Du beau monde et de sacrés tireurs : le ball-trap d’Arthur de Soultrait fait mouche

Ball-trap Le Grand Quartier Arthur de Soultrait

Le 28 août 2026 a eu lieu la première édition du Grand Quartier, une compétition de ball-trap, dans la Nièvre, organisée par Arthur de Soultrait. Il revient pour So Chasse sur la naissance de ce projet et sur le succès de cet premier rendez-vous.

LS : Arthur, avant de parler de cette première édition, comment est née l’idée d’organiser ce challenge de tir au Grand Quartier ?

AS : J’ai toujours eu une passion pour le tir et le ball-trap. Je me rappelle avoir commencé à tirer vers l’âge de 15 ans, chez mes grands-parents, dans la Nièvre, avec un lanceur manuel. J’ai par la suite installé des lanceurs sur la propriété pour nous amuser entre nous lors des années Vicomte Arthur. L’idée de créer cet événement est aussi venue de mon goût pour l’organisation de grands rendez-vous, notamment pour mes anniversaires. Ma femme et une grosse bande de copains me suivent toujours dans ces projets. Petit à petit, je me suis donc dit : pourquoi ne pas organiser quelque chose autour du tir ?

©JB-Delerue

L.S : Quel esprit vouliez-vous donner à cette journée ?

A.S : La convivialité. Tout le monde était de bonne humeur. Mais, à côté de cela, un véritable esprit de compétition entre les 90 tireurs présents. C’est ce qui fait la beauté du ball-trap.

Tout les participants, femmes et hommes, ont pris plaisir à participer au Grand Quartier. ©JB-Delerue

L.S : Était-ce justement l’idée de dépasser le simple cadre d’une compétition de tir ?

A.S : Oui, absolument. C’est pour cela que j’apprécie particulièrement le tir sportif. Tout le monde s’entend bien, mais nous sommes aussi là pour gagner ! Cet esprit de compétition est vraiment génial.

L.S : Vous avez choisi de réunir à la fois des chasseurs, des tireurs confirmés et même des membres de l’équipe de France. Pourquoi teniez-vous à ce mélange des publics et des niveaux ?

A.S : À la base, nous voulions simplement commencer par un galop d’essai, sans organiser un rassemblement trop important dès la première édition. Mais quand nous avons vu l’ampleur que cela prenait, avec notamment des tireurs de l’équipe de France qui s’inscrivaient et même le champion du monde Charles Bardou, nous avons été obligés de refuser une centaine de personnes, notamment pour des raisons de sécurité. Au final, il y avait environ 150 personnes présentes le jour J.

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L.S : Comment avez-vous imaginé le parcours et les différents plateaux ? Vous vouliez manifestement proposer quelque chose d’assez exigeant…

A.S : Il y avait au total sept parcours différents, avec deux catégories. Les « chasseurs » avaient 50 plateaux et les « tireurs », 100, puisqu’ils vont plus vite et sont forcément plus habitués à la compétition. Certains parcours, notamment ceux dans les bois qui étaient assez techniques, étaient d’ailleurs réservés aux tireurs. Et ce qui montrait aussi qu’on était vraiment dans une compétition sérieuse, c’est la présence des arbitres de la FFBT (Fédération Française de Ball-Trap, N.D.L.R) mais aussi ce grand écran avec les scores en direct. On pouvait suivre les résultats au fur et à mesure de la journée.

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L.S : Quelle place souhaitiez-vous justement laisser aux chasseurs qui pratiquent le tir avant tout dans le cadre de la chasse et qui n’ont pas forcément l’habitude des compétitions ?

A.S : Fin août, c’est une bonne date. Ça marque à la fois la fin des vacances et la fin de la saison de tir sportif, donc c’était une belle façon de la terminer, dans un cadre champêtre. Et puis, de l’autre côté, ce sont les premières dates d’ouverture de la chasse, donc certains sont venus aussi pour reprendre la main. Finalement, tout le monde y trouvait son compte ! Fin août, c’est aussi une période qui a une vraie tradition chez nous. Les familles originaires du Bourbonnais ont l’habitude de se retrouver dans leur région de cœur pendant les dix derniers jours d’août. Et il y a une anecdote assez incroyable : mon grand-père maternel organisait lui aussi un concours, mais lui dans les chevaux, un concours complet chez lui, à Chitry-les-Mines, toujours le dernier week-end d’août. Le concours est devenu, au fil des années, une véritable référence en France. Nous avons encore une affiche de l’époque. Je l’ai regardée récemment : elle est datée du 28 août 1982. Exactement la même date que notre concours, mais 44 ans plus tôt. Et le plus amusant, c’est que 1982, c’est aussi mon année de naissance. Je trouve ça assez fou de voir cette tradition se retrouver, presque par hasard, à la même date, une génération plus tard.

