En Sologne, un président de club de football veut faire venir les chasseurs au stade

Entrepreneur, chasseur et passionné de football, Alexandre Raton a repris les rênes du Sologne Foot Romorantin 41 avec une ambition qui dépasse largement les résultats sportifs. Attaché depuis toujours à la Sologne, il veut faire du club un lieu de rassemblement pour les habitants, les entreprises, les associations et tous ceux qui ont un lien avec ce territoire. Avec plus de 600 licenciés, le club entend reconstruire sa formation, retrouver une place de premier plan dans la région et faire du football un trait d’union entre les différentes facettes de la Sologne.

Un retour aux sources pour Alexandre Raton

Alexandre Raton n’avait pas nécessairement prévu de reprendre un club de football en Sologne. Né à Orléans, il a toujours entretenu un lien étroit avec cette région, où il a également découvert la chasse et construit une partie de son réseau amical. Son parcours dans le football l’a conduit à travailler avec plusieurs clubs, notamment à Cannes et à Dunkerque, avant que l’occasion de revenir sur ses terres ne se présente. Ce sont finalement des connaissances communes qui l’ont sollicité pour s’intéresser au club de Romorantin, alors en National 2. « Je n’ai pas vraiment choisi Romorantin. Ce sont plutôt des gens de Romorantin, par l’intermédiaire d’amis communs, qui sont venus me solliciter », explique-t-il. Il y voit rapidement l’occasion de retrouver une région où il possède une maison, des attaches et des repères anciens. « La vie m’avait fait partir, et finalement elle me ramène là où j’avais toujours eu mes attaches. » Pour lui, cette reprise n’est donc pas seulement une aventure sportive ou entrepreneuriale : elle s’inscrit dans une volonté de s’investir durablement dans un territoire qu’il connaît et auquel il est profondément attaché.

Reconstruire un club autour de la formation

À son arrivée, Alexandre Raton identifie rapidement un chantier prioritaire : la formation des jeunes. Il estime que celle-ci n’était plus au niveau attendu et souhaite remettre les équipes dans une dynamique ambitieuse, avec un objectif régional, voire national pour les U17 et les U19, tout en faisant progresser l’équipe réserve. La fusion entre le Sologne Olympique Romorantin et Foot Sud 41 constitue une première étape importante. Malgré les difficultés et les réticences, le rapprochement a permis de réunir les forces des deux structures pour construire un projet plus solide. L’équipe première doit rester compétitive, mais le dirigeant refuse d’en faire l’unique priorité. Il veut surtout retrouver un club capable de former ses propres joueurs et de compter durablement dans le football régional. « L’ambition, elle est assez simple : travailler dans l’humilité, mais avec de vraies ambitions », résume-t-il. Avec plus de 600 licenciés, des salariés, des équipes et des partenaires, le Sologne Foot Romorantin 41 représente désormais une structure importante, dont l’organisation doit être à la hauteur des objectifs affichés.

Gérer un club comme une entreprise, sans perdre son âme associative

Entrepreneur de métier, Alexandre Raton retrouve dans la gestion d’un club de football de nombreuses problématiques qu’il connaît déjà : finances, ressources humaines, recrutement, achats, organisation, relations bancaires ou encore questions juridiques. Mais il sait aussi qu’un club ne fonctionne pas tout à fait comme une entreprise. Une partie de ceux qui le font vivre sont des bénévoles, présents par attachement à leur équipe et par envie de s’investir. Les décisions doivent donc davantage se construire dans l’échange et la concertation. Pour le dirigeant, il faut apporter de la rigueur et une véritable culture de gestion tout en respectant cet engagement associatif. « En fait, je dirais qu’il faut gérer le club comme une entreprise, mais avec l’âme d’une association. » Cette approche doit permettre au SFR41 de se développer sans devenir dépendant d’un seul financeur. Alexandre Raton souhaite un club capable de construire ses propres ressources, de se renouveler et de regarder vers l’avenir plutôt que de vivre uniquement sur ses souvenirs.

Football et chasse, deux passions ancrées dans le territoire

À première vue, le football et la chasse appartiennent à des univers bien distincts. Pour Alexandre Raton, pourtant, les points communs sont nombreux : le collectif, la préparation, la transmission, la convivialité et l’incertitude. Dans les deux cas, il faut s’organiser, connaître son environnement et compter sur les autres, sans jamais pouvoir prévoir exactement ce qui va se passer. Une chasse se prépare, mais le déroulement de la journée reste incertain ; une équipe de football peut travailler toute la semaine sans maîtriser l’issue du match. Au-delà de cette part d’imprévu, les deux activités reposent aussi sur un sentiment d’appartenance. On défend les couleurs d’un club comme on s’attache à un territoire de chasse, et les passions se transmettent souvent de génération en génération. « Derrière tout ça, il y a quelque chose de très important : le sentiment d’appartenance. Être fier de son club, être fier de son territoire, être fier de faire partie d’une communauté », souligne-t-il. Pour lui, il n’y a donc aucune contradiction à être entrepreneur, chasseur et dirigeant sportif : ces différentes facettes peuvent se nourrir les unes les autres.

