Nos lecteurs connaissent déjà Ronan, ce passionné de chasse aux chiens courants des Côtes-d’Armor dont nous avons présenté à plusieurs reprises les vidéos spectaculaires. Avec son père Franck, son jeune frère Maël et leurs infatigables beagles, il anime la chaîne YouTube roro chasse 22, qui approche les 24 000 abonnés. Mais cette fois, c’est une histoire exceptionnelle qu’il nous raconte : celle du prélèvement d’un énorme sanglier de 163 kg, au terme d’une traque particulièrement intense en Ille-et-Vilaine. Nous l’avons longuement interrogé pour So Chasse.
Un énorme roncier qui réservait bien des surprises
C’est sur le territoire de l’association communale de chasse de La Boussac, en Ille-et-Vilaine, il y a quelques jours, que s’est déroulée cette journée qui restera longtemps gravée dans les mémoires. Une vingtaine de chasseurs postés étaient présents, tandis que Ronan conduisait, avec l’aide de son père Franck, une vingtaine de beagles issus de leurs deux meutes. Habituellement, Maël, le jeune frère de Ronan, accompagne lui aussi son père et son aîné dans leurs aventures cynégétiques. Mais ce jour-là, il était absent. Et c’est précisément pour cette raison qu’aucune vidéo n’a été réalisée de cette chasse pourtant exceptionnelle, contrairement aux habitudes de l’équipage familial (L’équipage du Maquis d’Armorique). La matinée avait commencé bien calmement. Une première traque ne donne rien, pas davantage qu’une seconde organisée dans une grande parcelle de maïs. Mais les chasseurs ne baissent pas les bras et décident, peu avant midi, de tenter un dernier secteur. Bien leur en prend ! Les sangliers sont là, remisés dans un énorme roncier, de ceux qui font le bonheur des suidés et donnent parfois bien du fil à retordre aux traqueurs et à leurs chiens. Les beagles sont mis à l’attaque et, rapidement, la musique commence ! Un premier sanglier est lancé et prélevé, un animal d’environ 40 à 50 kg. Ronan retourne dans les ronces, relance les chiens et un deuxième sanglier de poids comparable connaît le même sort. Puis un troisième animal est débusqué, mais celui-ci parvient à passer par maille et à échapper aux postés. À cet instant, personne ne se doute encore de ce que recèle ce véritable mur de végétation.
Quatre jeunes chiennes face à un monstre de 163 kg !
Après ces premières actions, Ronan décide de faire une petite pause et demande à son père Franck de lui amener ses quatre plus jeunes chiennes. Jusqu’alors, celles-ci avaient uniquement participé à des entraînements et n’avaient encore jamais connu l’ambiance d’une véritable battue. L’occasion est trop belle de leur faire découvrir la chasse en compagnie de leurs aînés ! Tout ce petit monde repart donc à l’attaque du fameux roncier. Les beagles donnent rapidement de la voix et Soldat, l’un des chiens de Ronan, se cale au ferme. Toute la meute le rejoint et, après quelques instants de confrontation, c’est le lancé ! S’ensuit une menée particulièrement criante, comme seuls les chiens courants savent nous en offrir. Le sanglier effectue une grande boucle dans les broussailles avant de traverser la traque, de sortir du bois et de gagner un vaste champ. Malgré son gabarit hors norme, l’animal n’a montré aucune agressivité particulière envers les chiens. Ronan nous confie même qu’il s’est laissé chasser comme un sanglier beaucoup plus modeste. Mais à l’autre bout du dispositif, un chasseur posté vient d’apercevoir ce véritable colosse.
Jean-Paul, 67 ans, et une Brenneke de calibre 12
Ce chasseur, c’est Jean-Paul, 67 ans, un habitué de cette sympathique équipe de La Boussac. Il voit arriver l’énorme sanglier qui se présente à une vingtaine de mètres de son poste. Le chasseur épaule son fusil de calibre 12/70 et lâche une unique balle Brenneke. Le projectile atteint sérieusement l’animal, sans toutefois provoquer sa mort immédiate. Et derrière cette balle se cache une jolie anecdote ! En fin de saison précédente, un ami avait offert à Jean-Paul deux Brenneke en lui suggérant de les essayer à l’occasion. Depuis, le chasseur n’avait jamais eu l’opportunité de les utiliser. Il aura donc fallu attendre cette rencontre exceptionnelle pour qu’il tire la première des deux ! Pendant ce temps, Franck, qui assure notamment la sécurité aux abords de la route, prend soin d’arrêter les chiens pour éviter qu’ils ne soient blessés par le sanglier atteint. Un autre chasseur posté intervient alors avec un épieu, récupéré dans le véhicule de Franck, afin d’achever l’animal en évitant tout risque supplémentaire pour les chiens. Le sanglier est enfin immobilisé. Et quel sanglier !

« Il est énorme ! » : 163 kg sur la balance
Lorsque Franck aperçoit le colosse, il prévient immédiatement son fils par talkie-walkie. Il estime son poids entre 150 et 160 kg. Mais Ronan n’y croit absolument pas ! Il pense que son père exagère largement les dimensions de l’animal. Jusqu’au moment où il arrive à son tour devant la dépouille. Là, c’est la stupéfaction. Devant ses beagles se trouve un sanglier absolument gigantesque, dont le poids sera finalement établi à 163 kg 600 ! Il faudra d’ailleurs quatre à cinq hommes pour charger la bête dans un véhicule, avant de pouvoir la peser à l’aide d’un équipement de levage de type Manitou. L’animal, dont les grès et les défenses portaient les marques de l’âge, était estimé à au moins cinq ou six ans. Et ce vieux solitaire n’était pas un inconnu dans le secteur. Sa présence était signalée depuis longtemps sur plusieurs territoires de chasse environnants, où il avait déjà échappé à plusieurs tentatives de prélèvement. Cette fois, son incroyable parcours s’est achevé devant les beagles de Ronan et le fusil de Jean-Paul.

