Une chienne a été blessée dimanche à Trélazé, à côté d’Angers (Maine-et-Loire) après avoir été attaquée par un sanglier dans le parc des Ardoisières. L’incident met en lumière la cohabitation parfois délicate entre faune sauvage et population urbaine.
Attaque en pleine balade
Dimanche 25 janvier, la promenade dominicale a tourné court pour une famille dans le parc des Ardoisières, à Trélazé, près d’Angers. Chess, chienne border collie de 3 ans, se promenait sans laisse, reniflant les fourrés à proximité du sentier. « Ma femme l’a entendue crier dans les buissons », raconte le mari à nos confrères d’Ouest-France. Affolée, sa femme rappelle son animal, qui revient en claudiquant, manifestement blessée. « Dans la végétation, un grognement de cochon se fait entendre. » De retour à la maison, Pauline prodigue les premiers soins à Chess, blessée à la patte et au ventre.
Un comportement naturel… et des risques réels
Le diagnostic vétérinaire est heureusement rassurant : « Elle n’a rien de cassé, elle s’en tire avec une plaie, une entorse, des pansements, des anti-douleurs et des antibiotiques », détaille son propriétaire. Mais le couple reste marqué par l’épisode : « Mais ça aurait pu être bien pire ! Je n’aurais pas pensé que cela puisse arriver aussi près d’un chemin aménagé. »
Pour Philippe Justeau, président de la Fédération départementale des chasseurs du Maine-et-Loire (FDC 49), ce type d’incident n’a rien d’anormal : « Si un chien s’approche d’un sanglier, celui-ci va attaquer, c’est normal. Disons que les animaux sauvages fuient quand ils ont peur et que les sangliers fuient en avant. » Il rappelle que ces suidés, nombreux sur le secteur, peuvent être dangereux et causent des dégâts : « Ils détruisent les pelouses et cultures. »
Des sangliers nombreux, une gestion délicate
Selon Xavier Cochelin, gestionnaire des parcs communautaires, « la population est importante au regard des dégâts que nous pouvons constater ». Le parc des Ardoisières est devenu un refuge pour ces animaux très intelligents, pris au piège entre l’urbanisation galopante et la pression de la chasse en zone rurale, analyse Jonathan Cordier, responsable technique à la Fédération. « C’est un site très difficile à chasser. D’abord parce qu’il y a beaucoup de chemins très accessibles au public et qu’on ne peut pas poster une personne sur chaque sentier. Ensuite pour des questions de sécurité : le parc est fourni en ardoise, accroissant le risque de ricochet des balles. »
Place au piégeage et à la vigilance
Face à la difficulté de mener des battues, la solution du piégeage a été privilégiée : seize sangliers ont été capturés depuis décembre grâce à des cages disposées dans le parc, mobilisant quotidiennement les agents municipaux. Une réunion entre la FDC49 et les services de l’agglomération est prévue pour envisager l’utilisation de pièges multiples, plus efficaces mais plus complexes à déployer.
En attendant, usagers et promeneurs sont appelés à la vigilance. « Un sanglier n’attaquera jamais de lui-même », nuance Jonathan Cordier, mais la prudence reste de mise. D’autres rencontres ont déjà été signalées dans le secteur. À noter enfin qu’une battue administrative a été menée le 30 janvier côté levée Napoléon au sud de Trélazé.











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