ZEISS Secacam 3 : le retour terrain de Julien Gingembre après des mois d’utilisation

Rédacteur en chef, SoChasse

Marque

Zeiss

Produit

Secacam 3

Note de la rédaction

★★★★

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Suivi des populations, prévention des dégâts ou surveillance des passages, les pièges photo sont devenus des outils incontournables pour de nombreux chasseurs. Utilisateur intensif de caméras depuis plusieurs années, Julien Gingembre a mis à rude épreuve la nouvelle caméra de ZEISS sur son territoire. Résistance aux intempéries, simplicité de l’application, efficacité du grand angle ou encore petits défauts de conception : il livre à So Chasse un retour d’expérience sans filtre après des mois d’utilisation non-stop.

SC : Julien, tu utilises beaucoup de pièges photo. Quel a été ton premier ressenti avec la Secacam 3 ?

JG : Très honnêtement, l’expérience a été ultra positive dès le départ. J’ai commencé par tester la Secacam 3 classique, puis j’en ai rapidement acheté plusieurs autres. Aujourd’hui, j’ai huit caméras ZEISS au total, dont cinq Secacam 3 et une version Wide. Ce qui m’a convaincu, c’est leur fiabilité. Mes caméras vivent dehors toute l’année. Elles encaissent la pluie, la neige, le vent, les températures négatives comme les grosses chaleurs. Elles tournent sans interruption, de jour comme de nuit. Je les déplace régulièrement sur le territoire, mais elles ne rentrent quasiment jamais.

SC : Techniquement, qu’est-ce qu’il faut retenir de cette Secacam 3 ?

JG : La Secacam 3 dispose d’une portée d’environ 25 mètres. Sur la version classique, tu as un angle de vue de 60 degrés, tandis que la version Wide grimpe à 100 degrés avec un vrai effet grand angle. La caméra dispose d’un capteur photo de 3 mégapixels capable de produire des images interpolées jusqu’à 24 mégapixels. Tout passe ensuite par l’application ZEISS. Tu reçois les photos directement sur ton téléphone et tu peux même demander des vidéos à distance. C’est là que le produit devient vraiment intéressant : tu pilotes quasiment tout depuis l’application. Tu règles le nombre maximal de photos par heure, les plages horaires d’activité, la sensibilité du détecteur, la puissance du flash ou encore le niveau de détection des mouvements. Par exemple, quand il y a beaucoup de vent en lisière, tu peux réduire la sensibilité pour éviter les déclenchements inutiles. À l’inverse, sur un passage discret, tu peux rendre le capteur très réactif pour capter le moindre déplacement.

SC : L’application est-elle vraiment accessible pour quelqu’un qui débute ?

JG : Franchement oui, et c’est même l’un des gros points forts du produit. Tu sors la caméra de la boîte, tu télécharges l’application, tu saisis le code et tout se met en route très rapidement. C’est du plug-and-play. Il n’y a pas besoin d’être expert en informatique pour comprendre le fonctionnement. L’interface est claire, intuitive et agréable à utiliser. Même la gestion des abonnements se fait directement dans l’application. Là où ZEISS a vraiment travaillé son produit, c’est sur toute la partie analyse et exploitation des données. L’application permet de limiter automatiquement l’envoi de certaines espèces détectés et surtout de générer des statistiques très précises sur les passages. Tu peux suivre les heures de fréquentation, observer quels animaux passent le plus régulièrement sur une caméra ou encore analyser les habitudes de déplacement selon les secteurs du territoire. Pour quelqu’un qui utilise ses pièges photo dans une logique de gestion des populations ou de prévention des dégâts agricoles, c’est extrêmement intéressant. Tu peux rapidement comprendre les horaires de sortie des sangliers, les zones les plus fréquentées ou encore comparer plusieurs passages sur différentes périodes. Tu peux aussi paramétrer les notifications pour recevoir uniquement certains types de clichés et éviter d’être noyé sous les photos inutiles.

SC : Tu utilises surtout ces caméras pour la chasse ou aussi pour la gestion du territoire ?

JG : Clairement les deux. Au printemps par exemple, je les place souvent sur les places d’agrainage pour observer les laies avec leurs jeunes et suivre la reproduction. Ça permet rapidement d’évaluer le niveau de naissance sur le territoire. J’aime aussi beaucoup les installer sur les pierres à sel, les souilles ou les arbres goudronnés. Ce sont des passages presque obligatoires pour les animaux et ça donne des informations très fiables sans multiplier les déclenchements. Mais là où elles deviennent indispensables pour moi, c’est dans la lutte contre les dégâts agricoles. Je positionne énormément de caméras en lisière, sur les sorties de massif ou directement dans certaines cultures. Ça me permet de savoir précisément à quelle heure les sangliers quittent le bois, combien sortent et sur quels axes ils circulent. En réalité, ma batterie de caméras fonctionne comme une équipe de petits gardes-chasse qui surveillent le territoire 24 heures sur 24. Ça évite de devoir faire des tournées permanentes tout en gardant un œil constant sur ce qu’il se passe. Je m’en suis aussi servi pour surveiller des dépôts sauvages ou des dégradations. Ce sont de vrais petits espions de terrain. Après, évidemment, il faut toujours respecter le cadre légal quand on installe ce type de matériel.

