Au congrès national de la FNC à Deauville, Willy Schraen a réservé l’une de ses charges les plus dures à l’Office français de la biodiversité. S’il a déjà exprimé à plusieurs reprises ses désaccords avec l’établissement public, le ton a nettement monté. Le président de la Fédération nationale des chasseurs considère désormais que le malaise n’est plus conjoncturel, mais structurel. Son discours dessine une rupture de confiance profonde entre la FNC et l’OFB, sur fond de divergences idéologiques, de conflits de gouvernance et de contestation de l’usage de l’argent versé par les chasseurs.
Une création que Willy Schraen dit ne pas avoir combattue
Le président de la FNC a d’abord tenu à rappeler qu’il ne s’était pas opposé à la création de l’OFB. Il explique même avoir donné son accord pour activer le processus à l’époque. Mais il précise aussitôt qu’il avait conscience, dès l’origine, du risque de voir apparaître une opposition idéologique sur la stratégie cynégétique. Cette précision est importante dans sa construction politique. Elle lui permet de dire qu’il n’est pas dans un rejet de principe de l’institution. Selon lui, la rupture actuelle n’est pas le fruit d’un réflexe hostile, mais le résultat d’une dégradation progressive des relations, aggravée depuis deux ans par des tensions de plus en plus fréquentes.
Une séparation jugée devenue inévitable
Willy Schraen a utilisé une image forte pour décrire cette évolution : il dit avoir mis un coup de couteau dans un vieux contrat de mariage. Derrière la formule, il assume la fin d’un cadre ancien où la chasse finançait en partie un dispositif public auquel elle restait historiquement liée. À ses yeux, il n’existait plus d’issue qualitative permettant de maintenir ce lien dans de bonnes conditions. Le président de la FNC considère qu’il est temps de reprendre la main sur l’entièreté du permis de chasser. Dans son esprit, la chasse française n’a pas besoin de caution morale extérieure pour former les candidats, organiser l’examen et encadrer la pratique. Cette revendication traduit un désir d’autonomie bien plus large : récupérer les leviers de formation, de contrôle et de gestion qui, selon lui, relèvent naturellement de la communauté cynégétique.
Des soupçons de dérive idéologique
L’une des critiques les plus lourdes formulées à Deauville concerne l’orientation idéologique supposée de l’OFB. Willy Schraen dit observer un établissement qui se verdit de plus en plus, y compris dans sa hiérarchie. Derrière cette formule, il accuse certains responsables de faire primer une sensibilité écologiste militante sur une approche neutre et équilibrée des dossiers cynégétiques. Dans sa lecture, cette dérive se traduit par une accumulation de décisions, d’études ou de prises de position qui compliquent la chasse, anticipent des restrictions non demandées ou freinent les argumentaires favorables au maintien de certaines pratiques. Ce reproche est central : l’OFB n’apparaît plus, dans son discours, comme un arbitre technique, mais comme un acteur qui pèse idéologiquement sur le destin de la chasse française.












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