La Meuse traverse une crise sans précédent : les dégâts causés par la grande faune, notamment les sangliers, atteignent des sommets, avec plus de 4 millions d’euros de pertes et plus de 3 000 hectares ravagés. Face à cette invasion, le préfet vient de prendre des mesures exceptionnelles, incitant les chasseurs à renforcer la régulation de l’espèce.
Des dégâts records pour les agriculteurs
Depuis la mi-août, les passages répétés de sangliers font des ravages dans les exploitations agricoles du département. À Vaudecourt, l’éleveur Rémi Chaudron ne cache plus son exaspération en découvrant ses 130 hectares retournés face à nos confrères de France 3 : « Le sanglier vient chercher des vers dans la parcelle… il y a des trous partout, il retourne tout. » Dans certaines zones, l’herbe arrachée jusqu’à la racine ne repoussera plus au printemps. Pour les éleveurs et céréaliers, c’est un désastre qui menace directement la pérennité des exploitations.
Un record de France !
Le préfet Xavier Delarue le reconnaît : « On a le record de France des dégâts causés aux cultures par les sangliers. » Malgré des objectifs annuels ambitieux (23 000 à 25 000 sangliers à prélever pour stabiliser la situation), la réalité est bien différente : « Aujourd’hui on n’atteint même pas les 10 000. » Ce retard alimente la colère des agriculteurs, qui pointent du doigt un manque de régulation efficace et des dialogues tendus avec la fédération départementale de chasse.
Des arrêtés pour agir plus fort
Face à l’ampleur du phénomène, la préfecture multiplie les arrêtés pour encourager et faciliter la chasse au sanglier. Chasses supplémentaires, battues administratives, mobilisation des chasseurs : toutes les solutions sont sur la table pour tenter de freiner la progression des populations, alors que la période la plus critique s’étire jusqu’à la mi-mars. Une décision saluée par le monde agricole, qui espère enfin voir reculer les dégâts.
Une situation qui ne cesse de s’aggraver
D’année en année, la pression des sangliers ne faiblit pas : chaque épisode pluvieux accélère les incursions, et les indemnités ne couvrent qu’une partie des pertes après expertise et remise en état. Pour les agriculteurs, le combat est permanent, et la recherche de solutions durables s’impose. Une chose est sûre : sans régulation ferme et sans mobilisation de tous les acteurs, c’est tout l’équilibre rural qui risque d’être emporté par la prolifération du sanglier.











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