Une émotion immense et une formidable camaraderie
Mais réduire cette journée au seul poids de ce sanglier serait passer à côté de ce qui fait aussi toute la beauté de la chasse : l’amitié et les moments de bonheur partagés. Ronan fréquente depuis de nombreuses années cette association de La Boussac, où règne une ambiance particulièrement chaleureuse. Ici, les chasseurs se connaissent bien, s’apprécient et prennent avant tout plaisir à se retrouver autour de leur passion commune. Et lorsque Jean-Paul a réalisé ce qu’il venait de prélever, l’émotion a été immense. Une émotion encore renforcée par les félicitations enthousiastes de tous ses camarades, qui lui ont réservé un véritable accueil de héros. À 67 ans, Jean-Paul venait de vivre l’un de ces moments qu’un chasseur n’oublie jamais. Ronan nous confiait d’ailleurs que, plusieurs jours après les faits, l’heureux tireur était toujours profondément ému, autant par son prélèvement que par les marques d’amitié de ses compagnons de chasse. Quant à Ronan, il avait une autre raison de se réjouir : ses quatre jeunes chiennes avaient participé avec enthousiasme à cette chasse hors du commun. Pour une première véritable sortie, difficile de rêver mieux !
Roro Chasse 22 : une passion familiale depuis l’enfance
Cette histoire exceptionnelle nous a aussi donné l’occasion d’en apprendre davantage sur Ronan, dont nous suivons les aventures cynégétiques depuis plusieurs années. Sa passion pour la chasse, il la doit d’abord à son père Franck, qu’il accompagne dès l’âge de neuf ans. Les premières sorties se déroulent au petit gibier, mais très vite, le jeune garçon découvre la chasse aux chiens courants, son père étant alors piqueux dans différents équipages. Et c’est une véritable révélation ! À seize ans, son permis de chasser en poche, il se lance avec Franck dans la constitution de leur propre meute de beagles. Une passion désormais partagée avec Maël, le jeune frère de Ronan, qui accompagne régulièrement les deux hommes à la traque. Le choix du beagle ne doit d’ailleurs rien au hasard. En Bretagne, où les territoires sont souvent morcelés par de nombreux axes routiers, Ronan considère que ces chiens de taille modeste sont plus faciles à maîtriser et à récupérer que certaines races de grands chiens courants. Mais ce qu’il apprécie surtout chez le beagle, c’est son incroyable tempérament de chasseur. Un chien très criant, courageux, endurant, infatigable malgré son gabarit et capable de faire preuve d’une remarquable obéissance. Car chez Ronan, la conduite de la meute ne laisse rien au hasard. Les chiens doivent être passionnés de chasse, mais aussi parfaitement aux ordres. Et ceux qui regardent régulièrement ses vidéos savent à quel point cette complicité entre les membres de l’équipage et leurs compagnons à quatre pattes est impressionnante.
Près de 24 000 abonnés pour vivre la chasse au cœur de la traque
C’est précisément cette passion qui a poussé Ronan à créer sa chaîne YouTube roro Chasse 22, il y a maintenant une dizaine d’années. À l’époque, les vidéos de chasse diffusées sur Internet montraient principalement les actions vécues par les chasseurs postés, notamment les tirs de sangliers. Ronan, lui, voulait montrer autre chose : ce qui se passe au cœur de la traque, là où les chiens travaillent, rapprochent, mettent au ferme et lancent les animaux. Avec sa caméra embarquée, il nous plonge au milieu de l’action, au plus près des chiens, des ronciers et des menées endiablées. Et sans avoir besoin d’ajouter une bande-son artificielle : la musique de ses beagles suffit largement à faire monter l’adrénaline ! Le succès ne s’est pas fait attendre et sa chaîne rassemble aujourd’hui près de 24 000 abonnés. Ronan continue pourtant de réaliser ses vidéos à sa manière, sans grosse équipe de tournage ni moyens démesurés, en conciliant cette passion avec sa vie familiale. Sa plus belle récompense ? Recevoir les réactions enthousiastes de jeunes enfants comme de chasseurs âgés, qui lui expliquent avoir eu l’impression de participer eux-mêmes à ses traques. C’est exactement ce qu’il souhaite transmettre : le travail du chien courant, l’intensité des fermes, la beauté des menées et toute l’émotion de ces instants que seuls les passionnés de chasse aux chiens courants connaissent vraiment. Et avec ce sanglier de 163 kg, Ronan, Franck et leurs merveilleux beagles viennent encore de nous offrir une histoire qui méritait amplement d’être racontée. Même si Maël n’était pas présent pour immortaliser cette journée en vidéo, nul doute qu’elle restera longtemps dans les souvenirs de toute la famille. Pour retrouver Ronan, Franck et Maël et vivre leurs prochaines aventures au cœur de la traque, rendez-vous sur la chaîne YouTube roro Chasse 22. Amateurs de belles menées et de chiens courants, vous ne serez pas déçus !












Laisser un commentaire