Les dégâts des chevreuils s’invitent dans les vignes de Saint-Péray, en Ardèche, rappelant que la régulation cynégétique reste essentielle pour préserver l’équilibre agro-sylvo-cynégétique.
Des pertes inédites chez les vignerons
Du 6 janvier au 6 février, un arrêté préfectoral exceptionnel missionne un louvetier pour réguler sangliers et chevreuils sur la commune de Saint-Péray. L’initiative fait suite à l’alerte lancée par plusieurs vignerons du secteur, durement touchés par la multiplication des dégâts de chevreuils dans leurs vignes. Guillaume Gilles, vigneron à Saint-Péray et Cornas, n’a jamais connu une telle situation en 25 ans de métier comme il l’a expliqué à nos confrères de France Bleu : « Au début j’ai cru que quelqu’un était passé et avait cisaillé toutes mes vignes. La base du rameau qui est plus dur n’est pas mangée, mais c’est comme si tout avait été coupé net. »
Quand les pertes s’accumulent
Avec deux autres domaines, les pertes sont estimées à près de 15 000 euros rien que pour le printemps dernier. L’indemnisation reste complexe, faute de pouvoir anticiper précisément la date des vendanges et prévenir suffisamment à l’avance l’estimateur de la fédération départementale des chasseurs (FDC 07). « J’ai vendangé avant qu’il ne passe et il n’y a pas eu d’indemnisation », regrette Guillaume Gilles, qui a vu une partie de son travail réduit à néant en quelques nuits.
La régulation, un enjeu d’équilibre
Loin de toute caricature, les professionnels du vin ne remettent pas en cause la présence des chevreuils, mais insistent sur la nécessité d’une régulation adaptée. « C’est évident qu’il y a une population qui se concentre. Pour moi, c’est hors de question de dire que l’on ne veut plus de chevreuils ou plus de sangliers parce que c’est normal de cohabiter. Mais quand il y a des populations comme ça, c’est vraiment important ! »
Ce cas ardéchois rappelle que, si le sanglier focalise souvent l’attention, le chevreuil peut lui aussi devenir source de difficultés pour les agriculteurs et viticulteurs. La gestion raisonnée des espèces, essentiellement par la chasse, est la clé pour préserver l’équilibre de nos campagnes et garantir la pérennité des activités agricoles.











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