Var : des sangliers détruisent des ruches et dévorent le miel

À Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, des sangliers ont une nouvelle fois ravagé un site du « Rucher de la Bouverie ». Douze ruches ont été renversées et entièrement pillées. Une attaque qui n’est pas la première pour cette exploitation apicole familiale, installée depuis un siècle dans le département.

Un nouveau fléau pour cet apiculteur

Chez les Laponche, apiculteurs varois depuis quatre générations, le miel est une affaire de transmission. L’histoire commence en 1925, lorsque leur aïeul Eugène s’installe dans le secteur de Draguignan. Depuis, l’entreprise a traversé les décennies, fournissant même du miel de lavande aux Jeux Olympiques d’hiver de 1968 à Grenoble. Mais après la concurrence des importations étrangères et les ravages du varroa, un acarien originaire du Sud-Est de l’Asie qui vit aux dépens des abeilles, c’est aujourd’hui un autre adversaire qui s’invite : le sanglier.

Douze ruches chavirées

Le 13 février dernier, en se rendant sur l’un de ses sites d’hivernage situé aux « Petites Maures », comme il l’a rapporté à nos confrères de BFM TV, François Laponche découvre les dégâts. Sur 80 ruches installées, 12 ont été renversées. Les cadres sont éventrés, le miel consommé, les abeilles détruites. Selon l’apiculteur, ce n’est pas un épisode isolé. Il s’agirait de la troisième intrusion en 3 ans sur ce même site. Les sangliers, attirés par le sucre et les protéines, n’hésitent pas à retourner les ruches pour accéder au miel et aux larves. Le préjudice est estimé à environ 3 000 euros. Une perte sèche : la destruction de ruches n’entre pas dans le dispositif d’indemnisation prévu pour les dégâts agricoles.

Une pression omniprésente dans le Var

Dans le département, le sanglier est classé ESOD (espèce susceptible d’occasionner des dégâts). Plus de 15 500 animaux sont prélevés chaque saison de chasse, et des battues sont régulièrement organisées pour contenir des populations particulièrement dynamiques. Omnivore mais majoritairement végétarien, le sanglier peut peser jusqu’à 110 kilos. Dans le Var, on le retrouve aussi bien dans les vignes à l’approche des vendanges que sur les routes, dans les zones urbaines ou même sur certaines îles qu’il rejoint à la nage. L’extension des territoires occupés par l’espèce s’accompagne d’une multiplication des situations de conflit : viticulture, maraîchage, particuliers… et désormais apiculture.

Clôtures électriques en dernier recours

Face à ces intrusions répétées, l’apiculteur a décidé d’installer des clôtures électriques autour de ses ruchers. Une solution qui représente un investissement supplémentaire et qui illustre une réalité désormais bien connue dans de nombreux territoires : la régulation du sanglier reste un enjeu permanent, particulièrement dans le sud-est de la France. Entre prédation naturelle limitée, le loup étant pourtant présent en nombre dans le département, et reproduction dynamique, la pression exercée par l’espèce continue d’alimenter les tensions locales.

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