environ 3 000 euros. Une somme modeste au regard des dégâts matériels évités, mais aussi des risques humains considérablement réduits. Car chacun le sait sur le terrain : une collision avec un sanglier ou un chevreuil peut avoir des conséquences dramatiques, en témoignent les dizaines de morts annuelles et la centaine de blessés graves causées par ce type d’accident.
Une extension logique du dispositif
Fort de ces résultats, le Département a décidé d’aller plus loin. Le dispositif est désormais déployé sur une nouvelle portion stratégique de la RD 941, entre Limoges et Saint-Junien, dans les deux sens de circulation. Une montée en puissance qui confirme que l’expérimentation n’en est plus une : elle devient une véritable solution de sécurité routière.
Gérer la faune, c’est aussi prévenir
Ce type d’initiative rappelle une réalité souvent ignorée : les chasseurs ne se contentent pas de réguler les populations. Ils participent aussi activement à la prévention des risques, en proposant des solutions concrètes, efficaces et peu coûteuses. Dans un contexte où les collisions avec la faune sauvage restent nombreuses sur l’ensemble du territoire, en moyenne 40 000 par an, cette expérimentation grandeur nature pourrait bien faire école ailleurs.











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