Beretta AX800 Suprema : So Chasse teste ce nouveau semi-auto

Le Beretta AX800 Suprema représente une nouvelle évolution du fusil semi-automatique de chasse, avec un système à emprunt de gaz modernisé, une crosse entièrement adaptable et un canon issu des technologies de compétition. Jean-François Jacquet, armurier expert de So Chasse, a pu essayer ce nouveau calibre 12 Super Magnum dans le sud-est de la France. Présentation d’une arme particulièrement ambitieuse.

Un semi-automatique taillé pour le gibier d’eau

Avec son AX800 Suprema, Beretta s’adresse prioritairement aux chasseurs de gibier d’eau qui recherchent un fusil capable d’affronter des conditions difficiles, tout en conservant un grand confort de tir. Chambré en calibre 12/89, ce semi-automatique accepte les cartouches Super Magnum, mais peut également fonctionner avec des charges beaucoup plus légères. Une polyvalence particulièrement intéressante pour les chasseurs qui souhaitent utiliser leur arme dans différentes situations. L’exemplaire présenté et essayé par Jean-François Jacquet arbore une finition camouflage, parfaitement adaptée aux environnements naturels dans lesquels évoluent les chasseurs de canards et d’autres oiseaux d’eau. Le fabricant italien propose notamment trois habillages camouflage : Camo MAX-7, Optifade Timber et Optifade Marsh. Ces finitions permettent de privilégier différents types de végétation, depuis les roselières jusqu’aux milieux boisés. Mais c’est surtout sous sa carcasse moderne que le Suprema dévoile ses innovations les plus intéressantes.

Un système d’emprunt de gaz particulièrement évolué

Le Beretta AX800 Suprema fonctionne par emprunt de gaz, avec le nouveau mécanisme B-Link Pro associé à une culasse à tête rotative. Cette technologie lui permet d’utiliser des cartouches de charges très différentes sans intervention sur un réglage extérieur. Lors de sa présentation, Jean-François Jacquet souligne la possibilité de passer de munitions de 28 grammes aux lourdes charges de 63 grammes, tout en conservant un fonctionnement automatique. Le dispositif utilise un piston et une régulation des gaz destinés à assurer le cycle de réarmement malgré les différences importantes de pression et de charge entre les munitions. Selon Beretta, le B-Link Pro offre une vitesse de réarmement supérieure de 36 % à celle des systèmes concurrents pris comme référence par le fabricant. La nouvelle conception des prises de gaz et le traitement de surface du piston permettraient également de réduire de 46 % les dépôts d’encrassement par rapport aux générations précédentes de semi-automatiques Beretta. De quoi espacer certaines opérations de nettoyage, sans naturellement dispenser le propriétaire d’un entretien régulier de son arme.

Une crosse réglable dans les moindres détails

C’est l’un des aspects sur lesquels Jean-François insiste particulièrement dans sa présentation : Beretta a poussé très loin les possibilités de mise à conformité du fusil. Un système de cales interchangeables permet de modifier la pente et l’avantage de la crosse afin d’adapter l’arme à la morphologie et à la prise de visée du chasseur. La longueur de crosse peut également être ajustée grâce à différentes épaisseurs de plaques et à l’utilisation d’intercalaires. Mais Beretta ne s’est pas arrêté là. Le busc est interchangeable afin de modifier la hauteur d’appui de la joue, tandis que la poignée pistolet peut être remplacée par un modèle présentant une courbure différente. Cette modularité permet d’obtenir une arme réellement adaptée à son utilisateur, plutôt que de lui imposer les dimensions d’une crosse standard. Le devant bénéficie également d’une forme étudiée pour faciliter la prise en main, y compris avec des gants ou dans des conditions humides.

Jusqu’à 70 % de recul ressenti en moins

Autre élément essentiel sur un fusil capable de tirer des cartouches de 89 mm : la maîtrise du recul. Le Suprema reçoit le dispositif Kick-Off Pro, directement intégré à sa crosse. Ce système repose sur des amortisseurs hydrauliques destinés à absorber une partie de l’énergie ressentie au départ du coup, mais également à limiter les effets du mouvement de la culasse pendant le réarmement. Beretta annonce une réduction du recul ressenti pouvant atteindre 70 %, notamment avec certaines charges lourdes. Il s’agit naturellement d’une valeur maximale communiquée par le fabricant, qui peut varier selon les munitions utilisées et les conditions de tir. Sur le terrain, cette technologie présente un intérêt évident pour les chasseurs qui enchaînent les tirs, particulièrement au gibier d’eau avec des cartouches puissantes. Elle contribue également à limiter le relèvement du canon et à faciliter la reprise de visée entre deux coups.

