À la veille de l’assemblée générale de la fédération départementale des chasseurs de la Loire (FDC42) qui a lieu aujourd’hui à Montbrison, son président Gérard Aubret a été interviewé par nos confrères du Progrès et a dressé un état des lieux sans détour. Entre progression du loup, pression sur les sangliers et tensions avec le monde agricole, le ton est clair.
Le loup s’installe durablement dans le département
Dans les colonnes du journal Le Progrès, Gérard Aubret ne cache pas que la présence du loup est désormais une réalité bien installée dans la Loire. « Cette colonisation était prévisible, elle se fait de l’est vers l’ouest. On découvre cette année que le loup est là, mais en fait sa présence doit remonter à plusieurs années », explique-t-il. Un constat appuyé par des indices indirects, notamment sur la faune sauvage : « depuis quatre ans, au niveau de la faune sauvage, on constate une baisse de la population de chevreuil, un signe fort que l’on n’a pas su interpréter ».
Refus de voir les chasseurs en première ligne
Sur la question sensible de la gestion du prédateur, le président de la fédération adopte une position ferme. Si le déclassement du loup au niveau européen ouvre la voie à une évolution de son statut, la mise en œuvre en France reste, selon lui, particulièrement complexe. « Une vraie usine à gaz », résume-t-il à propos des dispositifs administratifs encadrant les tirs. Mais surtout, il refuse que les chasseurs soient sollicités pour intervenir directement : « L’État nous demande, à nous fédération, de former des chasseurs pour le tir du loup. Je m’y oppose formellement. (…) Que l’État s’adresse à ses louvetiers. »
Une ligne rouge sur les dégâts imputés au loup
Le message est encore plus clair sur le plan financier : « Les chasseurs ne paieront pas pour les dégâts des loups ! ». Dans un contexte où les fédérations indemnisent déjà les dégâts causés par le grand gibier, notamment les sangliers, Gérard Aubret refuse tout transfert de charge supplémentaire vers les chasseurs.
Sangliers : des efforts réels malgré les tensions
Autre sujet brûlant : les dégâts agricoles liés aux sangliers. Face aux critiques de certains agriculteurs, le président défend le travail réalisé sur le terrain. « Il fallait passer d’un prélèvement de 500 à 600 et on est à 820 », souligne-t-il, saluant la mobilisation des chasseurs. Malgré cela, les tensions persistent, avec des actions symboliques comme des dépôts d’ordures devant les locaux de la fédération. Une situation qu’il regrette : « La crainte que j’ai (…) c’est que cette confiance chasseurs/agriculteurs soit cassée. ». Pour Gérard Aubret, la ligne est claire : la régulation du sanglier est assurée, mais elle ne peut pas tout compenser. « La chasse est et doit rester un loisir et là, pour rendre service aux agriculteurs, on remplit une mission de service public », rappelle-t-il. Il appelle également à une responsabilisation partagée, notamment sur la protection des cultures.
Des efforts innovants pour la petite faune et le défi du renouvellement des chasseurs
Au-delà des sujets de tension, la fédération travaille aussi sur la connaissance et la préservation de la petite faune. Face au déclin du lièvre, une étude va être lancée pour comprendre les causes de la disparition des individus après reproduction. Dans le même temps, des actions concrètes sont mises en place, comme l’utilisation d’un drone équipé d’une caméra thermique pour sauver les levrauts lors des fauches. Enfin, le président alerte sur un problème structurel : la baisse des effectifs. Si plus de 200 nouveaux permis ont été délivrés dans la Loire, beaucoup ne restent qu’un an. En cause, le coût global de la pratique et l’accès aux territoires. Un enjeu majeur pour l’avenir de la chasse dans le département.












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