Dordogne : Le Domaine du Bûcher, la reconquête exemplaire des chasseurs pour la biodiversité

Domaine du Bûcher FDC 24

En Dordogne, la Fédération Départementale des Chasseurs transforme un ancien village vacances abandonné en véritable sanctuaire pour la faune et la flore. Retour sur un projet de reconquête territoriale qui fait mentir les caricatures.

D’un site à l’abandon à un “cœur de biodiversité”

Il y a encore deux ans, le Domaine du Bûcher, à Château-l’Évêque, près de Périgueux, n’était qu’un fantôme d’ancien village vacances, livré aux broussailles et où trônaient des bâtiments en ruine. Sur ses 180 hectares, plus de la moitié boisée, se mêlent prairies, landes, mares, étangs et de remarquables chênaies, formant une mosaïque d’habitats naturels. Depuis l’acquisition du site par la FDC 24 début 2024, le domaine s’est mué en laboratoire grandeur nature : “Le site présente des enjeux écologiques modérés à fort du fait de la forte proportion de forêts matures. (…) D’un point de vue du réseau écologique, il s’agit d’un cœur de biodiversité et le domaine est un ensemble non fragmenté suffisamment vaste pour accueillir des espèces à grand déplacement.” (pré-diagnostic Synapse Conseil, 2024)

Un projet rigoureux, fondé sur la connaissance scientifique

Dès le rachat, la fédération a engagé un diagnostic écologique complet, confié au bureau d’études Synapse Conseil. Pendant un an, inventaires faunistiques et floristiques, suivis d’espèces, cartographies et études des habitats se sont succédé. Résultat : la présence confirmée d’espèces protégées et/ou menacées, une richesse écologique insoupçonnée. “La diversité paysagère et écologique est particulièrement propice à l’animation territoriale, notamment en termes d’éducation à la nature”, souligne la FDC 24. Les observations de terrain, croisées avec les protocoles scientifiques, dessinent aujourd’hui les contours d’un plan de gestion ambitieux : valoriser durablement la biodiversité tout en associant régulation, agriculture, et éducation à l’environnement.

Un inventaire naturaliste qui fait la démonstration de la richesse du site

Le tout dernier inventaire naturaliste, mené par la FDC 24 avec ses partenaires, confirme la remarquable diversité du Domaine du Bûcher. On y recense pas moins de 219 espèces de plantes (flore), 76 espèces d’oiseaux (avifaune), 38 espèces de papillons (lépidoptères), 34 espèces de libellules (odonates), 10 espèces d’orthoptères (criquets, sauterelles), 14 espèces de mammifères, 5 espèces de reptiles et 8 espèces d’amphibiens. Autant de chiffres qui illustrent le rôle de réservoir de biodiversité joué par ce territoire, et qui soulignent la pertinence de la démarche engagée par la fédération.

Un site ouvert, sécurisé, mais jamais privatisé

Contrairement aux procès d’intention des opposants, aucun enclos, aucun mirador, aucune chasse commerciale : le domaine reste non clôturé, accessible aux acteurs partenaires (formations, scolaires, animations nature), et totalement dédié à la ruralité vivante.
Seules mesures : interdiction stricte des véhicules motorisés, surveillance vidéo et sécurisation des accès pour préserver la quiétude du lieu et éviter les dégradations.

La chasse, outil d’équilibre et de transmission

Ici, la chasse n’est pas une fin, mais un levier de régulation et de connaissance : “La régulation de la faune sauvage, la réimplantation de petite faune, des aménagements pour les oiseaux migrateurs… Le but est de conjuguer agriculture, forêt et biodiversité, en limitant toute artificialisation.” Pas de lâchers, pas de gibier de tir : seulement une gestion responsable, compatible avec la protection des espèces sensibles. À terme, la FDC 24 entend réhabiliter certains bâtiments pour y accueillir des formations, des scolaires, et des animations pédagogiques sur la nature, à destination du grand public.

Un modèle qui fait école

Critiqué à l’origine par certains écologistes radicaux, le projet fait aujourd’hui la démonstration que les chasseurs sont des acteurs incontournables de la protection et du développement de la biodiversité. “Cet état des lieux met en évidence la présence d’espèces protégées et/ou menacées, confirmant l’intérêt écologique majeur du site”, souligne la FDC 24 sur ses réseaux sociaux. Prochaine étape : l’élaboration d’un plan de gestion pour pérenniser la vocation exemplaire du Domaine du Bûcher, fruit du travail collectif entre chasseurs, scientifiques et partenaires locaux.

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