Un canon Steelium Pro hérité de la compétition

Le canon constitue une autre grande particularité du Beretta AX800 Suprema. Le fabricant a choisi d’employer sa technologie Steelium Pro, développée initialement pour le célèbre fusil de compétition DT11. Le principe repose notamment sur un cône de raccordement particulièrement progressif, dont la longueur atteint 450 mm sur le Suprema. Cette géométrie vise à accompagner plus progressivement le passage de la charge de plomb ou de billes d’acier de la chambre vers l’âme du canon. Beretta met en avant plusieurs bénéfices : une diminution des contraintes exercées sur la charge de grenaille, une meilleure homogénéité des gerbes et une réduction des sensations de recul. Jean-François souligne d’ailleurs la qualité des groupements obtenus avec cette configuration. La fabrication du canon repose sur un acier tri-allié spécifique, associé à un processus de forage profond et de martelage à froid. L’arme reçoit également des chokes interchangeables externes OptimaChoke HP. Notre expert apprécie leur facilité de manipulation, précisant qu’avec une lubrification adaptée, ils peuvent être remplacés à la main. La bande ventilée surélevée complète cet ensemble et favorise une prise de visée naturelle.

Une carcasse en technopolymère renforcé

Le choix des matériaux constitue une évolution importante par rapport aux semi-automatiques traditionnels. Sur le Suprema, Beretta a adopté une carcasse réalisée en technopolymère renforcé de fibres de verre. Ce matériau présente plusieurs avantages, notamment sa résistance à l’humidité, à la corrosion et aux conditions climatiques difficiles. Notre ami Jean-François rappelle que les polymères techniques de haute résistance sont employés depuis longtemps dans la fabrication d’armes de poing et d’autres armes modernes. Cette conception permet également de travailler les formes de la carcasse et d’améliorer son ergonomie. Autre particularité, les commandes ont été volontairement surdimensionnées. L’arrêtoir de culasse se manipule facilement, tandis que le large pontet permet d’accéder à la détente même avec des gants épais. Le fusil reçoit également une sûreté transversale qui, comme l’explique notre armurier, intervient sur le mécanisme de départ. L’élévateur reste en position haute lorsque la culasse est fermée, ce qui facilite l’introduction des cartouches dans le magasin sans manipulation supplémentaire.

Un démontage simplifié et des optiques possibles

Beretta a également travaillé sur la facilité d’entretien de son nouveau semi-automatique. Jean-François Jacquet présente notamment le bouchon de magasin B-Lok, qui permet de libérer le devant et de procéder au démontage de l’arme par une simple rotation. Le fabricant précise que le verrouillage et le déverrouillage s’effectuent sur seulement 60 degrés, ce qui évite les longues manipulations habituelles des bouchons filetés. Un avantage appréciable lorsque l’on doit nettoyer régulièrement un fusil exposé à l’humidité, aux projections d’eau et à la boue. Le Suprema possède par ailleurs une interface sur sa carcasse permettant de recevoir tout type d’optique de la lunette de hutte au point rouge. La bande ventilée comporte également des emplacements destinés à la fixation d’accessoires compatibles. Cette possibilité élargit les utilisations envisageables du fusil, même si sa vocation première reste la chasse du gibier d’eau. Un fusil haut de gamme à 2 950 euros. Avec son AX800 Suprema, Beretta entend proposer un semi-automatique réunissant plusieurs de ses technologies les plus abouties. Chambrage Super Magnum de 89 mm, emprunt de gaz B-Link Pro, réduction du recul Kick-Off Pro, canon Steelium Pro, carcasse en technopolymère et crosse largement personnalisable : le fabricant italien n’a manifestement pas cherché à concevoir un modèle d’entrée de gamme.

Les longueurs de canon annoncées comprennent 66, 71 et 76 cm, selon les versions et les marchés, pour un poids voisin de 3,5 kg. Un tarif de 2980 euros qui positionne ce nouveau semi-automatique parmi les fusils de chasse haut de gamme, mais qui s’accompagne d’un équipement technique particulièrement complet. Le gibier d’eau constitue incontestablement son terrain de prédilection, notamment grâce à sa résistance aux intempéries, à son chambrage de 89 mm et à son aptitude à utiliser des munitions puissantes. Toutefois, sa polyvalence en matière de chargements et ses nombreuses possibilités d’adaptation peuvent également intéresser les chasseurs recherchant un semi-automatique moderne pour d’autres pratiques. Avec l’AX800 Suprema, Beretta démontre une nouvelle fois que le fusil de chasse semi-automatique continue d’évoluer, en faisant bénéficier les chasseurs des technologies les plus récentes en matière de mécanique, de balistique et de confort.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis bientôt vingt-cinq ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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