Un dernier jour, un grand cerf
Le dernier jour de la saison réserve parfois des surprises que l’on n’ose espérer. Pour Corentin, jeune chasseur de 25 ans qui fêtera l’an prochain ses dix années de permis, cette fermeture restera gravée comme celle du cerf de sa vie. Sur un territoire de Haute-Marne, aux confins de la grande forêt d’Arc-en-Barrois, il a prélevé un animal hors norme, un cerf 18 cors accusant 264 kilos à la pesée. Corentin chasse pour la première année au sein de cette société regroupant environ 45 chasseurs. Le territoire s’étend sur près de 1 300 hectares, en lisière de ce grand massif mythique propice aux déplacements réguliers des grands animaux.
Une première saison décisive
Titulaire du permis depuis 2016, obtenu à l’âge de 25 ans, Corentin n’avait encore jamais prélevé de cervidé avant cette saison. Le jour de la fermeture, plusieurs animaux figuraient toujours au plan de chasse, laissant espérer une ultime opportunité. La journée ne s’annonçait pourtant pas sous les meilleurs auspices. La maladie d’Aujeszky, signalée dans le secteur, imposait une vigilance accrue aux conducteurs de chiens. Traqueur, Corentin choisit de limiter volontairement son dispositif en ne prenant que trois jagd terriers afin de réduire les risques. La battue est organisée en traque-affût, avec la possibilité pour les traqueurs de tirer à courte distance lorsque les conditions le permettent.
La rencontre avec le 18 cors
La traque débute. Vingt-cinq minutes plus tard, un voisin l’avertit qu’un grand animal vient de se lever. Quelques instants suffisent pour que le cerf se présente dans l’axe, majestueux et imposant. Corentin épaule sa Merkel RX Helix et place une balle plein cou. L’animal s’effondre sur place. En rejoignant le cerf, il mesure immédiatement l’ampleur du prélèvement. La dimension du trophée et la corpulence générale s’imposent à lui. Le cerf est massif. L’envergure des bois impressionne, mais c’est surtout le volume du corps qui marque durablement les esprits.

Un poids hors norme pour le département
La pesée confirme cette première impression : 264 kilos. Un poids rare en France et exceptionnel pour le territoire. Plusieurs membres de la société évoquent l’un des plus beaux cerfs prélevés sur la chasse depuis des années. Certains parlent même d’un animal d’exception à l’échelle du massif. L’âge du cerf fait l’objet d’estimations croisées. L’Office national des forêts avance une fourchette comprise entre dix et douze ans. D’autres observateurs, au vu de l’état du pelage et de l’usure générale, penchent pour un âge certain de douze ans. Le taxidermiste consulté évoque lui aussi un animal « très passé », dont la maturité avancée confère au trophée une valeur patrimoniale supplémentaire.
Une journée à part
Pour Corentin, l’émotion est d’autant plus forte qu’il s’agissait de son premier grand cerf prélevé sur ce territoire. Quelques mois plus tôt, une occasion difficile s’était soldée par un tir manqué dans des conditions complexes. Cette fois, la réussite est totale, fruit d’un placement rigoureux et d’une exécution maîtrisée. La journée ne s’est pas arrêtée là. Le même jour, Corentin prélèvera également une biche et d’une bichette. Trois cervidés inscrits au tableau en une seule journée, une conjonction rare d’efficacité et de circonstances favorables pour une fermeture de saison. Corentin a choisi de faire naturaliser ce trophée. Le cerf trônera chez lui, dans un espace déjà pensé au-dessus de la cheminée. Bravo à notre chasseur!













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