Une chasseresse bouscule Marine Tondelier sur le plateau de David Pujadas
D’une protection animale à la défense de la chasse Ancienne bénévole à la SPA, habituée à traiter des dossiers de
Lire la suiteLa Fédération Nationale des Chasseurs vient de publier une vidéo consacrée aux pantes et pantières, ces chasses traditionnelles de la palombe pratiquées dans cinq départements du Sud-Ouest. Une tradition aujourd’hui en sursis par volonté de la Commission Européenne, malheureusement suivie par le Conseil d’État.
Chaque automne, du 1er octobre au 20 novembre, le Sud-Ouest vit au rythme des migrations de palombes. Dans les cols des Pyrénées-Atlantiques se dressent les pantières, filets verticaux tendus vers le ciel. Plus au nord, dans les forêts du Gers, de la Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne, les pantes, ces filets horizontaux installés au sol autour des palombières, perpétuent un savoir-faire transmis de génération en génération. Ces chasses sont un héritage technique de nos anciens et reposent sur la connaissance fine des couloirs migratoires, du comportement des oiseaux et sur un travail collectif minutieux : des gestes, de la patience et une solidarité collective qui crée la convivialité.
Cette vidéo insiste sur un point crucial : la sélectivité de ces modes de chasse, injustement remise en cause par les instances européennes. En effet, les mailles des filets sont dimensionnées pour capturer uniquement l’espèce visée. D’ailleurs, les inspecteurs de l’environnement de l’Office français de la biodiversité n’ont relevé aucune prise accidentelle sur les vingt dernières saisons. Les prélèvements resteraient par ailleurs marginaux à l’échelle des populations européennes de palombes, estimées en croissance et très abondantes. Selon les propres chiffres de l’Union internationale pour la conservation de la nature, la part des oiseaux capturés représenterait moins de 1 % de la mortalité naturelle annuelle de l’espèce qui est reconnue comme abondante et en croissance sur le continent.
Si ces pratiques ont longtemps été jugées compatibles avec la réglementation européenne, la situation a évolué. Depuis février 2025, la Commission européenne exerce une pression accrue sur ces modes de chasse, dans le cadre d’une interprétation plus restrictive de la directive Oiseaux. Le Conseil d’État s’est également inscrit dans cette lecture aux relents anti-chasse et hostiles aux traditions du monde rural. Pour les territoires concernés, l’enjeu dépasse la seule question cynégétique. Les pantes et pantières ne sont pas seulement un mode de capture : elles structurent une part de la vie rurale, une économie locale et une identité régionale tout en participant à l’entretien des milieux naturels
La vidéo de la FNC ne se veut pas polémique. Elle rappelle simplement que ces pratiques existent depuis des siècles, qu’elles sont encadrées, et qu’elles participent à la vie de territoires entiers. Dans le Sud-Ouest, la palombe au filet n’est pas une curiosité folklorique. C’est une institution. Reste à savoir si sous la pression de Bruxelles, nos autorités nationales et la plus haute juridiction française choisiront d’en faire un vestige ou de reconnaître qu’il s’agit d’un patrimoine vivant.
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