Pas-de-Calais : dix heures pour sauver un chien bloqué sous terre

Quentin et son chien Sako

Le 31 janvier 2026, comme l’ont récemment rapporté nos confrères de La Voix du Nord, à Mont-Saint-Éloi, dans le Pas-de-Calais, une battue au grand gibier a viré à l’angoisse absolue pour un traqueur dont le chien s’est retrouvé coincé au fond d’un terrier de blaireau. Il faudra près de dix heures d’efforts et un impressionnant chantier de terrassement pour extraire l’animal vivant. Une histoire qui rappelle, s’il en était besoin, le lien unique qui unit un homme de traque à ses chiens.

Une battue qui bascule

Ce jour-là, le chien Sako, délaissant sa meute qui était en chasse, poursuit un blaireau et s’engouffre dans un terrier, disparaissant ainsi à la vue de son maître et restant invisible. Très vite, le collier GPS permet de le localiser avec précision. Il est sous terre. Immobile. L’inquiétude monte d’un cran. Les minutes deviennent des heures. Visiblement Sako est coincé et ne peut ressortir par ses propres moyens

Dix heures de travail acharné

Face à la situation, les grands moyens sont mobilisés. Les pompiers, une élue municipale et même un grutier viennent prêter main-forte. Les engins attaquent le sol avec une prudence extrême. Hors de question de blesser le chien. Peu à peu, un véritable chantier de terrassement se met en place : près de 20 mètres de longueur, 5 mètres de profondeur. Un travail titanesque mené avec une seule idée en tête : le sortir vivant. Au fil des heures, l’espoir vacille. Puis un aboiement. Faible, étouffé, mais bien réel. Il est là, vivant !

« Mes chiens, ce sont mes bébés »

Le propriétaire ne cache pas son attachement : « Je ne me voyais pas rentrer sans lui. Mes chiens, ce sont mes bébés ». Quiconque a déjà mené des chiens en battue comprend ces mots. Le traqueur ne lâche pas simplement ses animaux dans la traque. Il engage une part de lui-même. Chaque sortie est un pacte de confiance. Les chiens affrontent les ronciers, les fermes de sangliers récalcitrants, et parfois, par malchance…… un terrier. Leur maître vit alors chaque minute avec eux. Dans ces moments-là, c’est un lien familial qui unit le chasseur et son compagnon à quatre pattes.

Plus de peur que de mal

Finalement, après les derniers efforts des secouristes et des chasseurs, Sako est extrait vivant. Quelques griffures au museau, rien de grave. Quelques jours plus tard, il reprenait déjà part à une battue. Une fin heureuse, qui illustre une réalité souvent mal comprise : pour un traqueur, ses chiens ne sont pas des outils. Ils sont des compagnons de vie. Des partenaires de passion. Des « bébés », comme Quentin le dit lui-même. Et ce 31 janvier, à Mont-Saint-Éloi, le traqueur ne voulait pas rentrer sans ‘un des siens.

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