En Haute-Marne, l’éleveur Louis-Baptiste Brutel a perdu 26 agneaux lors d’une nouvelle attaque de loup à Bassoncourt. Après quinze prédations en un an, il arrête tout. Un drame de plus qui illustre la tension croissante autour de la gestion du loup et la détresse des éleveurs.
Une hécatombe de trop à Bassoncourt
La nuit du 11 au 12 janvier a été fatale pour un troupeau de 140 agneaux à Bassoncourt : 26 d’entre eux ont été tués lors d’une attaque attribuée au loup. Pour l’éleveur, Louis-Baptiste Brutel, 30 ans, ce carnage marque la quinzième attaque subie en un an. Dépité et à bout de forces, il a pris la décision de cesser définitivement son activité d’élevage, confiant à l’AFP son immense lassitude et son dégoût face à cette situation devenue intenable.
L’Office français de la biodiversité (OFB) s’est déplacé sur place dès le lendemain pour procéder aux premiers constats et effectuer les prélèvements nécessaires à l’identification formelle du prédateur.
Une prédation qui ne faiblit pas
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une série noire pour le secteur : un autre éleveur voisin avait déjà perdu une vingtaine de bêtes lors d’une attaque à Noël. Depuis la fin 2025, la tension monte dans le monde agricole de Haute-Marne et des départements voisins, où la succession d’attaques a ravivé la colère et l’inquiétude.
Les éleveurs dans la rue, l’État sous pression
Face à la multiplication des prédations, la grogne gagne le terrain. Plusieurs manifestations ont eu lieu, notamment à Chaumont début janvier. Les éleveurs réclament une régulation plus ferme du loup, l’État étant ouvertement interpellé. Parmi les revendications portées par des représentants agricoles : le déclassement du loup de la liste des espèces protégées, alors que sa population estimée officiellement « stable », mais dont de nombreux acteurs de terrain constatent une augmentation des effectifs ; et la reconnaissance du tir de défense simple comme véritable outil de protection accessible à tous les éleveurs.
Un avenir bien sombre pour l’élevage ovin ?
Le cas de Louis-Baptiste Brutel n’est malheureusement pas isolé : partout où le loup s’installe, l’élevage extensif vacille. Chaque nouvelle attaque éloigne un peu plus les jeunes générations du métier, avec des conséquences directes sur la vitalité du monde rural. Face à la détresse des éleveurs et l’exaspération qui enfle, le débat sur la cohabitation avec le loup reste plus brûlant que jamais.












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