« Le Berger et les ours » : un documentaire au cœur d’une cohabitation sous tension

Trente ans après le début de la réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées, un nouveau documentaire, sorti le 15 juillet, s’intéresse à l’une des questions les plus sensibles de la montagne : la cohabitation entre le grand prédateur et le pastoralisme. À travers le quotidien d’un berger ariégeois et de plusieurs habitants de la vallée, le réalisateur Max Keegan livre un film contemplatif qui met en lumière une réalité souvent plus complexe qu’il n’y paraît.

Trente ans après les premières réintroductions

Il y a tout juste trente ans, l’ourse slovène Ziva était relâchée à Melles, en Haute-Garonne, marquant le début du programme de réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées françaises. Depuis, la population ursine s’est progressivement reconstituée, mais les débats autour de sa présence restent particulièrement vifs, notamment chez les éleveurs et les bergers qui vivent et travaillent quotidiennement en montagne. C’est dans ce contexte que le cinéaste anglo-irlandais Max Keegan signe son premier long-métrage documentaire, Le Berger et les ours, fruit de plusieurs années d’immersion dans les vallées ariégeoises.

Le quotidien d’un berger confronté à la réalité du terrain

Le film suit principalement Yves, berger expérimenté qui approche de la retraite et cherche à transmettre son métier. À ses côtés, Lisa, une jeune diplômée qu’il a formée, semblait prête à reprendre le flambeau. Mais confrontée à la rudesse du métier, aux longues périodes d’estive et aux conséquences des attaques sur les troupeaux, elle finit par renoncer. Le documentaire rappelle ainsi que, derrière les débats souvent très polarisés autour de l’ours, il existe une réalité humaine faite de journées interminables, d’un investissement personnel considérable et d’une pression permanente pour les professionnels de la montagne. Yves, lui, a même vécu une rencontre particulièrement marquante avec un ours au cours de sa carrière, une expérience qui illustre à quel point la présence du plantigrade dépasse parfois le simple débat théorique.

Deux regards sur une même montagne

En parallèle, Max Keegan suit Cyril, un adolescent passionné de nature et de photographie animalière. Là où le berger voit avant tout les conséquences concrètes de la présence de l’ours sur son activité, le jeune naturaliste rêve d’immortaliser le plantigrade dans son environnement naturel. Le réalisateur choisit volontairement de ne pas opposer frontalement ces deux visions. Il privilégie les paysages, les silences et les longues séquences contemplatives pour laisser le spectateur construire sa propre réflexion.

Une cohabitation qui reste loin d’être évidente

Sans jamais adopter un ton militant, le documentaire rappelle néanmoins une réalité bien connue dans les Pyrénées : la cohabitation entre les grands prédateurs et le pastoralisme demeure particulièrement difficile. Malgré les moyens de protection mis en œuvre depuis plusieurs années, les attaques sur les troupeaux continuent d’alimenter les inquiétudes d’une partie des éleveurs, qui dénoncent également une charge de travail toujours plus lourde et des conditions d’exercice devenues parfois décourageantes. Le film donne ainsi une place importante à ces femmes et à ces hommes qui entretiennent les estives depuis des générations et dont l’activité participe directement à la préservation des paysages pyrénéens.

Un documentaire qui invite au débat

Avec Le Berger et les ours, Max Keegan ne prétend pas apporter de réponse définitive à l’épineuse question de la cohabitation. Son documentaire offre avant tout une immersion dans le quotidien de ceux qui vivent la montagne toute l’année, loin des débats souvent passionnés qui animent les réseaux sociaux ou les plateaux de télévision. Pour les chasseurs comme pour les éleveurs, cette œuvre rappelle finalement une évidence : la gestion des grands prédateurs ne peut se limiter à des considérations idéologiques. Elle doit aussi tenir compte des réalités de terrain, du pastoralisme et de celles et ceux qui font vivre ces territoires de montagne au quotidien. Découvrez la bande annonce de documentaire sorti en salle mercredi:

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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