Corrèze : quand France 3 met les chasseurs à l’arc à l’honneur

Chasseur à l'arc

Dans la réserve de Las Bordas, au cœur de la forêt d’Uzerche, en Corrèze, la société de chasse locale accueille chaque année une battue mêlant archers et chasseurs au fusil. Immersion dans un mode de chasse exigeant, discret et respectueux du gibier, récemment mis en lumière par France 3 Nouvelle Aquitaine.

Une battue pas comme les autres en forêt d’Uzerche

Dans la réserve de Las Bordas, recouverte de givre, la société de chasse réunit une poignée d’archers pour une battue commune aux côtés des fusils. Si la chasse à l’arc est autorisée depuis 1995 en France, elle reste rare : en Corrèze, ils ne sont qu’une quarantaine à pratiquer officiellement, tous formés et passionnés.

Ce matin-là, six archers, un archer de compétition et un maître-chien prennent place parmi le dispositif. « Avec le terrain gelé, les balles et les flèches peuvent ricocher. Alors, tirez sûr ou ne tirez pas ! Pour les archers, faites bien attention aux chiens », rappelle, lors du rond, Cyrille Lampre, trésorier de l’Association départementale des chasseurs à l’arc et aujourd’hui directeur de battue.

Discrétion, patience et précision : l’école de l’arc

Pour les archers, la règle d’or est la discrétion. « C’est une école de la patience, de l’attente. Il faut être le plus discret possible, le plus silencieux possible, essayer de se fondre dans la nature, se noyer dans la masse. Il faut tirer au plus près de l’animal, grand maximum 20 mètres », explique Cyrille Lampre. Et de poursuivre : « Le but, c’est d’être le plus létal possible. Tirer la zone cœur poumon pour être le plus létal possible. L’objectif est d’occasionner le moins de souffrance à l’animal, qui meurt alors en quelques secondes. »

Loin des clichés, la chasse à l’arc ne rime pas avec multiplication des tirs. Alain Besse, archer briviste, résume : « Ce qui me rassure en tir à l’arc, c’est qu’on ne lâche pas souvent de flèche. L’important, c’est le plaisir d’être dans la forêt, de chercher les animaux, pas forcément pour tirer dessus. »

Entre tradition, technologie et passion

Le matériel, lui aussi, évolue. Lionel Boisgibault, chasseur à l’arc depuis 2019, détaille : « Un arc à poulies est beaucoup plus facile et beaucoup plus précis qu’un arc traditionnel. Il se compose d’un corps sur lequel vont être fixés les accessoires, par exemple un stabilisateur. Ici le viseur avec plusieurs points et là un appareil qui va empêcher le retour de la corde, et bien entendu les poulies qui vont permettre la démultiplication de la puissance. » Tout l’équipement est réglé avec précision, selon la morphologie de l’archer, la puissance souhaitée et le gibier visé : chevreuil, sanglier ou cerf.

La pratique exige un long entraînement, un mental solide et une véritable humilité. Michael Martins, archer depuis 25 ans, confie : « La philosophie, c’est de ne penser à rien ou à tout et puis de voir les choses arriver comme elles arrivent. Et puis par moments, un coup de chance, on voit un gibier. Si on est bien posté et bien positionné, on va tenter de le tirer, mais bon. Et puis une fois qu’il y est passé, qu’il a continué sa route, on dit ça sera pour le prochain. »

Une pratique au service de la régulation

Cette année, la patience des Corréziens n’a pas été récompensée : « On a eu le plaisir de voir passer un chevreuil dans un sens et puis un quart d’heure plus tard dans l’autre sens. Donc ma foi, il était à une quarantaine de mètres et c’était bien joli », s’amuse Alain.

En France, la chasse à l’arc moderne, encadrée depuis 1995, compte 15 à 20 000 adeptes dont la majorité pratique aussi d’autres modes de chasse. Cette technique silencieuse est moins accidentogène : les autorités font régulièrement appel aux archers pour des opérations de régulation, notamment en périphérie des zones urbaines.

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