Invité de Jacques Cardoze sur Sud Radio le 4 juin dernier, Willy Schraen n’a pas mâché ses mots. Le président de la Fédération Nationale des Chasseurs a profité d’un échange consacré au projet de loi d’urgence agricole pour défendre les éleveurs face à la prédation du loup, critiquer l’action de l’OFB et réclamer une réforme profonde du système d’indemnisation des dégâts de grand gibier.
Le loup au cœur des débats
Interrogé sur les dispositions du projet de loi permettant des tirs de défense contre les loups jusque dans certaines réserves naturelles, Willy Schraen a affiché son soutien à cette mesure. Face aux critiques des associations de protection du prédateur, le président de la FNC a dénoncé ce qu’il considère comme une forme d’hypocrisie autour du dossier. Au cours de l’entretien, il a notamment affirmé : « On a lâché des loups » et « on lâche des loups chez nous », estimant que la situation devient de plus en plus difficile à gérer dans certains territoires ruraux. Selon lui, la question centrale est désormais celle de la coexistence entre la présence du prédateur et le maintien des activités d’élevage. Tout en reconnaissant la place du loup dans certains secteurs, Willy Schraen a estimé que certaines zones françaises ne devraient pas accueillir durablement l’espèce et qu’il convenait d’agir avant que la situation ne devienne « ingérable ».
Des critiques renouvelées contre l’OFB
Le président de la FNC est également revenu sur ses relations tendues avec l’Office français de la biodiversité. Il a dénoncé ce qu’il considère comme un problème de fonctionnement et d’orientation de la police de l’environnement. Selon lui, les agents de l’OFB consacreraient trop d’énergie au contrôle des chasseurs alors que d’autres phénomènes, comme le braconnage ou certains trafics liés à la faune sauvage, mériteraient davantage d’attention. Willy Schraen a notamment plaidé pour une plus grande confiance accordée aux fédérations départementales des chasseurs dans le suivi des pratiques cynégétiques sur le terrain.
« Les chasseurs n’ont plus à payer »
L’autre sujet majeur de l’interview concernait le financement des dégâts de grand gibier. Jacques Cardoze a rappelé que les fédérations des chasseurs indemnisent chaque année les dégâts causés aux cultures agricoles, un montant que Willy Schraen a évalué à près de 100 millions d’euros par an. Le président de la FNC a dénoncé un système qu’il juge devenu injuste. Selon lui, les chasseurs continuent d’assumer financièrement les dégâts sur l’ensemble du territoire alors même qu’une part croissante de celui-ci est devenue difficilement ou totalement inaccessible à la chasse en raison de l’urbanisation ou de diverses restrictions d’usage. « Les chasseurs n’ont plus à payer ça », a-t-il déclaré avant d’ajouter plus loin : « C’est simple, on paye plus !». Pour Willy Schraen, le maintien du système actuel pourrait conduire à terme à des difficultés financières majeures pour les fédérations départementales.
Un message avant le passage du texte au Sénat
Alors que le projet de loi d’urgence agricole poursuit son parcours parlementaire au Sénat, Willy Schraen entend continuer à porter ces revendications auprès des pouvoirs publics. Le président de la FNC estime que les chasseurs participent déjà largement à la régulation des populations de grand gibier et rendent ainsi un service d’intérêt général à l’agriculture comme à l’ensemble de la société. Au-delà des débats sur le loup, l’OFB ou les dégâts agricoles, cette intervention illustre les principales batailles que le monde cynégétique entend mener dans les prochains mois, à l’heure où les discussions autour de la ruralité et de la place de la chasse dans les territoires demeurent particulièrement vives. Retrouvez l’intégralité de l’interview de Willy Schraen accordée à Sud Radio en vidéo ci-dessou :












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