À Merri, dans l’Orne, le ball-trap organisé dimanche par l’association locale des chasseurs et propriétaires de chasse n’avait pas pour seul objectif de réunir les amateurs de tir autour d’une journée conviviale. Les bénéfices serviront notamment à financer des aménagements du territoire, parmi lesquels la plantation de haies. Des investissements particulièrement précieux pour la faune sauvage et, bien au-delà des seules espèces chassables, pour l’ensemble de la biodiversité.
Une manifestation organisé par une association de chasseurs
Tirer quelques plateaux pour contribuer demain à planter des haies. Voilà une manière plutôt concrète de joindre l’utile à l’agréable. Dimanche 16 août, l’Association des chasseurs et propriétaires de chasse de Merri, dans l’Orne, organisait son traditionnel ball-trap. Une manifestation qui a attiré une centaine de tireurs et rencontré un joli succès puisque les 4 000 plateaux d’argile prévus pour la journée ont tous été utilisés. Mais derrière le rendez-vous sportif et convivial se trouve également un objectif très concret pour le territoire.
Des bénéfices réinvestis sur le terrain
Comme l’explique à Actu.fr Guillaume Jouanneau, président de l’association, l’argent récolté doit permettre de financer différents aménagements, parmi lesquels des plantations de haies ainsi que des actions de gestion du gibier. « L’aménagement consiste aussi à gérer les milieux naturels et agricoles pour restaurer les habitats de la faune, favoriser la biodiversité et limiter les dégâts aux cultures », rappelle-t-il. Une démarche qui nécessite évidemment des moyens. Pour les réunir, les membres de l’association n’ont pas ménagé leurs efforts : tenue de la buvette, recherche de lots auprès des commerçants, organisation des différents postes de tir ou encore vente sur place. Autant de tâches assurées bénévolement pour permettre à la manifestation de fonctionner. La sécurité faisait également partie des priorités, avec un rappel largement visible des règles à respecter sur le terrain.
Une haie, bien davantage qu’une séparation entre deux champs
Parmi les projets qui pourront bénéficier des recettes du ball-trap, la plantation de haies mérite une attention particulière. Car dans nos campagnes, une haie ne constitue pas simplement une limite entre deux parcelles. L’Office français de la biodiversité rappelle que les haies et les paysages bocagers rendent de nombreux services à la fois écologiques et agricoles. Elles participent notamment à la préservation de la biodiversité, à la lutte contre l’érosion des sols, à la régulation de l’eau et à l’atténuation de certains effets du changement climatique. Pour la faune sauvage, leur intérêt est considérable. Une haie diversifiée offre des sites de reproduction, des zones de refuge et des ressources alimentaires à une multitude d’espèces. Oiseaux, petits mammifères, insectes ou encore auxiliaires des cultures peuvent y trouver les conditions nécessaires à une partie de leur cycle de vie. L’OFB souligne notamment que les haies accueillent de nombreux auxiliaires participant naturellement à la régulation de certains ravageurs agricoles.
Des corridors indispensables à la faune
Leur rôle ne s’arrête pas au gîte et au couvert. Lorsque les haies sont reliées entre elles, elles constituent de véritables continuités écologiques permettant aux animaux de circuler entre différents habitats. C’est précisément le principe de la trame verte : reconnecter des espaces naturels parfois fragmentés afin que les espèces puissent se déplacer, se nourrir, se reproduire ou trouver des zones de repos. Le ministère de la Transition écologique comme l’OFB placent ces corridors écologiques parmi les outils essentiels de préservation de la biodiversité. Pour de nombreuses espèces de nos plaines agricoles, conserver ou restaurer ce maillage constitue donc un véritable enjeu. Et ce sont précisément ces aménagements très concrets que les chasseurs contribuent régulièrement à financer et à réaliser sur leurs territoires.
Les chasseurs mettent aussi la main à la poche
Le ball-trap de Merri pourrait sembler, vu de loin, n’être qu’une manifestation estivale parmi tant d’autres. Il raconte pourtant quelque chose du fonctionnement de nombreuses sociétés de chasse rurales. Les bénévoles organisent un événement, sollicitent les commerçants locaux, consacrent du temps à son organisation puis réinvestissent une partie des sommes récoltées dans le territoire dont ils assurent la gestion. Dimanche, une centaine de tireurs sont ainsi venus casser 4 000 plateaux dans l’Orne. Demain, une partie des bénéfices permettra notamment de faire pousser des haies. Et celles-ci profiteront longtemps à bien davantage à la biodiversité locale qu’au seul intérêt des chasseurs.












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