Sur le plateau de Quotidien, Jean-Michel Apathie a profité de l’enterrement de Brigitte Bardot pour ressortir un réflexe bien rodé : faire de la chasse un marqueur d’indignité morale. En associant Éric Ciotti, chasseur assumé, à une phrase violente de Bardot sortie de son contexte, l’émission a surtout livré une démonstration de son propre mépris.
Une séquence construite pour désigner un coupable
On parle d’abord de Brigitte Bardot. Puis d’Éric Ciotti. Et très vite, on ne parle plus que de chasse. Le mécanisme est parfaitement huilé : une déclaration polémique de Bardot sur les chasseurs, puis une image de Ciotti dans la neige devant un mouflon. L’association est immédiate. Le message implicite est clair : comment un chasseur peut-il oser rendre hommage à une icône qui les méprisait ?
Ce n’est pas du journalisme. C’est du montage idéologique.
Quand la chasse devient un stigmate
Chez Quotidien, la chasse n’est jamais un sujet de fond. C’est un repoussoir. Un raccourci commode pour disqualifier un homme public sans argumenter. Peu importe que Ciotti pratique la chasse de montagne dans les Alpes-Maritimes, dans un cadre réglementé, avec des espèces suivies, comptées, gérées. L’image suffit. Le chasseur est là pour faire tache. Jean-Michel Apathie ne cherche pas à comprendre. Il cherche à marquer. À faire rire un public déjà convaincu que la chasse est suspecte par nature.
Barthès confond mouflon et bouquetin, et ce n’est pas un détail
La scène se termine presque comme une farce. Yann Barthès appelle le mouflon un bouquetin. Deux espèces différentes .Une chassée, l’autre protégée. Deux statuts. Deux réalités biologiques distinctes. Mais peu importe. Quand on méprise un sujet, on ne prend même plus la peine de le connaître. Cette confusion n’est pas anodine. Elle résume l’angle de l’émission : on parle de ce que l’on ne maîtrise pas, avec l’assurance de ceux qui savent déjà qui a tort.
Bardot, la cause animale et la caricature
Brigitte Bardot était une icone française. Une figure majeure du combat pour le bien-être animal. Elle s’est battue contre l’élevage industriel, la maltraitance, l’abattage, la corrida, les laboratoires. Son engagement ne se résumait pas à la chasse. On peut respecter Bardot sans approuver toutes ses outrances. On peut être chasseur et reconnaître ce qu’elle a apporté à la cause animale. Cette complexité, Quotidien la refuse, parce qu’elle empêche la mise en scène manichéenne.
Le vrai sujet, ce n’est pas Bardot, c’est la chasse
Ce que Jean-Michel Apathie règle, ce soir-là, ce n’est pas un hommage à Brigitte Bardot. C’est un compte avec la chasse. Ciotti n’est qu’un prétexte. Une image commode pour relancer le vieux récit : le chasseur comme figure moralement douteuse. Le sourire en coin de Yann Barthès, le ton faussement amusé, le dédain affiché quand un média cynégétique est cité, tout concourt à la même chose : rappeler que la chasse n’a pas sa place dans le monde “fréquentable” de la télévision parisienne.
La bien-pensance préfère la moquerie au réel
À Quotidien, on confond mouflon et bouquetin. On confond hommage et règlement de comptes. Et surtout, on confond information et mépris. La chasse dérange. Elle oblige à parler de nature, de gestion, de territoire, de réalité biologique. Alors on la transforme en caricature. C’est plus simple. Et beaucoup plus confortable.











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