La Sologne ne se résume pas à la chasse et aux grandes propriétés

C’est l’une des convictions centrales d’Alexandre Raton : la Sologne ne doit pas être réduite à son image de territoire de chasse, de châteaux et de grandes propriétés. Elle est aussi faite de familles installées depuis plusieurs générations, d’agriculteurs, de salariés, d’industriels, de commerçants, d’associations et d’entrepreneurs qui font vivre l’économie locale. Certains y résident toute l’année, d’autres y reviennent le week-end, mais tous peuvent entretenir un lien avec cette région. « La Sologne n’est pas un territoire isolé. C’est un territoire qui vit, qui travaille, qui entreprend et qui attire », insiste-t-il. Il souhaite que le SFR41 reflète cette diversité et devienne un point de rencontre pour tous ceux qui ont une histoire avec la région. Le stade offre, à ses yeux, un cadre particulièrement adapté : pendant un match, des personnes aux parcours et aux moyens différents se retrouvent côte à côte pour soutenir la même équipe. « Plutôt que de regarder ce qui nous sépare, je préfère regarder ce qui peut nous rassembler. » Le football devient ainsi un outil pour créer du lien, au-delà des différences sociales, professionnelles ou culturelles.

Faire venir le monde de la chasse au stade

Alexandre Raton ne cherche pas à transformer le monde de la chasse en simple réservoir de sponsors. Son premier souhait est beaucoup plus direct : que les chasseurs, les propriétaires, les entreprises de la filière et leurs proches viennent découvrir le club. Après une journée passée en forêt, il imagine volontiers un rendez-vous au stade pour regarder un match, boire un verre et partager un moment convivial. Des partenariats avec des restaurateurs, des acteurs du tourisme, des châteaux ou des entreprises liées au gibier et à la chasse pourraient également voir le jour. Il évoque notamment la possibilité de proposer du gibier dans les espaces de restauration du club ou d’imaginer des opérations communes avec des événements comme le Game Fair. Mais ces initiatives doivent venir dans un second temps, après la création d’un véritable lien avec le public local. « Je ne suis pas là pour dire aux chasseurs, aux propriétaires ou aux entreprises de la filière : “Venez financer le club”. Ce que j’aimerais, c’est beaucoup plus simple : qu’ils viennent au stade. » Le dirigeant veut donc d’abord donner envie aux Solognots de suivre le projet, de venir aux matchs et de s’y reconnaître. Le sponsoring et le mécénat pourront ensuite accompagner le développement du club, notamment celui de la formation des jeunes, sans devenir une condition de son existence.

Un club ouvert à tous ceux qui aiment la Sologne

Le message d’Alexandre Raton s’adresse finalement bien au-delà des seuls chasseurs. Il veut un club ouvert aux habitants, aux entreprises, aux familles, aux supporters historiques et à tous ceux qui découvrent la région. Le SOR a longtemps été un club phare du Centre-Val de Loire ; l’objectif est désormais de retrouver cette place en s’appuyant sur la fusion et sur la force du collectif. Le dirigeant met également en avant la qualité du championnat, les derbys, la présence d’équipes réserves de clubs professionnels et l’envie de bien accueillir le public. Il invite chacun à venir avec ses enfants, à découvrir l’équipe et à participer à cette nouvelle étape. « Je suis très fier de défendre les couleurs et les valeurs de mon territoire, la Sologne, et j’ai envie que le club soit à l’image de ce territoire : ouvert, convivial et rassembleur. » Pour Alexandre Raton, l’enjeu n’est donc pas seulement de faire progresser une équipe ou de retrouver un niveau sportif. Il s’agit de bâtir une structure durable, qui fédère les énergies locales et donne une visibilité positive à la région. Sa conclusion résume cette ambition : « SFR41, ce n’est pas seulement une équipe de football. C’est un projet de territoire. Et ce projet, il est à tous ceux qui aiment la Sologne. »

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Né en 2005, Liluan Sérazin est originaire de Loire-Atlantique, au cœur de la Brière. Fraîchement diplômé du Centre Nantais de Journalisme, il a collaboré avec des médias du groupe actu.fr et plus récemment avec Presse Océan. Chasseur passionné depuis tout petit, c’est le petit gibier à plume qui l’intéresse, notamment le gibier d’eau, le pigeon à l’affût et la bécasse, qu’il traque avec ses deux springers spaniels. Il va mettre ses connaissances cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur.

Une réponse à « En Sologne, un président de club de football veut faire venir les chasseurs au stade »

  1. jacquet

    Cela ne m’étonne guère de la part d’Alexandre, entrepreneur dans l’âme et toujours cette volonté de rapprocher les hommes et les femmes qui se croisent sans se rencontrer.
    De toute façon, c’est une excellente initiative et qui sait un jour une rencontre avec le PSG !!!!!!!!!
    Un non passionné de foot , mais qui encourage ce genre de démarche.
    Bravo Alex….

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