Avec 22 lieutenants de louveterie désormais mobilisés dans les Bouches-du-Rhône, l’État muscle son dispositif de régulation pour faire face à la pression croissante des sangliers en milieu urbain et à l’arrivée du loup en plaine.
Des sangliers omniprésents
La situation n’est plus tenable dans de nombreux secteurs du département : la prolifération du sanglier s’accélère, du massif de la Sainte-Victoire jusqu’aux abords de Marseille. Malgré la mobilisation des chasseurs, « la chasse ne suffit plus », confie Patrice Galvand, vice-président de l’association des lieutenants de louveterie au micro de nos confrères de Maritima : « On a une explosion des populations de grands mammifères… La forêt a regagné du terrain, certains territoires ne sont plus assez chassés et le sanglier trouve de la nourriture partout ». Résultat, les nuisances se multiplient : collisions routières, dégâts agricoles, animaux dangereux aux portes des habitations, notamment autour d’Aix et de Marseille.
Des bénévoles assermentés, un précieux renfort pour la régulation
Pour répondre à l’urgence, le Préfet a porté à 22 le nombre de lieutenants de louveterie, avec 5 nouvelles recrues pour renforcer les équipes. Ces bénévoles assermentés, reconnaissables à l’uniforme vert, interviennent là où la chasse ne peut plus agir, sur réquisition de la préfecture et en lien étroit avec la DDTM. « Nous sommes des hommes de terrain, disponibles 24h/24 », rappelle Patrice Galvand. Leur mission ne se limite pas aux prélèvements : ils assurent aussi une police sanitaire en surveillant l’apparition de maladies comme la tuberculose ou la grippe aviaire.
Le loup désormais aux portes de la Provence
Autre préoccupation grandissante, l’arrivée du loup hors de ses bastions alpins. Patrice Galvand le confirme : « On commence à être touchés. On reçoit des informations sur les attaques qui ont lieu sur nos territoires ». Même si les tirs restent encore rares comparé aux départements alpins, la menace plane, en particulier pour les éleveurs. Les louvetiers se tiennent prêts à intervenir si les attaques devaient se multiplier en plaine.
Un découpage territorial repensé pour plus d’efficacité
Pour améliorer leur réactivité, le département a été redécoupé : les zones critiques, des Calanques jusqu’aux grandes communes de l’ouest comme Arles ou Saint-Martin-de-Crau, sont désormais couvertes plus finement. L’objectif est clair : gagner en rapidité d’intervention, protéger les cultures et limiter les risques pour les riverains. Face à une faune qui ne connaît plus de frontières, l’État et ses lieutenants de louveterie adaptent leurs moyens, pour que la régulation reste à la hauteur des enjeux.












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