ans un entretien accordé au Figaro à l’occasion de l’inauguration du nouveau Centre de formation et de recherche de Belval (Ardennes), Henri de Castries, président de la Fondation François Sommer, défend une vision de la chasse intimement liée à la gestion de la biodiversité. Pour l’ancien président d’Axa, la protection de la nature ne peut se construire dans l’opposition permanente, mais dans le dialogue, la science et la connaissance du terrain.
À l’heure où les débats autour de la chasse peuvent parfois se crisper dans l’opinion publique, Henri de Castries invite à sortir des postures idéologiques. Dans un entretien accordé au Figaro, le président de la Fondation François Sommer rappelle que chasse et protection de la nature ne sont pas incompatibles. Bien au contraire, il estime que la gestion durable de la faune sauvage passe par une connaissance fine des écosystèmes et par une implication des acteurs de terrain. Pour Henri de Castries, cette philosophie s’inscrit directement dans l’héritage de François Sommer, industriel et naturaliste passionné qui a consacré une grande partie de sa vie à la préservation des milieux naturels. À Belval, dans les Ardennes, ce dernier avait progressivement constitué un vaste domaine dédié à la recherche, à la conservation des habitats et à la réintroduction de plusieurs espèces disparues localement. Selon le président de la Fondation, cette démarche prouvait déjà, il y a plusieurs décennies, qu’une chasse responsable pouvait être un outil au service de la biodiversité.
Cette vision se traduit aujourd’hui par l’ouverture d’un nouveau Centre de formation et de recherche à Belval. L’objectif affiché est de réunir scientifiques, forestiers, gestionnaires d’espaces naturels, représentants des administrations et acteurs du monde cynégétique afin de travailler ensemble sur les grands enjeux de demain : évolution des populations animales, adaptation au changement climatique, gestion des habitats ou encore coexistence entre activités humaines et faune sauvage. Henri de Castries regrette également que les questions environnementales soient devenues des sujets de confrontation politique. Selon lui, l’écologie ne devrait appartenir à aucun camp et mérite d’être abordée avec pragmatisme plutôt qu’à travers des oppositions de principe. Il plaide pour davantage de dialogue entre les différentes sensibilités, estimant que les solutions naissent plus facilement lorsque chacun accepte de confronter ses idées aux réalités du terrain.
Le président de la Fondation François Sommer voit ainsi Belval comme un lieu capable de favoriser ces échanges. Il explique que le centre a vocation à accueillir des chercheurs, des institutions mais aussi des personnes qui ne partagent pas nécessairement la même vision de la chasse, avec l’ambition de construire une réflexion commune autour de la biodiversité et de la gestion des espaces naturels. Au-delà de ses activités scientifiques, la Fondation poursuit également son travail de diffusion culturelle à travers le Musée de la Chasse et de la Nature à Paris. Pour Henri de Castries, ce dialogue entre patrimoine, art et nature participe lui aussi à faire évoluer le regard porté sur la chasse et sur les liens qui unissent l’homme au vivant. À travers cet entretien, Henri de Castries délivre finalement un message clair : la chasse ne doit pas être réduite à une opposition avec la protection de la nature. Lorsqu’elle repose sur la connaissance des milieux, la responsabilité des chasseurs et la gestion des populations, elle peut, selon lui, contribuer pleinement à la préservation de la biodiversité.












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