Le gouvernement vient d’annoncer une hausse de 10 % du nombre de loups pouvant être abattus chaque année. Une mesure qui répond à l’exaspération du monde de l’élevage, mais qui fait bondir les associations écologistes, France Nature Environnement en tête.
10 % de loups supplémentaires pouvant être prélevés
Dans le cadre de son nouveau “paquet de mesures agricoles”, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a autorisé une augmentation de 10 % du nombre de loups pouvant être éliminés en 2026. Cette décision fait suite aux demandes récurrentes des éleveurs, confrontés à une recrudescence des attaques de troupeaux, en particulier dans les zones de présence historique du prédateur, mais aussi désormais dans de nombreux territoires de plaine. Pour mémoire, le nombre de loups en France est officiellement estimé à 1 082 individus et resterait relativement stable selon les chiffres de l’OFB.
Un geste attendu par le monde rural, mais jugé encore insuffisant
Face à la détresse des éleveurs, dont les troupeaux subissent des prédations parfois quotidiennes, l’annonce est accueillie comme un signal positif, même si beaucoup jugent la mesure encore très en deçà de la réalité du terrain. La possibilité de prélever davantage de loups devrait permettre, au moins localement, de réduire la pression sur certaines exploitations déjà fragilisées par des années de prédations répétées.
Colère des écologistes : “La ministre s’assoit totalement sur le droit”
Côté associations écologistes, la réaction ne s’est pas fait attendre. France Nature Environnement, par la voix de Jean-David Abel, dénonce une mesure jugée illégale : « La ministre s’assoit totalement sur le droit parce que le cadre juridique dit bien, malgré le changement de statut du loup, que tout ce que font les États en matière de destruction, ça doit être compatible avec le maintien de la population dans un bon état de viabilité. ». Selon FNE, la France s’affranchit ainsi des contraintes européennes, et “la population avait déjà plus de 50 % de chances de régresser” selon une récente étude du CNRS.
La question de l’efficacité des tirs remise en cause
Pour FNE, la solution ne réside pas dans l’augmentation des prélèvements, mais dans le renforcement des moyens de protection. « Trois décennies de présence du loup nous ont montré que ce qui est le plus efficace, c’est la mise en œuvre efficace des moyens de protection et notamment des chiens », insiste Jean-David Abel, tout en reconnaissant que des tirs peuvent s’imposer « quand les moyens de protection échouent ».
Un débat qui reste ouvert
Cette hausse du plafond de prélèvement ne suffira sans doute pas à apaiser les tensions entre partisans d’une régulation renforcée et défenseurs du loup. Mais elle marque un tournant dans la prise en compte, par le gouvernement, de la détresse vécue au quotidien par des milliers d’éleveurs.











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