Nîmes : des sangliers jusque sous les immeubles, les autorités passent à l’action

À Nîmes, la présence des sangliers en pleine zone urbaine franchit un nouveau cap. Depuis plusieurs semaines, les riverains des quartiers situés autour de la route d’Arles, des Jonquilles et de Stella assistent à des scènes devenues presque irréelles : des compagnies entières de sangliers circulent au pied des immeubles, ravagent les jardins ouvriers et fouillent les poubelles en pleine fin de journée. Une réunion entre les services de la mairie, la préfecture et la société de chasse de Nîmes doit justement se tenir aujourd’hui afin de tenter de trouver des solutions face à une situation qui devient de plus en plus préoccupante.

Des dizaines de sangliers dans les jardins ouvriers

Le problème ne date pas d’hier, mais les habitants assurent que la situation s’aggrave fortement depuis le lancement des travaux du futur parc Jacques-Chirac, aménagé sur le site des anciennes pépinières Pichon. Repoussés de certaines zones refuges, les sangliers se rabattent désormais massivement sur les jardins ouvriers situés à proximité. Grillages éventrés, cultures détruites, cabanons dégradés, poubelles renversées : les dégâts se multiplient quasiment chaque nuit. Mohamed Ramzi, président de l’association des jardins ouvriers, décrit une situation devenue invivable pour de nombreux usagers, souvent retraités ou familles modestes qui cultivent ces parcelles pour améliorer leur quotidien. Tomates, pommes de terre, plantations diverses : tout est régulièrement retourné par les animaux.

Une compagnie filmée au pied des immeubles

Mais ce qui inquiète désormais le plus les riverains, c’est l’extension du phénomène au cœur même des quartiers résidentiels. Mardi 5 mai, vers 18 heures, plusieurs habitants ont filmé une compagnie composée de trois adultes accompagnés de sept ou huit marcassins en train de traverser la route au pied des immeubles du quartier des Jonquilles. Une vidéo impressionnante que nous vous proposons de découvrir dans cet article. À cette heure de la journée, de nombreux habitants, familles et enfants étaient encore présents à l’extérieur. Plusieurs riverains assurent avoir contacté différents services sans obtenir de réaction immédiate.

Une situation devenue explosive

Dans certains secteurs, les habitants parlent désormais d’un véritable sentiment d’abandon. Les sangliers semblent parfaitement habitués à la présence humaine et profitent notamment des déchets alimentaires laissés autour des conteneurs pour revenir régulièrement dans les quartiers. Certains riverains pointent aussi le manque d’entretien de certaines friches et terrains embroussaillés qui servent de remises aux animaux en pleine ville. Car derrière les dégâts matériels, c’est surtout la question sécuritaire qui inquiète désormais les habitants. La présence répétée de compagnies avec des marcassins au milieu des zones habitées fait craindre un accident, notamment avec des enfants ou des chiens.

Battues administratives et cages à l’étude

Face à cette situation, les pouvoirs publics ont finalement décidé de reprendre le dossier en main. La réunion organisée aujourd’hui entre la mairie, la préfecture et la société de chasse de Nîmes doit permettre de définir un dispositif de régulation durable. Plusieurs pistes sont évoquées : opérations de capture, installation de cages, débroussaillement de certaines zones refuges mais aussi possibles battues administratives. Selon les premières estimations, une soixantaine de sangliers seraient actuellement présents dans le secteur de la route d’Arles malgré plusieurs prélèvements déjà réalisés ces dernières semaines. Une nouvelle illustration des difficultés croissantes rencontrées par de nombreuses villes françaises confrontées à une population de sangliers qui s’installe désormais jusque dans les quartiers urbains.

Partager cet article

Depuis la proposition de loi du sénateur Patrick Chaize visant à « améliorer la sécurité à la chasse », le...

D'autres vidéos pour vous

Retour en haut