Alsace : les chasseurs dénoncent l’abattage d’un cerf par l’ONF à Graufthal

Cerf abattu dans un hameau du Bas-Rhin par l'ONF

Un cerf a été abattu le 25 janvier au cœur du hameau de Graufthal (Bas-Rhin), sous les yeux des habitants. La Fédération des chasseurs du Bas-Rhin conteste la décision de l’ONF et nous ne pouvons que souligner un double standard selon l’auteur de l’acte.

Un cerf épuisé abattu sous les yeux des riverains

Dimanche 25 janvier à Graufthal, dans le Bas-Rhin, un cerf a été poursuivi par une meute de chiens de chasse jusqu’au cœur du village. Épuisé et en panique, l’animal a tenté de regagner la forêt après le départ des chiens, éloignés par un habitant, mais il a glissé en tentant de repartir, incapable de franchir l’obstacle que constituait une barre rocheuse donnant accès à la forêt, manifestement à bout de force. C’est dans le jardin d’un riverain qu’il s’est finalement immobilisé, haletant, incapable de sauter ou de s’échapper.

Face à la situation, l’agent de l’Office national des forêts (ONF) a jugé que l’animal était trop mal en point pour espérer survivre : approchable à moins de trois mètres, il ne montrait plus aucun réflexe de fuite. Le maire, présent sur place, a suivi la recommandation de l’ONF et donné son accord pour un tir sanitaire, invoquant la sécurité publique et le risque d’un accident.

La Fédération des chasseurs du Bas-Rhin conteste la version officielle

La décision n’a pas tardé à susciter l’indignation, notamment auprès de la Fédération des chasseurs du Bas-Rhin (FDC 67). Quatre habitants présents lors de l’intervention estiment que le cerf n’a jamais eu de réelle chance de repartir, faute d’avoir sécurisé le périmètre ou tenté d’éloigner calmement l’animal. La FDC 67 conteste également la version d’un animal blessé après une chute : “ On a dit que c’était un vieil animal, qu’il était tombé des rochers, qu’il était blessé. Un cerf ne tombe pas comme ça. De ma vie, je n’ai jamais vu un cerf tomber d’une falaise rocheuse. On pouvait très bien sécuriser l’endroit, barrer la ruelle et essayer de faire partir l’animal, sans pour autant le tuer aux yeux de tout le monde ”. La Fédération juge la décision trop radicale et déplore l’absence de concertation avec le monde cynégétique local.

Le précédent de la propriété Besson dans l’Orne

Le contraste avec une autre affaire, très médiatisée, saute aux yeux. En février 2025, dans la propriété du réalisateur Luc Besson, dans l’Orne, des chasseurs avaient achevé un cerf gravement blessé, pour abréger ses souffrances. Malgré l’évidence de l’état de l’animal, les chasseurs avaient été jugés et condamnés en janvier 2026, sous la pression d’une intense couverture médiatique. À Graufthal, l’acte a été accompli par un agent de l’ONF, donc au nom de l’État, dans un village rural loin des caméras. Cette fois, aucune enquête n’est ouverte, aucun scandale ne secoue la sphère médiatique ou politique. Un écart de traitement qui interroge le monde de la chasse sur la façon dont sont considérés les chasseurs par rapport aux agents publics, et plus largement sur l’égalité de traitement face à des situations similaires.

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