SC : Tu parlais de la nouvelle version Wide. Qu’apporte-t-elle concrètement ?

JG : La grande différence, c’est vraiment l’angle de vue. Le modèle Wide couvre une zone beaucoup plus large grâce à son grand angle de 100 degrés. Tout le reste reste identique : même boîtier, même application, même fonctionnement. Sur une place d’agrainage par exemple, ça permet de photographier quasiment toute une compagnie de sangliers en une seule prise. Moi, cette année, je l’ai surtout utilisée sur une lisière avec trois coulées rapprochées. En plaçant la caméra au milieu, j’arrivais à surveiller les trois passages simultanément. Avec une Secacam 3 classique, je n’aurais probablement couvert qu’un ou deux axes. Au-delà de la simplicité de son application, la ZEISS Secacam 3 mise aussi sur plusieurs innovations techniques discrètes mais très utiles sur le terrain. Le piège photo dispose notamment d’un système de coloration nocturne capable de restituer des images de nuit plus lisibles et plus détaillées que sur de nombreux modèles classiques en noir et blanc très contrasté. Cette amélioration permet de mieux distinguer les silhouettes, les détails du pelage ou encore les comportements des animaux lors des passages nocturnes. La caméra bénéficie également d’un déclenchement rapide, d’une transmission efficace des images via le réseau mobile et d’une gestion optimisée de la consommation énergétique. L’ensemble donne un piège photo conçu pour fonctionner en continu sur de longues périodes, même dans des conditions météo compliquées. Sur le terrain, cette stabilité permet aux chasseurs de garder un suivi régulier des populations sans avoir à intervenir constamment sur les appareils.

SC : Y a-t-il malgré tout quelques défauts ou points à améliorer ?

JG : Oui, il y a quand même un petit défaut que je trouve dommage sur la Secacam 3. Quand tu sécurises la caméra avec un câble antivol autour de l’arbre, le système ne bloque pas le clapet qui protège le clavier et l’écran. Du coup, quelqu’un peut toujours ouvrir ce compartiment, éteindre la caméra ou détériorer l’écran. Sur les modèles Secacam 5 et 7, ce point est beaucoup mieux pensé. À côté de ça, le positionnement de l’écran est excellent. Et ça, c’est un énorme avantage. Quand tu ouvres le clapet, tu vois directement ce que la caméra cadre. Sur beaucoup d’autres modèles, l’écran et l’objectif sont mal alignés, ce qui rend le réglage pénible. Là, tu ajustes ton angle de vue très facilement directement sur place.

SC : Est-ce qu’un cliché ou une vidéo t’a particulièrement marqué ?

JG : J’ai énormément de captures sympas, notamment des scènes inattendues. Une fois, sur une photo, on voyait un chevreuil passer tranquillement au premier plan alors qu’au fond du champ, plusieurs sangliers arrivaient discrètement. Une sorte de “chevreuil indicateur” malgré lui. Mais ce qui me marque surtout, c’est la capacité des caméras à donner une lecture très précise de ce qu’il se passe réellement sur un territoire. Quand tu vois défiler les laies avec leurs petits au printemps ou les mouvements nocturnes sur les cultures, tu comprends rapidement à quel point ces outils peuvent devenir précieux pour la gestion quotidienne.

Ce qu’il faut retenir de la Zeiss Secacam 3

Les points forts

  • Application ultra intuitive et simple à prendre en main
  • Réglages complets à distance
  • Excellente fiabilité sur le long terme
  • Très bonne qualité de détection
  • Outil statistique très complet pour analyser les passages
  • Gestion intelligente des données et des notifications
  • Bonne lisibilité des clichés nocturnes grâce à la coloration de nuit
  • Écran de cadrage très pratique sur le terrain
  • Version Wide particulièrement utile sur les grandes zones ouvertes
  • Très efficace pour la gestion des populations et la prévention des dégâts

Les points faibles

  • Système antivol perfectible sur le clapet de protection
  • Risque de vol lorsqu’elles sont installées en culture ou en zone ouverte

Rédacteur en chef, SoChasse

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