©JB-Delerue

L.S : La présence de Charles Bardou, champion du monde, mais aussi de plusieurs grands tireurs français a apporté une autre dimension à l’événement. Qu’est-ce que cela représentait pour vous de les avoir à vos côtés ?

A.S : Leur présence a apporté un vrai plus à cette journée. Évidemment, les tireurs les plus aguerris sont arrivés dans les premiers au classement, c’est pour cela que nous avons tiré au sort pour savoir qui allait remporter les lots. Le fait qu’ils étaient là a aussi prouvé que le cadre original a joué. J’ai vraiment voulu mettre en avant le ball-trap comme en Angleterre, dans des propriétés familiales, pas tout le temps dans des clubs.

Plusieurs lots ont été offerts aux vainqueurs de la compétition. ©JB-Delerue

L.S : Au-delà des résultats, qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans l’ambiance de cette première édition ?

A.S : C’est vraiment la bonne humeur, les éclats de rires, de tous les participants, je reçois encore des messages me remerciant et me disant à quel point ils ont adoré cette journée de tir. La réussite réside aussi dans le fait qu’environ un tiers des visiteurs étaient des non-chasseurs qui suivaient simplement l’évènement pour l’ambiance.

L.S : Organiser un tel événement demande forcément beaucoup de travail en amont. Combien de temps vous a-t-il fallu pour le préparer et quelles ont été les principales difficultés ?

A.S : En tout, deux mois. On a littéralement construit un club dans ce laps de temps, même si au départ, j’ai un peu idéalisé la chose en pensant qu’en 2 semaines ce serait jouable. Nous avons fini sur les rotules avec ma famille et les précieux amis co-organisateurs (Jean de Varine et Louis de Chaudenay) Je ne vous cache pas que la rentrée a été difficile !

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L.S : De nombreuses marques et maisons ont également répondu présentes. Était-il important pour vous d’associer des partenaires issus de l’univers de la chasse, du tir mais aussi de l’art de vivre ?

A.S : C’est vrai que toutes les marques, Beretta, Le Chameau, Jours de Chasse, Champgrand, Cap Chasse, Armurerie Élysée, Gastinne Renette, United Hunters, Ligerio, Les Chais de France, Veuve Clicquot, Laporte ou encore FOB nous ont très bien suivi. Notamment Beretta qui a quand même offert deux fusils dans les lots. C’était primordial de travailler main dans la main avec toutes ces marques.

Un barrage par les champions et les tireurs de l’équipe de France est venu clôturer cette belle journée. ©JB-Delerue

L.S : Avec le recul, cette première édition correspond-elle à ce que vous aviez imaginé lorsque vous avez lancé le projet ?

A.S : Absolument, déjà nous avons respecté le timing avec un début à 9 heures et une fin à 17 heures, malgré quelques petites pannes sur les lanceurs, mais la quinzaine de personnes présentes pour l’organisation a très bien géré. Aussi, la fluidité des arbitres de la FFBT était un gros point positif, même si pour moi, il y avait ce côté frustrant de ne pas pouvoir tirer. J’ai quand même pu réaliser le parcours « Le Chameau » où j’ai réalisé un joli 21/25.

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L.S : Après cette première réussite, peut-on déjà dire qu’il y aura une deuxième édition du challenge ? Et avez-vous l’ambition d’en faire un rendez-vous régulier ?

A.S : Il y aura d’autres éditions, c’est certain. Après avoir dormi quelques jours, j’ai déjà l’envie de réorganiser un rassemblement comme celui-ci, peut-être dans d’autres endroits, je ne sais pas encore, mais je veux surtout avoir plus de concepts originaux.

L.S : Enfin, si vous deviez résumer en quelques mots ce que vous voulez que les participants retiennent de cette journée, que leur diriez-vous ?

A.S : Le fait que toutes les générations soient présentes. Je suis un fervent défenseur du mélange générationnel, et là, le mélange était génial.

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Né en 2005, Liluan Sérazin est originaire de Loire-Atlantique, au cœur de la Brière. Fraîchement diplômé du Centre Nantais de Journalisme, il a collaboré avec des médias du groupe actu.fr et plus récemment avec Presse Océan. Chasseur passionné depuis tout petit, c’est le petit gibier à plume qui l’intéresse, notamment le gibier d’eau, le pigeon à l’affût et la bécasse, qu’il traque avec ses deux springers spaniels. Il va mettre ses connaissances cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur.

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