Pau : 10 km de clôtures posés par les chasseurs pour contenir les sangliers

Pose de clôtures

À Pau, la pression du sanglier sur les cultures ne relève pas du fantasme. Autour de la forêt domaniale de Bastard, véritable poumon vert de l’agglomération paloise, les dégâts agricoles sont une réalité bien connue. Face à cette situation, une réponse concrète et collective s’organise depuis près de vingt ans.

Un dispositif rodé depuis 18 ans

Sur ce massif forestier de 300 hectares, riche en ongulés sauvages comme le chevreuil et surtout le sanglier, la Fédération départementale des chasseurs des Pyrénées-Atlantiques déploie chaque printemps un dispositif aussi simple qu’efficace : 10 kilomètres de clôtures temporaires installées en périphérie.

Objectif : contenir les animaux dans le bois et limiter leur intrusion dans les parcelles agricoles environnantes, particulièrement vulnérables à cette période de l’année. Cette opération, reconduite depuis 18 ans, s’appuie sur un partenariat étroit avec les acteurs locaux, notamment le monde agricole et l’Office national des forêts.

Des résultats concrets sur le terrain

Et les résultats sont là. Grâce à ce dispositif, les dégâts agricoles ont été divisés par trois, voire par quatre lors de la dernière saison. Une amélioration significative qui soulage directement les exploitants, confrontés à des pertes parfois lourdes sur les semis, en particulier sur le maïs.

Une mobilisation locale exemplaire

Derrière cette efficacité, il y a surtout des hommes et du terrain. Chaque année, une trentaine de chasseurs bénévoles issus des communes de Buros, Montardon, Pau et Serres-Morlaàs participent à l’installation des clôtures. À leurs côtés, une dizaine d’agriculteurs s’impliquent également, preuve que la gestion du sanglier est bien une affaire collective.

L’Office national des forêts assure quant à lui l’entretien du dispositif, notamment par des passages réguliers de débroussailleuse le long des clôtures. En parallèle, un agrainage dissuasif est mis en place au cœur du massif afin de maintenir les sangliers en forêt pendant les phases critiques.

Une stratégie calée sur les cycles agricoles

Le calendrier n’a rien d’anodin. Les clôtures sont installées dès le mois d’avril, au moment des semis de maïs, particulièrement exposés aux dégâts. Elles restent en place jusqu’à la phase végétative de la culture, période durant laquelle les jeunes plants deviennent moins attractifs pour les sangliers.

Au final, cette opération menée autour de la forêt de Bastard illustre parfaitement ce que peut produire une gestion pragmatique du grand gibier : des résultats mesurables, une mobilisation locale forte et une réponse adaptée aux réalités du terrain. Un modèle qui, ailleurs, mériterait sans doute d’être regardé de près.

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