Il part chasser la grive et repart avec le sanglier d’une vie

Enzo est un jeune chasseur varois de 24 ans passionné que nous connaissons bien. Il pratique la chasse au petit gibier dans le Var et les Bouches-du-Rhône accompagné de sa chienne Thalia. Chasseur particulièrement efficace à la grive, il connaît ses secteurs comme sa poche. Il y a quelques semaines, il nous a transmis une photo impressionnante : un sanglier très bien armé tué au cours d’une simple sortie destinée aux grives. Un épisode peu commun, qui aurait pu mal se terminer et que nous lui avons demandé de nous raconter.

Enzo, comment s’est déroulée cette journée qui, à l’origine, devait être consacrée aux grives ?
C’était un jeudi, le 16 octobre. J’avais terminé le travail plus tôt que prévu et, comme on m’avait dit que les grives entraient bien, je suis parti à La Roquebrussanne. J’ai récupéré un collègue Adrien Laurent avec son Jack Russell Chiva et nous avons commencé dans une haie que je connais bien. En moins de 200 mètres, je prélève plusieurs grives et trois palombes. Ce jour-là, j’avais pris avec moi mon semi-automatique ATA Neo X camo noir, avec deux boîtes de Winchester Spécial Grive en 32 grammes. Je m’attendais à une sortie classique, mais je dois dire que cela commençait très bien. Au bout de la haie, la végétation devient plus dense. Ma chienne Thalia y pénètre, comme elle le fait souvent lorsqu’il y a la présence de lièvre. Chiva suit. Soudain, il se met à aboyer. Nous pensons au lièvre, jusqu’à ce qu’un sanglier surgisse et la charge.

Que se passe-t-il au moment où le sanglier surgit ?
L’animal percute immédiatement ma chienne. Le Jack ressort du fourré, mais Thalia repart et tient le ferme. Je charge deux Rottweil dans le fusil et j’entre dans les ronces. Le sanglier tente d’abord d’attaquer la chienne, mais en me voyant, il vient sur moi. Je tire une première balle, un peu basse. Il repart. Nous le suivons le long de la haie : il cherche à remonter la colline tout en restant dans le couvert. Je retourne dans les ronciers, cette fois sans ma chienne. Il s’est calé dans un buisson et claque des dents, prêt à repartir. Quand je m’approche, il tente encore de charger. Je tire alors à très courte distance. Cette fois, c’est fini. Après un moment comme celui-là, j’ai proposé d’arrêter la journée, et mon collègue a approuvé. Le sanglier pesait 98,5 kilos. Il remplissait tout l’arrière du 4×4. Ses défenses étaient particulièrement impressionnantes. Heureusement qu’il n’a pas pu me toucher ou mon chien car elles coupaient comme des lames de rasoirs.

Comment t’es-tu senti au moment où le sanglier est tombé ?
Lors de la première charge, j’ai vu ses défenses et j’ai compris que ce n’était pas un petit. Quand il est tombé, j’ai surtout ressenti un grand soulagement. Ma chienne n’avait rien, et moi, je l’ai évité de peu.

Indépendamment de cette histoire, depuis combien de temps chasses-tu, Enzo ?
Depuis tout petit. Avant même d’avoir le permis, je tirais déjà à la carabine à plomb dans le jardin. On m’a d’ailleurs mis une carabine dans les mains très jeune pour essayer au sanglier courant. Dans ma famille, tout le monde chasse, principalement le sanglier.

Qu’est-ce qui te passionne le plus dans la chasse ?
Le travail des chiens. Bien sûr, j’aime tirer, mais ce qui me motive le plus, c’est de les voir faire. Aujourd’hui, j’ai trois beagles en dressage depuis trois mois. Le plus jeune a un an, le plus vieux un an et demi. Ils progressent vite et deviennent efficaces. Sortir avec eux, les voir évoluer, c’est ce que je préfère.

As-tu un rêve de chasseur ?
Oui. Voyager, découvrir d’autres territoires, d’autres façons de chasser. Et si possible, travailler dans le milieu de la chasse. Ce serait vraiment l’idéal.

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Rédacteur en chef, SoChasse

3 réponses à “Il part chasser la grive et repart avec le sanglier d’une vie”

  1. pierre-marie.cannier

    Magnifique

  2. Allain Durand

    Je pense que le titre est un peu raccourci. On tire la grive au plomb de 8 ou 10. Si on tire un sanglier avec cette même munition, ça va juste le chatouiller, ça ne traverse pas la couenne, et de plus c’est interdit. Il faut utiliser des balles.

  3. Bonsoir Alain, on comprend bien à la lecture du récit que son chien s’est mis au ferme ce qui a laissé le temps à notre chasseur de mettre des balles. Le titre révèle plutôt le fait qu’il était parti chasser la grive et est revenu avec un sacré keiler!

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