Quelles sont les périodes de chasse au sanglier ?

Quelles sont les périodes de chasse au sanglier ?

La chasse au sanglier est l’une des pratiques cynégétiques les plus répandues en France. Elle répond à des règles strictes fixées par la réglementation nationale, les arrêtés préfectoraux, et les schémas départementaux de gestion cynégétique. L’objectif est double : permettre une pratique de la chasse encadrée et assurer une régulation efficace d’une espèce capable de provoquer d’importants dégâts agricoles et forestiers.

La période de chasse du sanglier dépend du département, du mode de chasse choisi et des décisions préfectorales prises chaque année en concertation avec les fédérations départementales des chasseurs. En règle générale, la saison de chasse s’étend du 1er juin au 28 ou 29 février. Toutefois, des périodes plus longues peuvent être autorisées dans certains cas.

Dans de nombreux départements, la chasse anticipée au sanglier peut débuter dès l’été, souvent au 1er juin, dans des conditions spécifiques (chasse à l’approche ou à l’affût, sans chiens). L’ouverture générale de la chasse à tir, avec tous les modes autorisés (notamment la battue), intervient généralement courant septembre, à des dates fixées par arrêté préfectoral. La fermeture de la chasse au sanglier a lieu au plus tard le 28 février, sauf autorisation exceptionnelle de chasse administrative en mars pour des actions de régulation.

Comment obtenir une autorisation de chasse ?

Hors période d’ouverture, il est parfois possible de chasser le sanglier dans le cadre de la régulation des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts. Cette chasse est strictement encadrée par une autorisation préfectorale individuelle, délivrée selon une procédure d’autorisation claire.

Le détenteur du droit de chasse (propriétaire ou locataire d’un territoire) doit adresser une demande d’autorisation à la Direction départementale des territoires (DDT). Cette demande inclut généralement :

  • Un formulaire spécifique complété,
  • La description de la parcelle concernée,
  • Les motifs de la demande (présence de sangliers, dégâts agricoles),
  • Un plan ou un croquis du territoire concerné.

L’autorisation préfectorale peut concerner une chasse particulière à l’affût, à l’approche, ou en battue restreinte, avec ou sans chiens. Elle est délivrée pour une durée limitée, avec des conditions spécifiques de tir (calibre, distance, zones autorisées). Toute chasse en dehors des périodes légales sans autorisation est constitutive d’une infraction et peut entraîner sanctions, amendes, voire retraits de permis de chasser.

Quelles sont les règles de sécurité pour chasser ?

La sécurité est un enjeu majeur dans la chasse du sanglier, notamment en battue, qui mobilise plusieurs tireurs, traqueurs et chiens. Le plan sécurité mis en place en 2023 a renforcé les règles de sécurité dans tous les départements français. Ces mesures sont désormais inscrites dans le schéma départemental de chaque fédération.

Les règles à respecter sont les suivantes :

  • Port obligatoire d’un gilet fluorescent pour tous les participants (postés, traqueurs, accompagnateurs).
  • Respect de l’angle de tir de sécurité à 30° minimum.
  • Briefing obligatoire avant chaque battue par l’organisateur de la chasse.
  • Signalisation visible sur les chemins forestiers pour alerter les promeneurs.
  • Interdiction de chasser en état d’ivresse (au-delà de 0,5 g/l d’alcool dans le sang).
  • Positionnement fixe des tireurs, interdit de tirer en déplacement ou sans identification formelle du grand gibier.

Des formations de mise à jour décennales sont désormais obligatoires pour tous les détenteurs du permis de chasse, avec un volet spécifique sur les mesures de sécurité.

Quels types d’armes sont autorisés ?

La chasse du sanglier nécessite des armes adaptées et conformes à la réglementation française. Seules certaines armes de chasse sont autorisées pour pratiquer la chasse au sanglier :

  • Les carabines rayées à un ou plusieurs coups (verrou, semi-automatiques limitées à 3 cartouches),
  • Les fusils lisses avec balle unique, mais interdiction de la chevrotine dans la majorité des départements,
  • Les armes à feu doivent être déclarées et détenues par un chasseur titulaire du permis de chasser validé.

