Hier matin sur Europe 1, dans la matinale de Dimitri Pavlenko, la journaliste Emmanuelle Ducros est revenue sur la nomination controversée d’Anne Le Strat à l’Office français de la biodiversité. Mais au-delà de cette affaire déjà connue, sa chronique a mis en lumière un point autrement plus sensible : le financement par l’OFB, à hauteur de plus de 300 000 euros, de France Nature Environnement, une association notoirement opposée à la chasse.
Une nomination qui ravive les tensions dans le monde rural
Depuis plusieurs années, l’Office français de la biodiversité cristallise une partie du malaise entre l’État et le monde rural. Chargé à la fois de missions de police de l’environnement, de contrôle, d’accompagnement et de sensibilisation, l’OFB est régulièrement accusé par les agriculteurs d’un excès de zèle et d’un biais idéologique assumé par certains de ses agents.
La nomination, le 5 janvier dernier, d’Anne Le Strat au poste de directrice générale déléguée à la mobilisation de la société a ravivé ces tensions. Ancienne membre du bureau exécutif d’Europe Écologie Les Verts jusqu’à fin 2025, proche de mouvements écologistes radicaux et engagée sur des positions ouvertement hostiles à l’agriculture intensive et à certains usages de l’eau, son arrivée a été perçue comme une provocation par de nombreux acteurs du terrain. Face à la polémique, le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative sur les conditions de cette nomination, reconnaissant implicitement un défaut de vigilance des ministères concernés.
Une révélation autrement plus dérangeante
Mais la chronique d’Emmanuelle Ducros ne s’est pas arrêtée à cette affaire de personne. Elle a mis au jour une réalité beaucoup plus structurelle : le financement direct, par l’OFB, d’associations militant ouvertement contre les intérêts agricoles… et cynégétiques. Selon les informations révélées à l’antenne, France Nature Environnement a ainsi perçu en 2024 près de 340 000 euros de fonds publics via l’OFB. Des financements utilisés notamment pour multiplier les recours juridiques contre des projets agricoles, des autorisations délivrées par l’État, et plus largement pour soutenir une ligne idéologique très clairement opposée à la chasse.
Or France Nature Environnement milite depuis des années pour :
– l’instauration de deux jours sans chasse par semaine
– l’interdiction de nombreuses chasses d’oiseaux via les consultations publiques
– l’opposition systématique à la chasse des oies en février
– la suppression des chasses traditionnelles
– l’interdiction du tir du loup
Autrement dit, une association dont la ligne est frontalement opposée à la pratique cynégétique sous toutes ses formes.
Un conflit de cohérence difficilement justifiable
La question qui se pose est alors simple, presque brutale : comment l’OFB peut-il assumer simultanément ces rôles ?
L’OFB participe à l’organisation de l’examen du permis de chasser.
L’OFB encadre et contrôle la chasse sur le terrain.
L’OFB exerce une mission de police à l’égard des chasseurs.
L’OFB est financé, indirectement, par les chasseurs à hauteur de 55 millions par an
Et dans le même temps, cet établissement public finance des structures dont l’objectif affiché est de restreindre la chasse. Ce paradoxe ressemble à un non-sens institutionnel. À une forme de conflit d’intérêts idéologique. N’est-ce pas le poisson qui se mord la queue?.
Neutralité de l’État ou militantisme financé ?
Officiellement, l’OFB appelle à distinguer « le temps du citoyen » et « le temps du serviteur de l’État ». Une ligne de défense reprise pour justifier la nomination d’Anne Le Strat comme les financements accordés à certaines associations. Mais cette séparation devient difficile à défendre lorsque l’argent public est utilisé pour soutenir des actions judiciaires et militantes visant directement des activités réglementées par l’État lui-même, et encadrées par l’OFB. Pour les chasseurs, le sentiment est clair : celui de financer, par ricochet, des organisations qui combattent leur propre existence.
Une question politique, pas seulement administrative
Au-delà de la chasse, cette affaire pose une question plus large sur la gouvernance des agences publiques, leur autonomie idéologique et le contrôle réel exercé par les pouvoirs politiques. Comme l’a souligné Emmanuelle Ducros à l’antenne, cette situation donne l’impression d’une administration évoluant avec son propre agenda, parfois déconnecté des engagements affichés par le gouvernement. Dans un contexte de tensions croissantes la révélation de ces financements risque de nourrir encore un peu plus la défiance.Et pour les chasseurs, une interrogation demeure: jusqu’à quand accepter que l’organisme chargé d’encadrer leur pratique contribue, en parallèle, à financer ceux qui œuvrent à sa disparition ?











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