Après l’Assemblée nationale au mois de mai, c’est au tour du Sénat d’envoyer un signal fort en faveur de la filière venaison française. Lors de l’examen du projet de loi d’avenir agricole, les sénateurs Aymeric Durox (RN) et Étienne Blanc (LR) ont obtenu l’adoption d’un amendement visant à intégrer pleinement la valorisation du gibier sauvage dans les réflexions sur la souveraineté alimentaire. Une nouvelle étape saluée par les défenseurs d’une filière encore largement sous-exploitée malgré son potentiel économique, alimentaire et environnemental.
Une volonté politique confirmée après le vote de l’Assemblée
Lancée au printemps à l’Assemblée nationale grâce à un amendement porté par le député Eddy Casterman, la reconnaissance de la venaison comme filière d’avenir ne s’est pas arrêtée au Palais-Bourbon. Quelques semaines plus tard, le Sénat a repris le flambeau. Lors des débats sur le projet de loi d’avenir agricole, les sénateurs Aymeric Durox et Étienne Blanc ont défendu deux amendements poursuivant le même objectif : inscrire durablement la valorisation du gibier sauvage français dans les politiques de souveraineté alimentaire. Après un avis favorable de la commission puis du Gouvernement, Aymeric Durox a accepté de rendre son amendement identique à celui présenté par Étienne Blanc afin de faciliter son adoption. Le texte a finalement été voté par la Haute Assemblée, confirmant ainsi l’orientation prise quelques semaines plus tôt par les députés.
« Une véritable ineptie »
Au cours des débats, les deux sénateurs ont dressé un constat sans concession sur la situation actuelle de la filière. Aymeric Durox a rappelé que près de 900 000 sangliers, 90 000 cerfs et plus de 570 000 chevreuils sont prélevés chaque année en France. Pourtant, à peine 10 % de cette ressource intègre les circuits officiels de commercialisation, tandis qu’une part importante de la viande de gibier consommée dans notre pays continue d’être importée d’Europe de l’Est, de Nouvelle-Zélande ou encore des États-Unis. Pour Étienne Blanc, cette situation relève tout simplement du « bon sens ». Le sénateur LR a dénoncé « une véritable ineptie » pour un pays disposant d’une telle richesse cynégétique tout en important massivement de la venaison étrangère. Tous deux ont insisté sur la nécessité de structurer une véritable filière française en développant les infrastructures indispensables : réseaux de collecte, salles de traitement réfrigérées, ateliers de découpe, laboratoires de transformation et circuits de distribution capables d’alimenter notamment la restauration collective.
Une reconnaissance de la venaison dans la souveraineté alimentaire
Au-delà de la symbolique, l’adoption de cet amendement ouvre la voie à une meilleure prise en compte de la filière dans les futurs travaux consacrés à l’avenir agricole. Le Gouvernement a d’ailleurs confirmé son soutien au dispositif en rappelant qu’il reprenait exactement la formulation déjà retenue lors des débats à l’Assemblée nationale. La ministre a également souligné avoir pu constater, lors de visites d’établissements agricoles, le développement de formations dédiées à la transformation de la viande de gibier, preuve que cette filière possède un véritable potentiel de développement. Cette reconnaissance politique pourrait désormais favoriser l’intégration de la venaison dans les conférences consacrées à la souveraineté alimentaire, avec à terme l’objectif de lever certains freins réglementaires qui limitent aujourd’hui son essor.
Une étape supplémentaire pour une filière attendue par les chasseurs
Depuis plusieurs années, les fédérations de chasseurs, les professionnels de la transformation et de nombreux élus dénoncent le paradoxe français : alors que le pays dispose d’une ressource sauvage abondante, une part importante de la viande de gibier consommée provient toujours de l’importation. La confirmation de cette orientation par le Sénat constitue donc une nouvelle victoire politique pour les défenseurs de la venaison française. Si cette adoption ne modifie pas immédiatement les règles sanitaires ou les contraintes administratives qui pèsent encore sur la filière, elle renforce considérablement son poids dans les futures discussions parlementaires et gouvernementales. En validant à son tour cette ambition, la Haute Assemblée confirme que la valorisation du gibier sauvage n’est plus seulement une revendication du monde cynégétique, mais qu’elle s’inscrit désormais parmi les enjeux de souveraineté alimentaire, de circuits courts et de développement des territoires ruraux.












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