Seine-et-Marne : des sangliers mettent en péril une récolte de fraises

Sangliers dévastant une culture de fraises

À Chailly-en-Bière, en Seine-et-Marne, les exploitants de la Ferme Chaillotine ont découvert une parcelle de fraisiers largement ravagée par des sangliers. En une nuit, 500 plants auraient été détruits et près de 3 000 autres fragilisés, pour un manque à gagner potentiel estimé à 10 000 euros sur trois ans de production. Un épisode qui illustre une nouvelle fois ce que peut coûter une forte pression du sanglier sur des cultures devenues particulièrement attractives en période de sécheresse.

Une parcelle retournée en une nuit

Camille Allard et Laurentino Dos Santos, gérants de la Ferme Chaillotine, ont découvert d’importants dégâts dans une parcelle récemment plantée en fraisiers. Les traces relevées sur place ne laissent selon eux guère de doute : fouilles, bâches arrachées, sol retourné et plants détruits portent clairement la marque du sanglier. Les animaux ne seraient d’ailleurs pas venus spécialement pour consommer les fraisiers. Les exploitants expliquent que la parcelle, irriguée malgré la sécheresse, concentre à la fois humidité, eau disponible et nourriture présente dans le sol. Dans ce type de configuration, une terre fraîchement travaillée et régulièrement arrosée devient évidemment très attractive.

500 plants détruits, 3 000 en péril

Le bilan est lourd. Sur environ 6 000 plants mis en terre, 500 seraient déjà totalement détruits et près de 3 000 autres pourraient être compromis. À deux euros le plant, le coût immédiat reste déjà significatif. Mais c’est surtout la perte de production sur plusieurs campagnes qui inquiète les exploitants. La Ferme Chaillotine chiffre ainsi le manque à gagner potentiel à environ 10 000 euros sur trois ans. À cela s’ajoute une difficulté supplémentaire : à ce stade de la saison, il risque d’être compliqué de retrouver suffisamment de plants pour remplacer ceux qui ont été détruits. Une partie de la production de fraises de l’année prochaine pourrait donc déjà être impactée.

La sécheresse concentre la pression

Le témoignage des exploitants est intéressant sur un point : ils indiquent subir depuis longtemps une forte pression du sanglier dans le secteur, mais estiment que la sécheresse a encore aggravé le phénomène. Ce constat est parfaitement cohérent avec ce que l’on observe régulièrement en période sèche. Quand les points d’eau se raréfient et que les sols durcissent, les zones irriguées deviennent des aimants à grand gibier. Pour un sanglier, une parcelle agricole humide représente à la fois de l’eau, une terre facile à fouiller et une forte disponibilité alimentaire dans les couches superficielles. Dans ces conditions, une seule compagnie peut provoquer des dégâts considérables en quelques heures.

Les exploitants renforcent les clôtures

Face à la situation, les responsables de l’exploitation ont investi dans un nouveau système de clôture électrique. Ils vont également engager les démarches habituelles auprès de la FDC77 pour faire constater les dégâts. Mais le vrai enjeu reste évidemment d’éviter que les animaux ne reviennent. Car une culture irriguée en pleine période sèche peut rapidement devenir un point fixe pour les sangliers du secteur, surtout si ceux-ci y trouvent régulièrement des conditions favorables.

Encore une illustration du problème sanglier

Ce nouvel épisode en Seine-et-Marne ne révèle rien que les chasseurs ignorent. Le sanglier sait parfaitement exploiter les zones refuges, les secteurs peu dérangés et les ressources faciles. Une parcelle irriguée au milieu d’un environnement desséché devient exactement le type d’endroit qu’une compagnie peut visiter nuit après nuit. Et lorsque la pression est forte, les dégâts peuvent être extrêmement rapides. Quelques heures auront suffi ici pour détruire plusieurs centaines de plants et mettre potentiellement en péril plusieurs milliers d’autres. Pour les chasseurs, le constat est connu depuis longtemps : lorsqu’une population de sangliers trouve à la fois nourriture, eau et tranquillité, la facture agricole ne tarde généralement pas à suivre

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis bientôt vingt-cinq ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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