Loin des slogans écologistes, le dernier rapport de l’IGN dresse un constat implacable : la forêt française souffre. Hausse spectaculaire de la mortalité des arbres, réduction du « puits de carbone », fragilité sanitaire… Pendant que l’idéologie du “laisser-faire” gagne du terrain, ceux qui agissent vraiment, forestiers, sylviculteurs et chasseurs, se retrouvent relégués au banc des accusés, alors même qu’ils sont les premiers remparts contre le déclin de nos forêts.
Un dépérissement masqué derrière l’expansion
La France moderne n’a jamais compté autant de forêts : 17,6 millions d’hectares, soit 32 % du territoire, et une surface qui continue de progresser, à raison de 90 000 hectares par an. Mais cette extension cache une réalité plus sombre. Selon l’Inventaire forestier national 2025 de l’IGN, la mortalité des arbres a augmenté de 125 % en dix ans. Désormais, 5 % du volume de bois sur pied est constitué d’arbres morts, 8 % des arbres sont altérés, et la vitalité biologique s’essouffle. Dans le Grand Est, le Jura, la Bourgogne-Franche-Comté, les peuplements vieillissants, frappés par les sécheresses, les maladies et les insectes, s’effondrent sous nos yeux.
L’utopie du non-interventionnisme : une impasse dangereuse
Face à cette situation, la tentation grandit chez certains de sanctuariser la forêt. Ne plus couper, ne plus chasser, ne plus replanter. Laisser “la nature faire”. Mais la nature, ici, n’est pas une carte postale figée : c’est un organisme vivant, complexe, fragile, qui a besoin d’attention, de gestes et de soin. Là où l’homme s’efface, les arbres meurent debout, les sols s’épuisent, la régénération échoue. L’idéologie du renoncement, promue par quelques organisations bruyantes, aboutit à l’inverse du but affiché : une forêt qui recule, non dans sa surface, mais dans sa santé et sa capacité à jouer son rôle face au changement climatique.
La pression du gibier, l’angle mort du débat
Le rapport de l’IGN le rappelle, chiffres à l’appui : plus de la moitié des jeunes plants d’arbres inventoriés en France sont abîmés par le grand gibier. Cerfs, chevreuils, sangliers exercent une pression constante sur la régénération naturelle. Là où la chasse recule, l’abroutissement devient une menace sérieuse pour la survie des peuplements : jeunes plants dévorés, semis anéantis, essences fragilisées, diversité menacée. Oser dire que la régulation des populations d’ongulés est un impératif écologique n’est pas un tabou : c’est une vérité de terrain, connue de tous les forestiers, et ce sont bien souvent les chasseurs qui la mettent en œuvre, alors même qu’on les accable à longueur de débats stériles.
Des forêts plantées, productives et vertueuses
Autre vérité, passée sous silence dans les pamphlets militants : les forêts plantées, souvent privées, représentent 14 % du territoire forestier mais 27 % de la production biologique et 37 % des volumes récoltés. Elles stockent davantage de carbone, contribuent à la décarbonation de l’économie, et participent à la sauvegarde de territoires entiers (dunes littorales, sols de montagne). Planter, éclaircir, récolter n’est pas une insulte à la nature : c’est une manière de la faire durer. La forêt sans hommes, sans soins, sans gestion, n’existe pas. Ceux qui la fréquentent, la vivent et la défendent le savent mieux que quiconque.
Le vrai enjeu : transmettre, accompagner, agir
La forêt n’a pas besoin de totems, ni de slogans, ni d’injonctions culpabilisantes. Elle a besoin de bras, de savoir-faire, d’investissements, et d’une politique enfin claire, qui cesse d’opposer symboliquement “protection” et “gestion”. Il faut rendre à ceux qui connaissent la forêt la légitimité de l’action, qu’ils soient propriétaires, techniciens, entrepreneurs… ou chasseurs.
Le pire danger pour la forêt n’est pas la main de l’homme, mais l’idéologie du renoncement. Nos arbres, nos paysages, notre patrimoine rural ont besoin d’être accompagnés, surveillés, protégés, parfois même défendus contre une nature qui, livrée à elle-même, n’épargne ni les faibles, ni les jeunes, ni la diversité. La France forestière ne mourra pas de trop d’action. Elle meurt de l’inaction et des dogmes.












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