Les balle de chasse doivent être adaptées au tir sur grand gibier, en respectant la puissance minimale exigée. Le tir à l’arme de poing, d’arbalète ou au fusil de plus de 3 coups automatique est formellement interdit.

Le chasseur doit également respecter les distances de tir légales, éviter le tir vers les chemins publics, habitations ou zones non autorisées. En cas de doute, la fédération départementale peut fournir des conseils ou des stages sur le choix et la sécurité des armes de chasse.

Quelles sont les modalités de régulation des sangliers ?

La régulation des populations de sangliers est devenue un enjeu national, tant leur prolifération pose problème. Le sanglier est responsable de nombreux dégâts agricoles, forestiers et de collisions routières. Pour répondre à cette pression, les pouvoirs publics et les fédérations de chasse ont mis en place différents outils :

  • Le plan de gestion du sanglier, départemental ou régional, établi par les commissions cynégétiques,
  • La délivrance d’autorisations préfectorales de régulation pendant ou hors saison de chasse,
  • Le recours à des lieutenants de louveterie, désignés par le préfet, pour organiser des chasses administratives,
  • La possibilité de prélèvements supplémentaires dans les zones les plus touchées (zones agricoles, forestières, périurbaines),
  • Le contrôle de l’agrainage, parfois limité ou interdit pour éviter l’augmentation artificielle des populations.

Dans les départements à forte densité, des bilans annuels sont dressés pour ajuster les quotas, avec un objectif affiché : réduire la population de sangliers de 30 à 40 % dans certaines zones sensibles.

Comment se déroule la chasse en battue ?

La chasse en battue est le mode de chasse le plus pratiqué pour chasser le sanglier. Elle repose sur une organisation collective, encadrée et sécurisée, souvent dominicale ou en semaine selon les arrêtés préfectoraux.

Elle se déroule ainsi :

  • Une zone est définie par l’organisateur de la battue, sur un territoire où le détenteur du droit de chasse autorise l’action.
  • Les traqueurs, souvent accompagnés de chiens de chasse marchent en forêt pour faire sortir le gibier.
  • Les postés (souvent 8 à 30 chasseurs) sont positionnés sur des lignes de tir avec gilets fluorescents et consignes de sécurité.
  • Chaque tir doit être ciblé, identifié, et respecter l’angle de tir et la distance de sécurité.

Un bilan de battue est généralement effectué en fin de journée pour recenser les sangliers prélevés, assurer le marquage, et transmettre les données à la fédération départementale.

Quelles sont les conséquences de la chasse au sanglier ?

La chasse au sanglier n’est pas sans conséquences. Si elle joue un rôle fondamental dans la régulation de la faune sauvage, elle soulève aussi des enjeux de biodiversité, d’impact environnemental, et de cohabitation avec les autres usagers de la nature.

Les impacts positifs :

  • Régulation d’une espèce chassable dont la population augmente de manière exponentielle,
  • Prévention des dégâts agricoles (récoltes, semis, prairies),
  • Limitation des risques sanitaires (peste porcine, leptospirose),
  • Réduction des accidents de la route impliquant des sangliers.

Les points de vigilance :

  • Risque de surpression de chasse dans certaines zones,
  • Pratiques intensives pouvant perturber les écosystèmes,
  • Tensions locales avec randonneurs ou agriculteurs en cas de non-respect des règles de sécurité,
  • Effet de concentration du gibier dans des zones refuges non chassées, pouvant déséquilibrer la biodiversité locale.

La chasse du sanglier est donc une pratique encadrée, utile et nécessaire, mais qui doit constamment s’adapter aux réalités du terrain et faire l’objet d’un suivi rigoureux.

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Rédacteur en chef, SoChasse

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