Côtes-d’Armor : les chasseurs prêts à suspendre la chasse au sanglier

Une tension grandissante entre chasseurs et fédération

Dans les Côtes-d’Armor, et plus particulièrement dans le Trégor autour de Lannion, le climat se tend fortement entre les sociétés de chasse locales et la Fédération départementale des chasseurs des Côtes-d’Armor. En cause : la mise en place d’une taxe à l’hectare destinée à financer les indemnisations des dégâts causés par les sangliers. À l’approche de l’assemblée générale prévue d’ici quelques jours, certains chasseurs haussent le ton. Plusieurs responsables locaux évoquent même une mesure radicale : arrêter totalement la chasse au sanglier pendant un an. Une menace lourde de conséquences, dans un contexte déjà marqué par une forte pression sur les cultures agricoles.

Une taxe jugée injuste par les territoires les plus exposés

Si cette taxe s’inscrit dans un cadre national existant depuis 2019, son application concrète dans le département suscite une vive contestation. Les sociétés de chasse du Trégor, particulièrement touchées par la présence de sangliers, se retrouvent parmi les plus fortement mises à contribution. Pour ces chasseurs, le système actuel pose problème : plus un territoire est impacté par le gibier, plus il paie. Une logique jugée incohérente par certains, qui estiment déjà fournir un effort important en multipliant les battues pour réguler les populations.

Une explosion des populations de sangliers

Sur le terrain, le constat est sans appel : les populations de sangliers continuent d’augmenter. Dans le Trégor comme ailleurs, les chasseurs organisent toujours plus de battues, mobilisant du temps, des moyens humains et du matériel. Malgré cela, les dégâts agricoles persistent, voire s’intensifient. Les indemnisations versées aux agriculteurs représentent un coût croissant pour les fédérations, ce qui explique en partie la mise en place de dispositifs comme la taxe à l’hectare.

Une menace aux conséquences bien réelles

L’idée d’un arrêt de la chasse au sanglier, même temporaire, inquiète. Sans régulation, les dégâts pourraient rapidement exploser, mettant en difficulté agriculteurs, collectivités et chasseurs eux-mêmes. Cette situation révèle un équilibre fragile : la chasse joue un rôle central dans la gestion des populations de grand gibier, mais son financement repose de plus en plus sur les épaules des chasseurs.

Un modèle à repenser : quelles pistes de solutions ?

Face à cette crise, plusieurs pistes de réflexion émergent, et pourraient intéresser l’ensemble du monde de la chasse.

Repenser le mode de financement

Le financement des dégâts de gibier repose aujourd’hui quasi exclusivement sur les chasseurs. Une question se pose : faut-il élargir ce financement à d’autres acteurs ?
– participation de l’État ou des collectivités
– contribution du monde agricole dans certains cas
– mécanismes assurantiels plus équilibrés
– Utilisation de thermiques par les chasseurs?

Adapter la pression de chasse

Dans certains territoires, la régulation pourrait être renforcée via :
– allongement des périodes de chasse
– simplification des autorisations de battues
– développement de la chasse estivale

Valoriser le rôle des chasseurs

Les chasseurs jouent un rôle clé dans la régulation du sanglier. Leur engagement pourrait être davantage reconnu :
– aides financières
– réduction des cotisations
– dispositifs incitatifs

Un débat qui dépasse le Trégor

Ce conflit local illustre une problématique nationale : la gestion du sanglier devient un enjeu central pour la chasse en France. Dans les mois à venir, les décisions prises dans les Côtes-d’Armor pourraient bien faire jurisprudence et inspirer d’autres territoires confrontés aux mêmes difficultés.

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Rédacteur en chef, SoChasse

Une réponse à “Côtes-d’Armor : les chasseurs prêts à suspendre la chasse au sanglier”

  1. Alain DOUVILLE

    Bonjour
    Le prix des actions de chasse étant beaucoup trop cher, ne vous étonnez pas de ne pas avoir plus de chasseurs aux grands gibiers, c’est dommage car la pression de chasse sur le sanglier pourrait être plus intense et il y aurait plus de cotisations grand gibier.
    Cordialement
    Alain Douville

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