Formé à la Section Paloise après des débuts très précoces à Aire-sur-l’Adour, Marvin Lestremau a découvert le rugby de haut niveau dès l’adolescence, avec une première apparition en Top 14 à seulement 18 ans. Passé par les exigences du professionnalisme, les grandes compétitions et les vestiaires d’élite, il a ensuite dû composer avec une succession de blessures qui ont progressivement redessiné sa trajectoire. Un passage par la Pro D2 à Soyaux-Angoulême marquera un tournant humain décisif. Aujourd’hui, l’ancien rugbyman a changé de terrain. De retour dans le Gers, il s’est reconverti en guide de chasse, développant une activité structurée autour de l’approche du chevreuil, du cerf au brame et d’une vision assumée de la chasse.
BSL — Marvin, vous avez commencé le rugby très jeune. Comment s’est construit votre parcours jusqu’au Top 14 ?
ML : J’ai débuté le rugby à l’âge de 5 ans, à Aire-sur-l’Adour, où je suis resté jusqu’à mes 15 ans. À cet âge-là, j’ai été repéré et intégré la Section Paloise. J’y ai suivi tout mon parcours de formation, des catégories jeunes jusqu’aux espoirs. À 18 ans, j’ai eu l’opportunité de disputer mon premier match en Top 14, contre Brive, lors de la dernière journée de championnat. C’était un moment très fort. J’avais réalisé une bonne saison avec les espoirs, j’étais sur la feuille de match, et j’ai marqué très rapidement. Par la suite, j’ai évolué à Pau jusqu’à l’âge de 23 ans, avec une vingtaine de matchs en Top 14 et en Coupe d’Europe.

BSL — La suite de votre carrière est marquée par les blessures. À quel moment tout bascule ?
ML : Les blessures à l’épaule ont clairement marqué un tournant. Il y a eu des opérations, puis des complications, jusqu’à une saison blanche. À ce moment-là, j’arrivais en fin de contrat, et le club ne m’a pas renouvelé. J’ai dû rebondir, ce qui n’a pas été simple. Je suis repassé par le rugby amateur, en Fédérale 1, tout en continuant à travailler avec mon agent pour retrouver un projet professionnel.
BSL — Vous rebondissez ensuite en Pro D2 à Soyaux-Angoulême. Que représente cette période pour vous ?
ML : C’est une période très importante pour moi, peut-être la plus marquante humainement. Je pars à l’essai à Soyaux-Angoulême en décembre 2020, alors que je ne suis pas encore à 100 % physiquement. J’y vais un peu avec le doute, en serrant les dents. Finalement, le staff me fait confiance et me propose un contrat. Ça m’a permis de remettre un pied dans le monde professionnel, mais surtout de retrouver du plaisir et de la reconnaissance. L’entraîneur connaissait mon parcours, il a été très à l’écoute, très humain. Sportivement, c’est là que je réalise la meilleure saison de ma carrière, avec quinze essais. Mais au-delà des chiffres, cette période m’a fait grandir. J’avais une famille, un enfant, et j’ai commencé à réfléchir différemment à la suite.

BSL — Pourquoi prendre la décision d’arrêter, alors que sportivement vous reveniez très fort ?
ML : Parce que le rugby professionnel ne laisse aucune place au doute. Quand on commence à y aller avec moins d’envie, moins de motivation, c’est dangereux. Le rugby a beaucoup évolué, et je ne m’y retrouvais plus totalement sur le plan mental. J’avais ce projet de reconversion en tête depuis longtemps. J’ai préféré m’arrêter au bon moment plutôt que de faire une saison de trop.
BSL — La chasse s’est alors imposée comme une évidence ?
ML : Oui, parce que c’est une passion profondément ancrée dans ma famille. Mon père, mon grand-père, mes oncles chassaient. J’ai grandi avec cette culture-là. Devenir guide de chasse était un projet que je mûrissais depuis longtemps, mais que je n’aurais jamais pu concrétiser sans l’aide de mes proches. Ma femme m’a énormément soutenu dans cette transition, tout comme certains amis déjà guides, qui m’ont aidé à structurer le projet et à me lancer concrètement.

BSL — Comment s’est faite la transition entre le rugby et ce nouveau métier ?
ML : J’ai commencé en Charente, où nous avions conservé une maison. Le métier de guide y est moins répandu, ce qui m’a permis de démarrer plus sereinement et de me faire un premier réseau. J’ai été épaulé par un ami guide, qui m’a vraiment aidé à comprendre le métier, la gestion des territoires et la relation avec les chasseurs. Quand l’activité a commencé à prendre de l’ampleur, nous avons fait le choix de revenir dans le Gers, notre région d’origine, il y a environ huit mois. C’était une étape logique, personnelle autant que professionnelle.

BSL — À quoi ressemble aujourd’hui votre activité de guide ?
ML : Je travaille sur un réseau assez large, une trentaine de communes dans les Landes et une vingtaine dans le Gers. Mon cœur d’activité reste l’approche du chevreuil en été. L’an dernier, j’ai guidé près d’une trentaine de chasseurs.

BSL — Comment s’organise votre saison de chasse ?
ML : Je commence l’approche du chevreuil à partir du 1er juin jusqu’au début du mois de septembre. Ensuite, j’interviens sur des territoires au brame du cerf. À l’automne et en hiver, je propose également d’autres formules, notamment des séjours bécasse sur des territoires peu chassés, en petits groupes, avec un hébergement directement sur place.

BSL — Vous insistez beaucoup sur les tirs d’hiver au chevreuil. Pourquoi ?
ML : Parce que les plans de chasse augmentent, alors que le nombre de chasseurs disponibles diminue, notamment pour les battues au chevreuil. Les tirs d’hiver sur les chevrettes et les jeunes sont essentiels pour une gestion cohérente des populations. Ce n’est pas une chasse tournée vers le trophée, mais une chasse utile, qui conditionne directement la qualité des tirs d’été.

BSL — À titre personnel, qu’est-ce qui vous motive le plus à la chasse ?
ML : L’approche, avant tout. Tirer un beau brocard est toujours un moment fort, mais j’éprouve exactement le même plaisir sur un jeune ou une chevrette. Ce qui compte pour moi, c’est la démarche, la lecture du territoire, le temps passé à approcher. Le reste est secondaire.

Marvin Lestremau
LESTREM HUNTING
Tel: 06 13 92 95 07
Mail: lestremhunting.fr
https://lestremhunting.fr/











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