Ball-trap : la Fédération répond point par point à Benjamin Tranchant

Quelques jours après la publication de notre entretien avec Benjamin Tranchant, dans lequel le dirigeant du Sologne Shooting Club appelait de ses vœux une Fédération « qui accompagne ses clubs plutôt que de les freiner », le président de la Fédération Française de Ball-Trap, Jean-Michel Moutoufis, a souhaité répondre point par point aux critiques formulées. Dans un communiqué, la FFBT défend son action, conteste les accusations portées à son encontre et rappelle que, selon elle, aucun club ne peut bénéficier d’un traitement particulier.

En réaction à l’interview accordée à So Chasse par Benjamin Tranchant, la Fédération Française de Ball-Trap a publié un long communiqué destiné à « rétablir les faits ». Son président, Jean-Michel Moutoufis, y revient sur la majorité des sujets évoqués par le dirigeant du Sologne Shooting Club et livre la position officielle de la Fédération. Premier rappel : la FFBT insiste sur le fait qu’elle agit pour l’ensemble de ses près de 500 clubs affiliés et de ses 31 000 licenciés, dont seulement 12 % pratiquent la compétition. Malgré cela, près de la moitié du budget fédéral est consacrée au développement du ball-trap sportif : organisation des compétitions nationales, équipes de France, soutien aux jeunes et aux dames, arbitrage ou encore formation. Pour la Fédération, cette politique démontre qu’elle accompagne déjà activement les clubs et les compétiteurs.

La Fédération défend son accompagnement des clubs

Benjamin Tranchant regrettait dans nos colonnes qu’une fédération devrait « soutenir et défendre ses clubs ». La FFBT répond qu’elle le fait déjà, notamment grâce à un fonds de défense juridique accessible à toutes les structures affiliées confrontées à des difficultés administratives ou judiciaires. Jean-Michel Moutoufis cite notamment deux clubs ayant récemment obtenu gain de cause dans des procédures de fermeture grâce à l’accompagnement fédéral. Il précise toutefois qu’encore faut-il que les clubs sollicitent cette aide.

« Personne n’est au-dessus des règles »

Le cœur de la réponse porte toutefois sur le respect de la réglementation fédérale. Le président de la FFBT estime que les critiques formulées par Benjamin Tranchant ne peuvent faire oublier une exigence essentielle : tous les clubs affiliés sont soumis aux mêmes obligations. Il rappelle notamment que le contrôle des tireurs occasionnels et la délivrance des Autorisations de Pratique Journalière (APJ) constituent des obligations réglementaires. Selon les chiffres avancés par la Fédération, un club comparable aurait délivré 3 038 APJ en 2025, contre seulement 32 pour deux des « Shooting Clubs », un écart que la Fédération juge suffisamment important pour s’interroger sur le respect de cette obligation. La FFBT évoque également la question de l’encadrement rémunéré. Sans remettre en cause les compétences des champions intervenant au sein des Shooting Clubs, elle rappelle que le Code du sport impose un diplôme ou une qualification reconnue pour exercer une activité d’enseignement rémunérée.

Une réponse sur les compétitions internationales

Benjamin Tranchant critiquait également certaines contraintes administratives imposées aux compétiteurs étrangers. La Fédération défend au contraire le dispositif des Autorisations Temporaires de Compétition, facturées 15 euros. Selon elle, cette mesure répond à plusieurs impératifs : contrôle réglementaire des tireurs, vérification au FINIADA, couverture d’assurance fédérale et intégration dans le logiciel de gestion des compétitions. Elle estime qu’il s’agit de la solution la plus simple et la plus favorable au développement des compétitions internationales organisées en France.

Le stand fédéral d’Ychoux n’a pas vocation à concurrencer les clubs

Autre sujet évoqué par Benjamin Tranchant : le développement du futur stand fédéral. Jean-Michel Moutoufis rappelle que ce projet a été présenté puis adopté démocratiquement en assemblée générale par les représentants des clubs. Selon lui, il ne s’agit pas d’un équipement destiné à concurrencer les structures existantes mais d’un outil national destiné à accueillir stages, formations et événements fédéraux. Il précise que le site a été repris pour 20 000 euros, qu’il fait actuellement l’objet de travaux de rénovation et qu’il constitue un investissement stratégique pour l’avenir du ball-trap français.

Le dossier du Championnat d’Europe

Concernant le Championnat d’Europe de Compak Sporting, Benjamin Tranchant affirmait que la compétition lui avait été retirée sans justification avant qu’une conciliation devant le CNOSF ne lui permette finalement de l’organiser. La Fédération apporte une lecture différente. Elle reconnaît avoir envisagé de retirer l’organisation de l’épreuve en raison de plusieurs « points de vigilance » et « manquements réglementaires » avant qu’une procédure de conciliation ne permette de maintenir l’événement dans un cadre défini. Elle souligne par ailleurs que personne ne remet en cause la qualité de l’organisation proposée par le Sologne Shooting Club, tout en rappelant que celle-ci ne dispense pas du respect permanent des règlements fédéraux.

Une gouvernance contestée

Benjamin Tranchant plaidait également pour donner davantage de poids aux licenciés dans la gouvernance de la Fédération. Jean-Michel Moutoufis répond que le fonctionnement actuel respecte les principes de la loi de 1901 et repose sur la représentation démocratique des clubs affiliés. Il rappelle également que Benjamin Tranchant a lui-même siégé par le passé au Comité directeur de la FFBT, tout en estimant que son implication n’avait pas été particulièrement marquante. À l’inverse, il met en avant l’engagement bénévole de plusieurs élus fédéraux présents depuis plus de vingt ans.

La Fédération appelle à apaiser les tensions

Dans la dernière partie de son communiqué, Jean-Michel Moutoufis regrette que le débat se soit déplacé sur le terrain des attaques personnelles et affirme que les différents contentieux engagés relèvent avant tout de considérations financières. Il réaffirme que la Fédération poursuivra sa mission au service de tous les clubs, sans privilège ni traitement particulier, tout en se disant disposée à poursuivre le dialogue avec les Shooting Clubs. Le président rappelle enfin que l’accord de conciliation signé en 2025 devant le CNOSF prévoyait plusieurs engagements qui, selon la Fédération, ne seraient toujours pas totalement respectés à ce jour.

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Baudouin est journaliste spécialisé dans le monde de la chasse depuis plus de quinze ans et rédacteur en chef de So Chasse. Titulaire d'une carte de presse, il a publié plus de 5 000 articles et réalisé plus de 1 500 reportages vidéo consacrés à la chasse, à la faune sauvage, aux chiens, aux armes, à la réglementation et aux territoires. Il a notamment interviewé plusieurs candidats à l’élection présidentielle en 2017 et 2022 sur leur vision de la chasse et de la ruralité. Ses reportages l’ont également conduit en Italie, en Espagne, en Écosse, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en Suède, en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Calédonie, au Bénin et au Mozambique. Chasseur depuis son plus jeune âge, il pratique aussi bien l’approche, l’affût, la battue que la chasse du petit gibier avec son springer. À travers So Chasse, il défend un journalisme de terrain fondé sur l’expérience, la vérification des faits et la rencontre avec les acteurs du monde cynégétique.

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