.35 Whelen VS 9,3×62 : le match des incontournables de la battue

35 Whelen vs 9,3x62 mm

Dans le monde de la chasse en battue, certains calibres ont acquis au fil du temps une réputation presque mythique. C’est le cas du 9,3×62 mm, véritable institution dans les forêts européennes, mais aussi du .35 Whelen, plus discret sous nos latitudes mais particulièrement respecté outre-Atlantique. Deux cartouches puissantes, conçues il y a plus d’un siècle, qui continuent aujourd’hui d’équiper de nombreux chasseurs de grand gibier.

Deux conceptions du début du XXe siècle

Le 9,3×62 mm apparaît en 1905 sous l’impulsion de l’armurier allemand Otto Bock. L’objectif est alors de proposer aux colons allemands installés en Afrique un calibre puissant pouvant être chambré dans les carabines Mauser 98 à action standard. L’idée est brillante : offrir une cartouche capable d’affronter des gibiers très solides tout en restant accessible et compatible avec des armes relativement simples.

De l’autre côté de l’Atlantique, le .35 Whelen voit le jour en 1922, développé par le colonel américain Townsend Whelen avec l’armurier James Howe. Leur approche consiste à reprendre la douille du .30-06 Springfield et à élargir son collet pour accueillir une balle de .358 pouce, soit environ 9,09 mm. Le résultat est une cartouche puissante, parfaitement adaptée à la chasse de l’élan, de l’ours ou du wapiti. Dans les deux cas, la philosophie est comparable : créer une munition capable de propulser des projectiles lourds avec suffisamment d’énergie pour affronter les plus grands ongulés.

Le type d’arme qui les chambre

Ces deux calibres sont exclusivement utilisés dans des carabines à verrou, qu’il s’agisse de mécanismes classiques ou de carabines linéaires (uniquement pour le 9,3×62 mm), ainsi que dans certaines carabines à pompe ou semi-automatiques destinées à la battue. Leur architecture et leurs pressions de fonctionnement les destinent clairement à ce type d’armes . Pour les chasseurs désirant utiliser une carabine express et appréciant le concept de calibre lourd, ils devront se diriger vers 9,3x74R qui offrent un peu le même type de prestations (un ton un peu en dessous à notre humble avis, notamment en termes de rasance).

Diamètre et masse des projectiles

Si les deux calibres appartiennent clairement à la catégorie des cartouches puissantes de chasse, ils se distinguent d’abord par le diamètre de leurs projectiles. La balle du .35 Whelen mesure .358 pouce, soit environ 9,09 mm, tandis que celle du 9,3×62 mm atteint .366 pouce, soit 9,30 mm. La différence peut sembler minime sur le papier, mais elle se traduit par une surface frontale légèrement supérieure pour le 9,3.

En termes de masses de projectiles, les chargements courants se situent généralement entre 200 et 250 grains pour le .35 Whelen, alors que le 9,3×62 mm utilise le plus souvent des balles de 232 à 286 grains. Cette masse supérieure contribue largement à la réputation de ce calibre sur les grands sangliers et les cervidés.

Vitesse et énergie

Avec des chargements standards destinés à la chasse, le .35 Whelen propulse généralement une balle de 250 grains autour de 800 à 830 m/s, tandis que le 9,3×62 mm envoie une balle de 286 grains à environ 720 à 760 m/s. La vitesse plus élevée du Whelen lui confère une trajectoire légèrement plus tendue. En revanche, l’énergie développée par les deux calibres reste très proche : environ 4000 joules pour le .35 Whelen et plus de 4200 joules pour le 9,3×62 mm à la bouche. Dans le cadre d’une chasse en battue, où les tirs dépassent rarement 100 à 120 mètres, ces différences balistiques restent cependant relativement marginales.

Section de balle et densité sectionnelle

Là où les deux calibres commencent réellement à se différencier, c’est dans la section de balle et la densité sectionnelle, deux paramètres essentiels pour comprendre leur comportement dans l’animal. La section de balle correspond à la surface frontale du projectile. Celle du 9,3×62 est d’environ 68 mm², contre environ 65 mm² pour le .35 Whelen. Cette surface légèrement supérieure signifie que la balle du 9,3 offre une surface d’impact plus large, ce qui favorise le transfert d’énergie et contribue à sa réputation de calibre particulièrement efficace en battue.

La densité sectionnelle, qui rapporte la masse du projectile à son diamètre, joue quant à elle un rôle important dans la pénétration. Avec une balle de 286 grains, le 9,3×62 mm affiche une densité sectionnelle d’environ 0,305, contre environ 0,279 pour une balle de 250 grains en .35 Whelen. Cette valeur plus élevée favorise une pénétration profonde, notamment sur les animaux très massifs. Ces deux caractéristiques expliquent en grande partie pourquoi le 9,3×62 mm est souvent considéré comme l’un des calibres de battue les plus efficaces pour les grands sangliers.

Recul et sensations au tir

La puissance de ces deux cartouches se traduit évidemment par un recul sensible. Dans une carabine d’environ 3,5 kg, le 9,3×62 mm génère généralement un recul plus marqué que le .35 Whelen, principalement en raison de la masse plus importante de ses projectiles. Le .35 Whelen, un peu plus rapide mais légèrement moins lourd en projectile, est souvent perçu comme un peu plus confortable à l’épaule, ce qui peut faciliter les tirs rapides en battue.

Deux calibres taillés pour le grand gibier

Au final, malgré leurs différences balistiques, ces deux calibres évoluent dans la même catégorie : celle des cartouches puissantes destinées au grand gibier. Le .35 Whelen séduit par sa vitesse et sa trajectoire légèrement plus tendue, tandis que le 9,3×62 mm conserve une réputation exceptionnelle grâce à la masse et au diamètre de ses projectiles. Deux conceptions différentes, deux traditions cynégétiques, mais un point commun : depuis plus d’un siècle, ces deux cartouches continuent de prouver leur redoutable efficacité sur les sangliers et les cervidés lors des battues d’automne et d’hiver.

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