L’inénarrable Pierre Rigaux, dont l’objectif ultime semble être moins la défense de la nature que la quête permanente du buzz et, accessoirement, l’augmentation de sa cagnotte Tipeee refait surface.
Après avoir été interdit de débat à la mairie de Fontainebleau, il organisera une conférence visant à abolir la chasse à courre au 10 rue des Trois-Maillets, dans un salon végan de Fontainebleau, le mercredi 11 février à 19 heures. Le lieu, à en croire sa référence culinaire, promet une ambiance intimiste : une dizaine de couverts en terrasse, une vingtaine de places à l’intérieur. Autant dire qu’il faudra jouer des coudes pour espérer s’asseoir. Compte tenu de la météo, dix-neuf âmes auront peut-être le privilège d’écouter le gourou Rigaux expliquer l’art subtil de filmer un cheval en bord de route, de dénoncer un véhicule traversant une allée ou de photographier des chiens à l’arrière d’un 4×4.
Rigaux, c’est le vengeur masqué du comté, des loups, des élevages de gibier, des concours de chiens de chasse, des gabionneurs. Une sorte de justicier saisonnier, toujours prompt à dégainer sa caméra là où l’indignation peut encore produire quelques clics. D’ailleurs, pourquoi ne pas mener, nous aussi, notre petite enquête ? Par exemple : pourquoi notre ami a-t-il été licencié de la LPO en 2016 ? Licenciement économique ou mise à l’écart d’une personnalité trop dérangeante ? La question mérite d’être posée. Peut-on être écologue, naturaliste autoproclamé et, dans le même temps, recourir à des méthodes illégales pour fabriquer du buzz ?
Si sa cause était si massivement suivie, on pourrait également s’interroger sur l’assistance clairsemée de ses réunions : une quinzaine de véganes, majoritairement issus d’AVA. Peut-être détourne-t-il les fidèles de la “Broniszewski attitude” ? Qui sait.
La meilleure présentation que l’on puisse trouver de lui reste finalement celle de Wikipedia : « Pierre Rigaux définit ainsi le rôle du naturaliste, qui ne correspond à aucun diplôme ni aucun titre en France : “Le naturaliste observe, recense et analyse les phénomènes observables de la nature, particulièrement à l’échelle des communautés d’êtres vivants dans les écosystèmes, pour faire progresser la connaissance du vivant et sa protection lorsqu’il est en péril.” »
Le Figaro Magazine, plus terre à terre, le décrit comme un “naturaliste” et “écologue” autoproclamé, mais surtout comme un militant animaliste financé par des dons en ligne.
Le voilà donc de passage à Fontainebleau, avant la fin de la chasse à courre fixée au 31 mars. Ensuite, il ira bricoler dans les alpages contre les éleveurs “tueurs de loups”, puis cherchera un nouveau fromage à attaquer, avant de retrouver les chasseurs à la rentrée de septembre. Finalement, les chasseurs ont leur calendrier cynégétique ; Rigaux, lui, suit son propre almanach militant, traquant au fil des saisons tous ceux qu’il exècre.
Le problème, c’est qu’à force de détester, de caricaturer et de stigmatiser, l’écologue en herbe finit par oublier qui il est réellement. Sa vision de la nature et de la défense des écosystèmes devient alors une abstraction, un décor de fond pour une mise en scène personnelle. Le genre de personnage dont, il y a encore quelques années avant l’ère des cagnottes en ligne, personne n’aurait jamais entendu parler.
Une vie par le buzz. Une vie pour le buzz. Chapeau l’artiste.











Laisser un commentaire