Dans le Cantal, un événement tragique vient d’être confirmé : pour la première fois dans le département, trois chiens de chasse ont été euthanasiés après avoir contracté la maladie d’Aujeszky. Ces cas, touchant tous un chasseur de Talizat, relancent la vigilance parmi les chasseurs, et rappellent qu’un danger réel, invisible et mortel, plane toujours quand on chasse le sanglier au chien courant.
Qu’est-ce que la maladie d’Aujeszky ?
La maladie d’Aujeszky,aussi surnommée “pseudo-rage” ou “maladie du sanglier”, est une infection virale provoquée par un Herpèsvirus porcin (Suid Herpesvirus 1). Elle touche en priorité les suidés (porcs domestiques ou sangliers), qui peuvent en être porteurs sans signes visibles, et servir de réservoir. Le virus peut se transmettre accidentellement à d’autres animaux, notamment les chiens, via morsure, contact direct, ingestion de viande ou d’abats contaminés, ou contact avec des surfaces/objets souillés.
Chez les chiens, la maladie évolue très vite. Elle débute généralement 2 à 6 jours après contamination. Les premiers signes : abattement, comportements inhabituels, démangeaisons intenses, salivation excessive, puis troubles neurologiques (convulsions, tremblements, paralysie), troubles respiratoires, parfois des troubles digestifs. L’issue est quasi invariablement fatale : aucun traitement spécifique n’existe, et les chiens touchés sont quasi systématiquement euthanasiés pour abréger leurs souffrances. La maladie ne se transmet ni de chien à chien ni à l’homme.
Trois chiens touchés dans le Cantal : une alerte grave
Selon l’Association française pour l’avenir de la chasse aux chiens courants du Cantal (AFACCC 15), c’est la première fois que la maladie est identifiée chez des chiens dans le département. Les trois animaux d’un même propriétaire ont été euthanasiés suite au diagnostic, la souffrance ayant été jugée insupportable. Le cas est jugé d’autant plus grave que le virus, invisible, peut circuler dans la population de sangliers sauvages, ce qui signifie que le danger n’est pas écarté, et que d’autres chiens courent potentiellement un risque.
Pourquoi ce risque persiste-t-il malgré l’éradication dans les élevages porcins?
En France, la maladie d’Aujeszky a été éradiquée des élevages porcins domestiques grâce à des mesures strictes de biosécurité et à la vaccination systématique il y a plusieurs décennies. Mais le virus circule encore chez les sangliers sauvages, population croissante, et représente un réservoir latent. Or, le contact entre chiens de chasse et sangliers: morsure, contact avec des carcasses, ingestion accidentelle de viande ou d’abats , reste fréquent. À chaque sortie, le risque existe tant que le virus circule.
Recommandations : limiter l’exposition, protéger les meutes
À défaut de vaccin fiable et efficace pour les chiens, prévention et vigilance restent les seules armes. Voici ce que recommandent les professionnels et fédérations de chasseurs :
- Ne jamais donner de viande ou d’abats crus (porc ou sanglier) à un chien, ni de restes non contrôlés : le virus résiste mal à la cuisson, mais survit dans la viande crue ou insuffisamment cuite, voire dans la congélation.
- Empêcher tout contact direct entre chien et sanglier vivant ou mort, surtout morsure, lutte ou manipulation des viscères d’un animal tué.
- Désinfection rigoureuse du matériel de chasse, plaies, mains ou tout ce qui a touché l’animal ou sa viande : le virus persiste plusieurs jours sur des surfaces contaminées.
- Surveillance et vigilance accrues en zones identifiées comme à risque : informer les utilisateurs, signaler tout chien présentant des symptômes nerveux ou inquiétants.
Plusieurs départements ont depuis deux ans confirmé des cas de chiens atteints (Doubs, Loir-et-Cher, Dordogne, Aube, Essonne ou encore Côte-d’Or) ou relevé des sangliers positifs , ce qui invite à la plus extrême vigilance partout sur le territoire national.
Pour les chasseurs : un risque réel, toujours présent
Cet épisode dans le Cantal n’est pas qu’une statistique. Il rappelle que la maladie d’Aujeszky, longtemps cantonnée aux porcs domestiques, est un risque récurrent pour les chiens de chasse tant que le virus circule dans le milieu sauvage. Il met en lumière une réalité parfois ignorée : la nature ne pardonne pas l’imprudence, et les dégâts peuvent être lourds: pertes d’animaux, drames personnels, contamination silencieuse.
Pour ceux qui chassent avec des chiens courants, la vigilance n’est pas un choix, c’est un devoir. Respecter les consignes, éviter tout contact de la meute avec un sanglier vivant ou mort, éviter les abats, désinfecter, surveiller les chiens, sont des obligations pour préserver nos chers compagnons à quatre patte d’une mort atroce et quasi inexorable










Laisser un commentaire