C’est un témoignage brut, sans détour, publié dans les colonnes de Ouest-France. Celui d’un chasseur et ancien agriculteur du Maine-et-Loire, marqué par un drame personnel. « Je me suis décidé à écrire ces quelques lignes après avoir assisté aux obsèques d’un cousin de 56 ans tué après avoir percuté un sanglier alors qu’il se rendait au travail à moto. Malheureusement, il y en aura d’autres… ». Un constat dur, qui sert de point de départ à une réflexion plus large sur l’explosion des populations de sangliers.
« Oui, il y a trop de sangliers »
L’auteur ne tourne pas autour du pot : « Oui, il y a trop de sangliers !». Chasseur, ancien agriculteur et usager de la route, il décrit une situation devenue difficile à maîtriser, malgré les efforts du terrain. Il insiste notamment sur une réalité souvent méconnue du grand public : les chasseurs s’abstiennent souvent de tirer, même lorsqu’ils sont face au gibier. « Il arrive régulièrement que nous ne puissions pas tirer », rappelle-t-il, évoquant les contraintes de sécurité liées à la proximité des habitations, des routes ou des chemins.
Des territoires de plus en plus difficiles à chasser
Le témoignage met aussi en lumière une évolution profonde des paysages agricoles. L’auteur décrit des parcelles de plus en plus vastes, parfois 25 à 30 hectares voire davantage, dans lesquelles les sangliers trouvent refuge, nourriture… et tranquillité. Ces grandes cultures deviennent de véritables zones refuges, difficiles à fermer efficacement en battue, où les animaux peuvent se cacher et même se reproduire. À cela s’ajoutent des zones en friche ou des exploitations délaissées, autant de sanctuaires pour le grand gibier.
Des pratiques et des règles qui limitent l’efficacité
Autre point soulevé : certaines règles ou pratiques qui, sur le terrain, peuvent compliquer la régulation. L’auteur évoque notamment l’interdiction de certains types de munitions, qui impose l’usage exclusif de la balle en battue (seuls 30 département en France autorise l’usage de chevrotine en battue), renforçant les contraintes de sécurité et limitant certaines opportunités de tir. Il pointe également le fait que, sur une majorité de territoires, les laies suitées ne sont pas tirées, ce qui peut contribuer à maintenir une dynamique de population élevée, même si ses propos ne peuvent que choquer notre éthique de la chasse.
Une pression qui déborde les chasseurs
Le constat est clair : malgré leur implication, les chasseurs se retrouvent aujourd’hui débordés. « La population de sangliers est tellement importante que nous sommes débordés ». Avec des conséquences multiples : dégâts agricoles, pression accrue sur le petit gibier, poussant de nombreux chasseur de ce petit gibier à arrêter toute pratique cynégétique, et désormais, des accidents parfois dramatiques sur la route.
« Il faut trouver des solutions »
En conclusion, l’auteur appelle à une prise de conscience collective : « Administration, agriculteurs, chasseurs, mettez-vous autour d’une table et trouvez des solutions ». Un appel au dialogue, mais aussi à l’action, dans un contexte où la régulation du sanglier devient un enjeu majeur à la fois agricole, sécuritaire et cynégétique.












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